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"Il n'a pas peur de la vérité" : la défense de Willy Bardon veut enclencher une procédure en révision de sa condamnation dans l'affaire Élodie Kulik

En juillet 2021, Willy Bardon a été condamné en appel à 30 ans de réclusion criminelle pour le viol, l'enlèvement et la séquestration suivie de mort d'Élodie Kulik. La jeune banquière a été tuée dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, avant que son corps ne soit retrouvé calciné à Tertry, dans la Somme.

Élodie Kulik, a été violée puis tuée en janvier 2002

Crédit : Facebook

Affaire Kulik : la défense de Willy Bardon veut enclencher une procédure en révision de sa condamnation

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Jérémy Descours & AFP & Thomas Prouteau

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La défense de Willy Bardon a annoncé ce mardi 5 mai vouloir enclencher une procédure en révision afin d'obtenir un nouveau procès pour son client, condamné à 30 ans de réclusion pour le viol et le meurtre en 2002 d'Élodie Kulik, mais qui clame son innocence. Les avocats de Willy Bardon ont saisi lundi le procureur d'Amiens pour lui demander de procéder à de nouvelles expertises, arguant des progrès des techniques scientifiques depuis le procès en appel en 2021.

"Il n'est jamais trop tard pour que la vérité éclate dans ce dossier", a déclaré lors d'une conférence de presse Gabriel Duménil, qui défend Willy Bardon avec Marc Bailly et Stéphane Daquo, pour justifier de cette procédure extrêmement rare. Élodie Kulik, banquière de 24 ans, avait été enlevée dans sa voiture dans la nuit du 10 au 11 janvier 2002, après un accident inexpliqué sur une départementale de la Somme. Elle avait été violée, tuée et brûlée.

Willy Bardon, reconnu par plusieurs témoins

Avant de mourir, elle avait appelé les secours, un enregistrement glaçant de 26 secondes considéré comme la pièce maîtresse du dossier, où ses hurlements se mêlent à deux voix d'hommes. L'enquête avait patiné dix ans, jusqu'à l'identification d'un suspect, Grégory Wiart, grâce à une nouvelle technique d'analyse ADN. Mais l'homme était décédé entre-temps.

Fouillant son cercle proche, la justice avait mis en cause Willy Bardon, reconnu par plusieurs témoins sur l'enregistrement. Mais ni son ADN, ni aucune autre "preuve scientifique" formelle de sa présence n'ont été retrouvés sur la scène de crime. Il a été condamné en décembre 2019 par la cour d'assises de la Somme à 30 ans de réclusion. Willy Bardon avait tenté de se suicider à l'énoncé du verdict en avalant un pesticide.

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Un an et demi plus tard, la cour d'assises d'appel du Nord avait confirmé sa culpabilité et sa peine. La Cour de cassation avait ensuite rejeté son pourvoi, puis la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) avait rejeté une requête.

"Laissez tranquille Jacky Kulik"

Mais sur quoi s'appuie la défense de Willy Bardon ? D'abord sur un ADN retrouvé à la fois là où Élodie Kulik a été enlevée sur une route de campagne, puis là où elle a été violée et assassinée, cinq kilomètres plus loin. Celui-ci n'a jamais matché avec les fichiers. "Les techniques d'ADN ont fortement évolué et permettent d'exploiter des traces qui avant étaient complètement inexploitables", a expliqué Me Duménil, qui souhaite avec ses confrères que la justice tente de déterminer à qui appartiennent des traces, grâce notamment à l'aide de la base de données américaine de généalogie génétique.

"Nous avons un ADN commun unique, une personne unique, qui est sur les deux scènes. Cette personne-là est probablement la clé. En France, nous avons réussi ces précédentes années à résoudre des cold cases en envoyant des scellés aux États-Unis dans certains laboratoires, qui peuvent - sur la base de deux millimètres de cheveux - retrouver l'ADN du propriétaire. C'est ce que nous demandons, Monsieur Bardon n'a pas peur de la vérité", poursuit-il.

Les avocats demandent aussi une nouvelle expertise de la bande son sur laquelle les jurés qui ont condamné Willy Bardon disent avoir reconnu sa voix. Et ce, en ayant recours à l'intelligence artificielle, qui permettrait "peut-être de déterminer la ou les voix sur cette bande". "Qui peut se satisfaire d'un procès qui n'est pas fondé sur des preuves scientifiques ?", a demandé Me Bailly.

"Laissez tranquille Jacky Kulik [le père de la victime], laissez tranquille la famille d'Élodie Kulik. Deux cours d'assises, la cour de cassation, la Cour européenne des droits de l'Homme, cela devrait suffire pour démontrer que la culpabilité de Willy Bardon ne souffre pas de discussion. Je crois que c'est un coup d'épée dans l'eau. Cela ne changera rien à la douleur de cette famille", répond de son côté Me Didier Seban l’avocat de la famille Kulik pour RTL. 

C'est désormais au procureur de la République d'Amiens de dire, dans les deux mois, s'il accepte de rouvrir le dossier et d'effectuer les expertises demandées. Une première étape incontournable avant de solliciter l'ouverture d'une procédure en révision à la Cour de cassation, qui passe elle même par plusieurs étapes avant d'obtenir - très rarement - un nouveau procès. 

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