5 min de lecture
Des élèves affrontent la police, qui utilise des gaz lacrymogènes, lors d'un blocage du lycée Kléber à Strasbourg, le 1er octobre 2026.
Crédit : AFP
Je m'abonne à la newsletter « Infos »
Mettre RTL en favori sur Google
Main arrachée à Lens, œil perdu à Tours, mâchoire brisée à Saint-Ouen-l'Aumône... Depuis le début de la mobilisation lycéenne, plusieurs adolescents ont été grièvement blessés en marge des blocages et des affrontements avec les forces de l'ordre. Des cas qui nourrissent les critiques sur les conditions d'intervention et l'usage de certaines armes de force intermédiaire.
Selon le dernier bilan établi mercredi par le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez sur RTL, 18 enquêtes de l'inspection générale de la police nationale (IGPN) - la "police des polices" - avaient été ouvertes depuis le début du mouvement. En tout, 215 élèves et 85 membres du personnel de l'Éducation ont été blessés, ainsi que près de 800 policiers et gendarmes.
RTL fait le point, de manière non exhaustive, sur les cas les plus marquants de lycéens gravement blessés lors d'opérations de maintien de l'ordre en marge des blocages.
Son cas est probablement celui qui a le plus fait parler depuis le début du mouvement. Lundi, Evan, un adolescent de 15 ans, a vu sa main gauche arrachée après l'explosion d'une grenade assourdissante lancée par la police, alors qu'il manifestait près du lycée Auguste-Béhal de Lens. Les circonstances des faits restent encore floues et l'enquête de l'IGPN - saisie pour des faits de "violences ayant entraîné une mutilation ou une infirmité permanente" - devra notamment établir si le lycéen a ramassé la grenade, si elle a atterri sur lui, et si le tir était réglementaire. En attendant, le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a suspendu l'usage de ce type d'arme contre les mineurs mobilisés.
Le jeune homme a dû être amputé, comme l'a confirmé le maire de Wingles, la commune où réside sa famille, sur RTL : "Il va falloir du temps pour déjà encaisser la situation et ce qui vient de se passer… de s'imaginer dans le futur", a-t-il expliqué au sujet de lui et ses proches. "On lui a volé sa vie. Beaucoup de mensonges circulent, mon fils n'a pas ramassé la grenade à terre : il a été touché avec une arme de guerre. Son avenir est fichu", a réagi sa mère sur BFMTV, alors que son fils, en seconde professionnelle, ne pourra vraisemblablement pas exercer le métier vers lequel il se destinait.
L'un des premiers à avoir été blessé est Maël, un adolescent de 16 ans grièvement heurté à la tête fin septembre lors du blocus du lycée Balzac. Les images impressionnantes diffusées sur les réseaux sociaux montraient une marre de sang, alors qu'il a perdu l'usage de son œil droit, selon la procureure de Tours.
Catherine Sorita-Minard avait indiqué, à la suite des examens médico-légaux, que ses blessures étaient "compatibles avec l'impact d'une balle de défense de type LBD". La famille du lycéen a déposé plainte pour "violences par personne dépositaire de l'autorité publique", selon le parquet.
"Nous tenons à clarifier que Maël n'a aucune implication, ni de près ni de loin, dans quelque engagement militant ou politique que ce soit", déclare sa famille dans un communiqué transmis lundi. "Il s'agit simplement d'un adolescent qui s'est retrouvé pris dans les événements, et qui l'ont tragiquement frappé dans son intégrité physique".
Eden, un adolescent de 14 ans a eu une double fracture de la mâchoire après avoir été touché par un tir tendu de lanceur de grenade lacrymogène lundi 28 septembre lors du blocus d'un lycée de Saint-Ouen-l'Aumône, dans le Val-d'Oise. Sa mère a confié récemment à la presse avoir "le cœur en miettes". "Il a la mâchoire scellée, il ne peut plus parler et il s'alimente avec une paille", a-t-elle ajouté, dénonçant les violences "immondes" infligées à son fils, qui a "toutes les dents du haut cassées" et "celles du bas, arrachées".
Sur des images vidéo, on voit trois policiers, casqués, en face-à-face avec le lycéen. L'un d'eux assène un premier coup à l'adolescent, qui lui adresse à son tour un coup de pied, avant qu'un tir de lance-grenade dans le visage ne le propulse au sol. Les parents de cet élève de seconde au lycée professionnel Château d'Épluches s'apprêtent à porter plainte auprès du parquet de Pontoise pour tentative d'homicide volontaire. Le Défenseur des droits s'est autosaisi de cette affaire, avait annoncé jeudi dernier l'institution.
Un adolescent de 16 ans a été blessé à l'œil jeudi dernier à la suite d'un tir de LBD sur la dalle d'Argenteuil, à proximité de deux lycées. Des policiers ont "dû faire face à deux jeunes hommes situés à une vingtaine de mètres d'eux qui avaient tiré en leur direction des mortiers" d'artifice, avait expliqué le parquet de Pontoise.
"En riposte, deux policiers porteurs de LBD" ont fait "usage de ceux-ci", avait ajouté le ministère public, qui précisait que "la description du jeune homme pris en charge par les secours semblait correspondre à celle d'un des deux individus qui avaient été impliqués". Selon le député LFI du Val-d'Oise Paul Vannier, l'adolescent "est aujourd'hui encore hospitalisé, les médecins ne savent dire à cette heure s'il va perdre ou non l'usage de son œil".
Une enquête a été ouverte pour "violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique et avec arme" après qu'un adolescent de 17 ans a été blessé à la tête lors d'un rassemblement mercredi devant le lycée Marie-Curie de Marseille. L'enquête a été confiée à l'inspection générale de la police nationale après la diffusion sur les réseaux sociaux et des sites de médias d'images montrant un policier frapper à la tête un jeune homme avec sa matraque.
L'adolescent blessé lors d'un blocage devant le lycée Marie Curie, situé dans un quartier central de Marseille, avait été transporté à l'hôpital, selon les pompiers. Des enseignants avaient dénoncé "une charge" musclée des forces de l'ordre sur les élèves de l'établissement. "Ils nous ont mis des coups de bouclier… J'ai commencé à me lever pour reculer, il y en a un qui m'a attrapé, un autre qui est arrivé par derrière et qui me met un coup de matraque dans la tête. Ils se mettent à plusieurs sur moi, ils me jettent par terre et ils me frappent", raconte-t-il sur RTL, précisant que des gens du lycée ont tiré sur les forces de l'ordre avec des mortiers pour les faire fuir. "J'ai six points de suture, c'est énormément disproportionné".
Ne laissez pas Google décider de vos sources.
Ajouter RTL comme source préférée
Bienvenue sur RTL
Ne manquez rien de l'actualité en activant les notifications sur votre navigateur
Cliquez sur “Autoriser” pour poursuivre votre navigation en recevant des notifications. Vous recevrez ponctuellement sous forme de notifciation des actualités RTL. Pour vous désabonner, modifier vos préférences, rendez-vous à tout moment dans le centre de notification de votre équipement.
Bienvenue sur RTL
Rejoignez la communauté RTL, RTL2 et Fun Radio pour profiter du meilleur de la radio
Je crée mon compte