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Incendie dans le Var : des sinistrés dénoncent un manque de réactivité des pompiers

Les habitants du hameau du Val de Gilly, sur la commune de Grimaud, ont décidé de monter un collectif afin d’obtenir une réponse à cette question : pourquoi les pompiers ont-ils mis 6 heures avant d’intervenir dans leur quartier ?

Un incendie à Gonfaron dans le Var, le 17 août 2021
Un incendie à Gonfaron dans le Var, le 17 août 2021
Crédit : NICOLAS TUCAT / AFP
Incendie dans le Var : des sinistrés dénoncent un manque de réactivité des pompiers
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Hugo Amelin

Depuis un mois, Laurence ressasse cette nuit d’horreur où une colonne de feu a dévasté son quartier du Val de Gilly, un petit coin de paradis à flanc de colline situé à 7 km du village de Grimaud. Elle a tout noté, avec précision : le premier appel automatique de la mairie, à 20h19, qui la prévient qu’un feu est en approche et lui demande de rester à l’écoute. Ses difficultés à joindre le 18, les consignes des pompiers par téléphone "restez dans vos maisons" puis la panique quand des flammes de plus de 10 mètres dévorent l’habitation de ses voisins. 

Nouveau message téléphonique : un appel à évacuer qui intervient aux alentours de 22h30. Trop tard, le hameau est déjà cerné par les flammes. Certaines voitures parviennent à se glisser au milieu d’un nuage de fumée. D’autres, comme Laurence accompagnée d’une résidente octogénaire, préfèrent rebrousser chemin. Elles se terrent au sous-sol d’une vieille bâtisse, un torchon mouillé sur la bouche pour éviter d’être intoxiquées. Les pompiers vont arriver bien plus tard, au milieu de la nuit, à 2h46. Une douzaine d’hommes qui puisent l’eau d’une piscine et foncent dans une maison en feu pour ralentir la propagation, dans un quartier en flammes.

Il y a eu une faille quelque part et nous voulons des réponses

Laurence, habitante du Val de Gilly

"Ces hommes de terrain-là, je ne les critiquerai jamais, je sais bien que je leur dois la vie. Ils ont eu un comportement exemplaire, une bravoure qui leur a permis de 'retourner' la situation", commente Laurence. "Mais je n’arrive pas à comprendre pourquoi ils ont mis tant de temps à arriver, la route était pourtant praticable, nous les avons appelés à maintes reprises. Notre hameau est connu pour être dans un 'couloir de feu', le commandement des pompiers le sait bien puisque ça a été la même chose lors des grands incendies de 1979 et 2003. Pour moi, il y a eu une faille quelque part et nous voulons des réponses", poursuit-elle.

Relayé par le journal Var Matinl'appel du collectif d'habitants commence à  faire des vagues dans l’arrière-pays de Saint-Tropez. Le Préfet a d’ailleurs donné une interview fleuve au quotidien local pour tenter d’éteindre les braises du mécontentement. 

On nous met des coups de pression

Un habitant
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"On nous met des coups de pression, particulièrement sur les personnes âgées du hameau, qui s’entendent dire 'les pompiers ne viendront plus ici la prochaine fois'", résume un habitant sous couvert d’anonymat. Éric Grohin, le directeur du Service d’Incendie et de Secours du Var, a tenu à prendre la parole sur RTL pour rétablir certaines vérités et contextualiser cette nuit de fournaise. 

"La nuit était tombée, nous sommes sans canadairs, sans Dash. Le feu est d’une puissance exceptionnelle, extrême. Nous avons des 'sauts de feu' de plus d’1km5 et nous luttons pour fixer l’incendie sur le massif des maures. 600 habitations sont menacées, pas seulement le hameau du Val de Gilly. La priorité c’est aussi d’évacuer les campings, qui sont plus fragiles que les maisons 'en dur'. Je comprends leur colère, quand on connaît une nuit encerclée par les flammes et les fumées, c’est un traumatisme. Nous n’avons pas pu entrer dans ce hameau car des arbres étaient tombés sur le chemin, vers 22h30. Il n’y avait également pas assez de débroussaillage d’anticipation pourtant obligatoire et le chemin est trop étroit pour y faire passer un véhicule 'porteur d’eau'. Notre doctrine c’est de demander aux gens de rester chez eux. La consigne d’évacuer intervient bien trop tard (du ressort de la mairie). Impossible de mettre un camion derrière chaque maison. Stopper la 'tête' du feu, c’était la priorité. Dans ce hameau, pourtant régulièrement exposé aux incendies, on découvre une cabane en bois, des caravanes… alors nous aussi, nous nous posons des questions". 

À savoir, les habitants ont-ils respecté la réglementation et mis tout en place pour freiner l’incendie ? L’enquête pilotée par un juge d’instruction devra répondre à ces questions dans les semaines qui viennent, mais les esprits restent échaudés dans le Var, un mois après l’incendie qui a fait deux victimes, à quelques centaines de mètres du Val de Gilly. 

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