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INFO RTL - Gap : le chirurgien soupçonné d'avoir utilisé ses patients comme cobayes suspendu

Info RTL Le chirurgien du dos de l’hôpital de Gap, accusé d’avoir utilisé plus d’une centaine de patients comme cobayes en expérimentant sur eux une nouvelle technique chirurgicale non validée en France, vient d’être suspendu par les autorités médicales.

Un chirurgien pratique une opération (illustration)
Un chirurgien pratique une opération (illustration)
Crédit : FRED DUFOUR / AFP
INFO RTL - Gap : le chirurgien soupçonné d'avoir utilisé ses patients comme cobayes suspendu
01:25
Serge Pueyo - édité par Eléanor Douet

Le chirurgien du dos de l’hôpital de Gap qui aurait utilisé plus d’une centaine de patients comme cobayes en expérimentant sur eux une nouvelle technique chirurgicale non validée en France, vient d’être suspendu par les autorités médicales, selon les informations de RTL. Le Centre National de Gestion des praticiens hospitaliers a pris cette mesure le 1er février dernier, pour une durée d’au moins 6 mois. "Je suis victime d'une campagne de désinformation assez odieuse et je trouve ça scandaleux", a réagi le docteur Gilles Norotte auprès de RTL.

Le chirurgien a utilisé entre 2015 et 2017 une technique qui consiste à injecter du ciment dans les disques de la colonne pour les renforcer. Une technique appelée "cimentoplastie discale". Alors qu’en France, seule "la cimentoplastie vertébrale" (injection du ciment dans les vertèbres), est utilisable selon les autorités médicales.

Des patients opérés, qui disent ne pas avoir été prévenus par le chirurgien de l’utilisation de cette nouvelle technique, affirment depuis souffrir de sérieuses séquelles. Car du ciment injecté aurait fui des disques de leur colonne et provoqué des complications au niveau de nerfs, des artères. Avec un risque d’hémorragie. Six patients ont déjà porté plainte, mais il serait déjà 12 dans une association regroupant les victimes présumées.

Il s'agit d'une technique chirurgicale parfaitement connue.

Le docteur Gilles Norotte

Gilles Norotte estime que les autorités médicales, en le suspendant, ont cédé à une campagne médiatique diffamatoire. "Il s'agit d'une technique chirurgicale parfaitement connue", soutient-il, assurant que d'autres médecins l’auraient également utilisée en France, notamment au CHU de Bordeaux et à l’hôpital de la Salpêtrière.

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Pourtant des professeurs de médecine experts missionnés par l’ARS, ont conclu que "le docteur Norotte a utilisé une technique non conforme aux données de la science chirurgicale au moment des faits".

Le 27 octobre dernier, RTL avait déjà révélé que le procureur de Gap avait saisi les policiers de l’OCLAES (Office Central de Lutte contre les Atteintes à l’Environnement et à la Santé Publique) de Marseille pour enquêter sur cette affaire. C’est un autre chirurgien, chef de service à l’hôpital de Gap, qui avait dénoncé les pratiques de son confrère. À l’hôpital de Gap, de nombreux médecins demandent pourtant la réintégration du docteur Norotte et ont même lancé une pétition en ce sens. 

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