3 min de lecture Ligue 1 Uber Eats

Incidents à La Commanderie : jusqu'à un an ferme contre les meneurs de groupes de supporters

"L'OM ne peut pas vivre sans ses supporters, mais l'OM n'a pas la capacité de choisir ses supporters", a regretté l'avocat du club, Me Olivier Grimaldi.

Des supporters marseillais (Illustration)
Des supporters marseillais (Illustration) Crédit : SYLVAIN THOMAS / AFP
Marie Gingault
Marie Gingault et AFP

Ce lundi 22 mars, des peines allant jusqu'à un an de prison ferme ont été prononcées contre quatre meneurs de groupes de supporters de l'Olympique de Marseille pour leur responsabilité dans les incidents fin janvier au centre d'entraînement du club.

Les faits remontent au 30 janvier dernier, où quelque 300 supporters, échauffés par une succession de résultats sportifs décevants, s'étaient massivement regroupés devant les grilles de La Commanderie, notamment pour demander le départ du président du club, Jacques-Henri Eyraud, qui a été évincé depuis. Des pétards, feux d'artifices et fumigènes avaient été lancés et une partie des supporters avaient pénétré dans le centre d'entraînement, jusqu'aux vestiaires. Des vitres avaient été brisées et des voitures avaient été dégradées, a rappelé la présidente du tribunal correctionnel de Marseille, Nathalie Marty.

"Dans ce dossier la preuve a été rapportée d'une organisation en vue de dégradations et de violences", a-t-elle affirmé. La peine la plus dure a été prononcée à l'encontre du trésorier des Marseille trop puissant (MTP), déjà condamné pour des faits similaires dans le passé. Ce dernier avait été arrêté dans La Commanderie avec des fumigènes. Il n'a pas été incarcéré, mais devra toutefois porter un bracelet électronique à domicile.

Ils essayent de nous faire baisser les bras

Rachid Zeroual, leader des South Winners
Partager la citation

Concernant Rachid Zeroual et Christophe Bourguignon, respectivement leader des South Winners et président des Ultras, deux autres clubs de supporters marseillais, ils ont chacun écopé de neuf mois de prison, dont cinq avec sursis, conformément aux réquisitions du parquet. "Je suis la bête noire, ils essayent de nous faire baisser les bras, mais je n'ai rien à me reprocher, je ne suis pas rentré dans la Commanderie", s'est emporté le leader des South Winners à l'issue de l'audience.

À lire aussi
Olympique de Marseille
Dégradations à la Commanderie : 14 supporters de l’OM jugés ce mercredi à Marseille

La dernière peine, de dix mois avec sursis, a été prononcée contre le secrétaire chargé de la communication des Winners. Celui-ci avait été filmé avec des gestes véhéments par les caméras extérieures. Le procureur de la république, André Ribes, avait requis cette même peine pour le "capo" des Marseille trop puissant, toutefois, ce dernier, qui a reconnu devant le tribunal correctionnel avoir "fait l'idiot", a finalement été relaxé, tout comme le sixième supporter.

"Les actes de violence pour faire passer ses idées ce n'est pas possible", a rappelé le procureur. "Si la porte est fermée, vous restez dehors", avait-il insisté dans son réquisitoire. Lors des débats, Rachid Zeroual s'est défendu de vouloir faire de son groupe de supporters "un gang". Le leader des South Winners, déjà condamné pour "violences aggravées en réunion" onze ans auparavant, a nié avoir attisé la colère des supporters. Au contraire, ce dernier a assuré avoir "insisté", lors d'une réunion, "pour que ça se passe pacifiquement".

Un "effet Covid", selon Rachid Zeroual

Ainsi, pour justifier ces débordements, Rachid Zeroual a évoqué un "effet Covid" et l'interdiction des supporters dans les stades pour raison sanitaire. Le quinquagénaire a également fustigé "la fermeture des grilles" du centre d'entraînement : "Tout a été organisé pour que ça déborde", a-t-il dénoncé, assurant que les responsables du club étaient au courant de la venue des supporters, ce qu'a confirmé Olivier Grimaldi, l'avocat du club.

"La Commanderie ne leur appartient pas", avait fustigé l'avocat. "L'OM ne peut pas vivre sans ses supporters, mais l'OM n'a pas la capacité de choisir ses supporters. Nous sommes à Marseille, nous avons les supporters que nous avons", a déploré Me Grimaldi.

Le 24 février dernier, onze supporters arrêtés lors des incidents avaient déjà été condamnés à six mois de prison avec sursis, et un douzième, déjà connu de la justice pour des vols, à trois mois ferme. Deux relaxes avaient également été prononcées.

La rédaction vous recommande
Lire la suite
Ligue 1 Uber Eats Justice Faits divers
Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires. Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Connectez-vous Inscrivez-vous

500 caractères restants

fermer
Signaler un abus
Signaler le commentaire suivant comme abusif
500 caractères restants