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INFO RTL - Mains arrachées, éborgnements : 20 enquêtes pour mutilation ouvertes par l'IGPN depuis le début du mouvement lycéen

Tirs de LBD, grenades de désencerclement ou assourdissantes... Au moins 20 enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN pour des "blessures mutilantes" depuis le début de la mobilisation des lycéens mi-septembre, que ce soit au cours des manifestations ou des débordements qui les ont émaillées.

Un policier vise avec son LBD 40 lors d'une manifestation organisée dans le cadre d'une journée d'action nationale à Bordeaux le 6 octobre 2026

Crédit : AFP

Thomas Prouteau

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C'est un chiffre qui frappe autant qu'il interroge sur les méthodes de maintien de l'ordre mises en place depuis le début du mouvement lycéen. D'après les informations RTL, obtenues de source proche du dossier, vingt enquêtes ont été ouvertes par l'IGPN, la police des police, pour des "blessures mutilantes" depuis le début du mouvement lycéen mi-septembre, sur un total de 80 enquêtes. Un terme qui désigne des mutilations qui, à ce jour, sont possiblement permanentes. 

Trois autres enquêtes ont été ouvertes par l'IGGN, l'Inspection générale de la gendarmerie, mais aucune ne concerne des mutilations.  

Une partie des faits sont connus et ont été évoqués par différents médias. Le 28 septembre, un lycéen de 14 ans reçoit un tir de grenade en plein visage par un policier, il a la mâchoire fracturée et une grande partie des dents arrachées. Le 30 septembre, c'est un tir de LBD qui touche une autre lycéen à Tours, qui perd son œil. 

Le 5 octobre à Lens, un garçon de 15 ans a la main arrachée par une grenade assourdissante lancée par des CRS. Le parquet estime que la jeune a ramassé la grenade, sa famille conteste formellement. À Limoges, le 17 octobre, un jeune homme de 18 ans est victime d’un tir de LBD au visage, il présente de multiples fractures. Le week-end dernier, enfin, à Toulouse, un homme de 20 ans a la main arrachée une nouvelle fois par une grenade. 

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D'autres n'ont pas été médiatisées jusqu'ici, comme un lycéenne de 17 ans éborgnée à Sartrouville (78) le 1er octobre, et un lycéen de Tremblay en France (93), lui aussi blessé à l'œil le 30 septembre, dont les amis affirment qu'il a été touché par un tir de LBD. 

Presque autant qu'en huit mois pendant la crise des Gilets jaunes

En tout ce sont donc vingt hommes et femmes qui ont perdu l'usage normale d'un œil, d'une main ou de leur mâchoire du fait de l'utilisation présumée par les policiers d'une arme intermédiaire, LBD, grenade ou autre. Dans le détail, sept blessures ont eu lieu au cours des mobilisations lycéennes proprement dites, avant le 17 octobre. Neuf au cours du seul samedi 17 octobre lors des mobilisations contre la vie chère émaillées de pillages et de casse. Et quatre le samedi 24 octobre.     

Dans la plupart des cas, des informations judiciaires ont été ouvertes, confiées à l'IGPN, qui devront confirmer ou infirmer l'implication des policiers et déterminer si l'action qui a mené à la blessure était effectué dans les règles. Le policier responsable du tir de LBD à Tours a d'ores et déjà été mis en examen pour "violences aggravées". Dans au moins un autre cas, l'enquête indique que la blessure pourrait provenir d'un pavé lancé par un manifestant.

À titre de comparaison, pendant la crise des Gilets jaunes, en huit mois de crise, 24 personnes avaient été éborgnées et 5 avaient eu la main arrachée. En tout 35 mineurs ont été blessés lors d'opération policières.  

Depuis le début du mouvement, 1.193 policiers et gendarmes ont par ailleurs été blessés d'après le ministre de l'Intérieur.

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