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Deux tirs mortels dans le dos : Federico Aramburu a senti qu'il "était en train de partir", selon la médecin légiste qui a pratiqué l'autopsie

Au procès du meurtre de Federico Martin Aramburu, la médecin légiste a affirmé que les tirs mortels avaient été portés dans le dos du rugbyman argentin. Un témoignage clé pour l'accusation, face à des accusés qui continuent de nier toute intention de tuer.

Un portrait de Federico Aramburu au stade de Biarritz le 7 septembre 2026.

Crédit : Gaizka IROZ / AFP

AFP

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L'expertise médico-légale a pesé lourd, vendredi 11 septembre, devant la cour d'assises de Paris. À la barre, la médecin ayant pratiqué l'autopsie de Federico Martin Aramburu a expliqué que les deux tirs à l'origine de la mort du rugbyman argentin avaient été tirés dans le dos.


Loïk Le Priol, ex-militaire de 32 ans, a reconnu avoir tiré six fois lors de cette nuit de mars 2022. Quatre balles ont atteint la victime, âgée de 42 ans et non armée au moment des faits. Selon la légiste, deux projectiles entrés au milieu du dos ont provoqué des blessures fatales.

Le coaccusé de Loïk Le Priol, Romain Bouvier, 35 ans, autre militant d'ultradroite, avait tiré 45 secondes plus tôt à quatre reprises. Deux balles avaient atteint Federico Martin Aramburu, de face à la cuisse puis de profil au bas de la poitrine. D'après la légiste, ces blessures n'auraient entraîné qu'une interruption temporaire de travail de quinze jours si Le Priol n'avait pas ensuite ouvert le feu.

Une "hémorragie massive" et une "défaillance de la pompe cardiaque"

L'autopsie a montré une trajectoire "de l'arrière vers l'avant". Les deux tirs mortels ont brisé la colonne vertébrale, touché le foie, les reins et un poumon, entraînant une "hémorragie massive" ainsi qu'une "défaillance de la pompe cardiaque" extrêmement rapide. Malgré l'arrivée rapide des secours, Federico Martin Aramburu ne pouvait pas être sauvé, a-t-elle assuré.

Interrogée par le président de la cour sur les derniers instants de la victime, la médecin a rappelé qu'il avait confié à son ami Shaun Hegarty qu'il se sentait mourir. Elle a aussi décrit une souffrance physique intense, liée notamment aux lésions de la colonne, et une forte angoisse respiratoire. Selon elle, le rugbyman avait conscience de la gravité de ses blessures. "Après avoir ressenti cette détresse respiratoire", "il doit ressentir une chute de la pression artérielle". Dans cette situation, "on sent comme des vertiges comme si on était en train de partir", explique-t-elle.

La défense conteste toute intention homicide

Les deux accusés nient toute préméditation et toute intention de tuer. Ils affirment avoir agi pour se défendre après une dispute sur une terrasse parisienne, qui avait dégénéré en violence. Loïk Le Priol soutient avoir tiré au cours de sa bagarre avec Federico Martin Aramburu.

Après les premiers tirs, la victime était restée debout et avait encore la force de s'empoigner avec son agresseur présumé. La légiste a relevé une alcoolémie importante, précisant que l'alcool peut atténuer la douleur et que, dans le cas d'une blessure par arme à feu, celle-ci n'est pas toujours immédiate.

Jeudi, un enquêteur de la brigade criminelle de la police judiciaire parisienne avait qualifié les faits d'"exécution". Les deux accusés encourent la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu le 25 septembre.

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