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DOCUMENT RTL - "J'aimerais bien être en paix" : le père d'Élodie Kulik déplore "une nouvelle épreuve" après la demande de procédure en révision de Willy Bardon

En juillet 2021, Willy Bardon a été condamné en appel à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol, l'enlèvement et la séquestration suivie de mort d'Élodie Kulik. La jeune banquière a été tuée dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, avant que son corps ne soit retrouvé calciné à Tertry, dans la Somme.

Jacky Kulik en 2019.

Crédit : DENIS CHARLET / AFP

"J'aimerais bien être en paix" : le père d'Élodie Kulik déplore "une nouvelle épreuve" après la demande de procédure en révision de Willy Bardon

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Franck Antson & La rédaction numérique de RTL

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"Incompréhensible." Jacky Kulik, le père d'Élodie Kulik, ne cache pas sa lassitude au micro de RTL après l'annonce de la défense de Willy Bardon mardi 5 mai de vouloir enclencher une procédure en révision afin d'obtenir un nouveau procès pour son client, condamné à 30 ans de réclusion pour le viol et le meurtre en 2002 de la jeune femme. Cette banquière de 24 ans, avait été enlevée dans sa voiture dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, après un accident inexpliqué sur une départementale de la Somme. Elle avait été violée, tuée et brûlée.

Les avocats de Willy Bardon, qui clame son innocence dans cette affaire vieille de plus de vingt ans, ont saisi lundi le procureur d'Amiens pour lui demander de procéder à de nouvelles expertises, arguant des progrès des techniques scientifiques depuis le procès en appel, qui a vu sa peine confirmée, en 2021. Depuis ce second procès, la Cour de cassation a ensuite rejeté le pourvoi de Willy Bardon, puis la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) avait rejeté une requête.

"J'espère bien que ce sera l'ultime tentative. Depuis le temps, j'aimerais bien être en paix et m'occuper de mon jardin tranquillement. J'en ai un peu assez : le fait est là, il a été déjà condamné deux fois, il faut arrêter. Il me reste quelques années à vivre, j'espérais être tranquille. C'est une nouvelle épreuve, pour moi il n'y a jamais eu de doute", réagit en exclusivité pour RTL Jacky Kulik, le père de la victime.

"Bardon est un comédien, les tentatives de suicides… Il faut peut-être qu'il assume et qu'il purge une peine exemplaire. Personne ne peut comprendre qu'un individu condamné deux fois à 30 ans, par deux juridictions différentes, puisse faire encore des appels. Il va être temps de me laisser moi tranquille et puis de respecter un petit peu la mémoire d'Élodie parce que j'ai assez donné, me semble-t-il", ajoute-t-il.

"Cela ne changera rien à la douleur de cette famille"

Avant de mourir, sa fille avait appelé les secours, un enregistrement glaçant de 26 secondes considéré comme la pièce maîtresse du dossier, où ses hurlements se mêlent à deux voix d'hommes. L'enquête avait patiné dix ans, jusqu'à l'identification d'un suspect, Grégory Wiart, grâce à une nouvelle technique d'analyse ADN. Mais l'homme était décédé entre-temps.

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Fouillant son cercle proche, la justice avait mis en cause Willy Bardon, reconnu par plusieurs témoins sur l'enregistrement. Mais ni son ADN, ni aucune autre "preuve scientifique" formelle de sa présence n'ont été retrouvés sur la scène de crime. En décembre 2019, il avait tenté de se suicider à l'énoncé du verdict en avalant un pesticide en marge de sa première condamnation par la cour d'assises de la Somme à 30 ans de réclusion.


"Laissez tranquille Jacky Kulik [le père de la victime], laissez tranquille la famille d'Élodie Kulik. Deux cours d'assises, la cour de cassation, la Cour européenne des droits de l'Homme, cela devrait suffire pour démontrer que la culpabilité de Willy Bardon ne souffre pas de discussion. Je crois que c'est un coup d'épée dans l'eau. Cela ne changera rien à la douleur de cette famille", répond de son côté Me Didier Seban l’avocat de la famille Kulik pour RTL.

Mais sur quoi s'appuie la défense de Willy Bardon pour enclencher cette procédure en révision ? D'abord sur un ADN retrouvé à la fois là où Élodie Kulik a été enlevée sur une route de campagne, puis là où elle a été violée et assassinée, cinq kilomètres plus loin. Celui-ci n'a jamais matché avec les fichiers. "Les techniques d'ADN ont fortement évolué et permettent d'exploiter des traces qui avant étaient complètement inexploitables", a expliqué Me Duménil, qui souhaite, avec ses confrères engagés autour de Willy Bardon, que la justice tente de déterminer à qui appartiennent des traces, grâce notamment à l'aide de la base de données américaine de généalogie génétique.

Les avocats demandent aussi une nouvelle expertise de la bande son sur laquelle les jurés qui ont condamné Willy Bardon disent avoir reconnu sa voix. Et ce, en ayant recours à l'intelligence artificielle, qui permettrait "peut-être de déterminer la ou les voix sur cette bande". "Qui peut se satisfaire d'un procès qui n'est pas fondé sur des preuves scientifiques ?", a demandé Me Bailly. C'est au procureur de la République d'Amiens de dire s'il accepte cette procédure en révision.

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