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Démantèlement de la centrale nucléaire de Fessenheim : "Le contribuable paye pour compenser l'énergie qu'elle ne produit pas", déplore François Lenglet

La fermeture de Fessenheim, les retards du programme EPR2, l’enfouissement des déchets à Bure... François Lenglet souligne l'incapacité du gouvernement français à penser sur le long terme et à avoir une stratégie cohérente en matière d'énergie.

L'ancienne centrale nucléaire de Fessenheim, photographiée le 26 juin 2020.

Crédit : SEBASTIEN BOZON / AFP

Feu vert du démantèlement de la centrale de Fessenheim : symbole de l'impossibilité à penser le long terme en France

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Feu vert du démantèlement de la centrale de Fessenheim : symbole de l'impossibilité à penser le long terme en France

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François Lenglet - édité par Alexian Giron

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La fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rhin), à l'arrêt depuis le 30 juin 2020, est l'exemple le plus pur de notre incapacité à penser sur le temps long et d'avoir une stratégie cohérente en matière d'énergie. Et derrière cette incapacité, une vérité désagréable : "nous n'avons jamais vraiment voulu sortir du pétrole". 

Pour rappel, le projet de cette fermeture a été décidé par François Hollande, en 2012, pour rallier les Verts, hostiles au nucléaire, à sa majorité. La décision a ensuite été maintenue par Emmanuel Macron pour les mêmes raisons. Des calculs politiciens. Avant un changement du pied complet de l'actuel président de la République, qui s'est mué en défenseur du nucléaire. 

Depuis, les crises énergétiques se sont succédées, et nous ont fait regretter cette centrale. Au total, son démantèlement devrait coûter plusieurs milliards d'euros, et sa production de 11 twh manque actuellement alors que le gouvernement veut relancer l'électrification de l'économie. Le contribuable paye deux fois : pour démanteler la centrale, et pour compenser l'énergie qu'elle ne produit pas. 

Les plans de financement sont encore nébuleux

La France est-elle repartie avec une vision de long terme ? Espérons. Il s'est écoulé plus de quatre ans depuis le discours de Belfort d'Emmanuel Macron, qui annonçait six nouveaux Evolutionary Power Reactor 2 (EPR2). Les plans de financement sont encore nébuleux, et soumis aux révisions vertigineuses du coût estimé, qui pourraient approcher les 100 milliards d'euros, selon la Cour des comptes. La décision finale d'investissement d'EDF n'est toujours pas prise, et soumise à l'accord de la Commission de Bruxelles sur les aides d'état. 

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Au mieux, le premier réacteur de cette nouvelle série, n'est attendu que pour 2038. D'ici là, il peut y avoir quelques crises géopolitiques. Et il reste la question des déchets, lancinante depuis des décennies. Et même après le retraitement par l'usine Orano de La Hague en Normandie, il reste 3% de déchets dits "ultimes", qui concentrent la quasi-totalité de la radioactivité, dont la durée de vie s'évalue parfois en dizaines de milliers d'années. 

D'où le projet d'un site d'enfouissement à 500 mètres de prodondeur à Bure, dans la Haute-Marne, qui devait être approuvé en 2020. Ce sera finalement au mieux en 2028, pour une mise en service entre 2035 et 2050. La première évocation du projet date de 1991.

Les seuls pays qui ont réussi à développer une stratégie de long terme sont des États autoritaires

Objectivement, tous ces projets sont très long à mettre en œuvre et très coûteux. Mais l'indépendance énergétique est à ce prix. Les seuls pays qui ont réussi à développer une stratégie de long terme et à s’y tenir dans des temps raisonnables pour l’exécution, sont des pays autoritaires. La Chine en est le meilleur exemple, ou bien des démocraties qui ont réussi à construire un consensus transpartisan sur le sujet.

Ce qui exige un sens des responsabilités de la part des dirigeants, pour sortir la question énergétique des calculs politiciens. La France y était d’ailleurs parvenue des années 60 aux années 90

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