2 min de lecture

L'aspartame sans risque pour la santé ? Pourquoi un avis de l'Autorité européenne scandalise les ONG

L'EFSA juge sans risque, aux niveaux actuels de consommation, l'usage de l'aspartame, de l'acésulfame K et de leur sel combiné dans les produits allégés. Un avis vivement contesté par plusieurs ONG, qui dénoncent des risques sanitaires et réclament l'interdiction préventive de l'aspartame dans l'Union européenne.

Une canette de coca-cola zéro contenant de l'aspartame

Crédit : MONICA SCHIPPER / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / GETTY IMAGES VIA AFP

L'aspartame déclaré sans risque pour la santé par une agence de l'UE, une décision critiquée par plusieurs ONG

00:01:05

AFP & Pierre Herbulot

Je m'abonne à la newsletter « Économie »

Mettre RTL en favori sur Google

L'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) estime que l'utilisation du sel d'aspartame-acésulfame (E 962) comme additif alimentaire ne présente pas de risque pour la santé aux niveaux actuels de consommation. Cet édulcorant, utilisé dans de nombreux produits sans sucre ou allégés comme les sodas et les yaourts, se décompose après ingestion en aspartame et en acésulfame K, rappelle l'agence basée à Parme, en Italie.

Le groupe d'experts de l'EFSA n'a relevé "aucune préoccupation en matière de sécurité" concernant les usages et les niveaux d'utilisation actuellement déclarés de l'acésulfame K (E 950), de l'aspartame (E 951) et du sel d'aspartame-acésulfame (E 962). Cette conclusion s'appuie sur la dose journalière admissible de l'aspartame, maintenue à 40 mg par kilo de poids corporel et par jour, ainsi que sur celle de l'acésulfame K, récemment révisée à 15 mg/kg/jour.

Des niveaux d'exposition jugés inférieurs aux seuils

Selon l'EFSA, les estimations actuelles d'exposition restent inférieures à ces doses journalières admissibles pour toutes les tranches d'âge. Les experts recommandent toutefois de mettre à jour les spécifications de l'Union européenne concernant l'E 962, afin de les aligner sur celles de l'aspartame et de l'acésulfame K utilisés dans sa fabrication.


Cet avis est vivement contesté par plusieurs ONG. Foodwatch, Yuka et la Ligue contre le cancer le jugent "scandaleux", estimant que l'EFSA "ne voit aucun problème dans la consommation quotidienne actuelle d'aspartame", alors que, selon elles, des études scientifiques indépendantes récentes ont documenté des risques pour la santé.

Ce qu'on aimerait, c'est que les pouvoirs publics nous protègent et enlèvent ces additifs qui n'apportent rien aux consommateurs et de l'autre côté, lui font prendre un risque.

Camille Dorioz, chargé de campagne chez Foodwatch.

"On est extrêmement déçus par l'avis qui est rendu par les autorités sanitaires européennes parce qu'elles continuent de s'appuyer sur des études qui sont vieilles des années 80 et faites directement par les producteurs d'aspartame", explique à RTL Camille Dorioz, chargé de campagne chez Foodwatch. 

À lire aussi

"Elles ne prennent pas du tout en compte le fait que c'est une accumulation des dernières études qui pointent vers des doses acceptables d'aspartame qui seraient dépassées à partir d'une demi-canette à une canette", ajoute-t-il. 

Selon lui, l'aspartame est "un additif du passé". "On a des alternatives d'autres édulcorants sur le marché. Des fois, ils ne sont pas mieux, mais il y en a d'autres qui sont beaucoup moins dangereux. Ce qu'on aimerait, c'est que les pouvoirs publics nous protègent et enlèvent ces additifs qui n'apportent rien aux consommateurs et de l'autre côté, lui font prendre un risque", conclut-il. 

Une pétition qui regroupe 400.000 signatures

Dans un communiqué, ces organisations affirment que plus de 400.000 personnes en Europe ont signé leur pétition réclamant l'interdiction préventive de l'aspartame dans l'Union européenne.


Elles soulignent aussi qu'en 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), agence de l'OMS, a classé l'aspartame comme "potentiellement cancérigène pour l'homme", sur la base d'une analyse de la littérature scientifique indépendante accessible au public.

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée