2 min de lecture

"Il a préféré ne pas affronter la réalité" : un tatoueur, jugé pour viol et agressions sexuelles sur des clientes, se suicide en prison pendant son procès

Le tatoueur avait commencé à reconnaître les faits pour lesquels il était jugé lors des audiences. Il a été retrouvé inanimé jeudi 10 septembre dans les douches de sa prison, avant de mourir le lendemain.

La cour de la prison de Villepinte (illustration)

Crédit : Myriam Tirler / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Pas-de-Calais : un tatoueur se suicide en prison en plein milieu de son procès pour viols et agressions sexuelles

00:01:28

Franck Antson & AFP - édité par La rédaction numérique de RTL

Je m'abonne à la newsletter « Infos »

Mettre RTL en favori sur Google

Son procès devait s'achever ce vendredi 11 septembre. Un tatoueur, jugé depuis une semaine pour des viols et agressions sexuelles sur 16 de ses clientes, s'est suicidé en prison. L'annonce a été faite par la procureure de la République de Saint-Omer Annelise Cau. 
Le mis en cause, âgé de 54 ans, a été retrouvé jeudi matin inanimé, vraisemblablement pendu dans la douche de la prison de Longuenesse. Transporté au CHU de Lille dans un "coma profond", il est mort vendredi matin. 

"Elles ne seront jamais reconnues victimes"

Florent M., avait pourtant commencé à reconnaître certains faits pour lesquels il était jugé, après avoir longtemps nié le moindre geste déplacé. Au total, une quarantaine de personnes se sont "plaintes du comportement" de l'accusé, a précisé vendredi à l'AFP le parquet d'Arras: "les 16 parties civiles du dossier, certaines plaintes plus anciennes qui avaient été classées sans suite, et quatre personnes qui se sont spontanément présentées à la cour d'assises pour témoigner" depuis le début du procès. 

Ces victimes, qui ont raconté courageusement leur souffrance, ne verront donc pas l'issue de ce procès, ce que regrette Me Emmanuel Riglaire, avocat d'une des plaignantes, au micro de RTL. "Nous espérions toujours qu'il passe de l'autre côté du miroir et qu'il reconnaisse ce qu'il avait fait. On était persuadés que le cheminement du procès nous menait vers la vérité", commence-t-il. 

Ajoutant : "Tout le monde est déçu et puis personne ne voulait la mort de cet homme. Tout le monde voulait qu'il soit puni et sanctionné. On a le sentiment que tout ça était beaucoup trop lourd pour lui. Il a préféré ne pas affronter la réalité. Elles ne seront jamais reconnues victimes. Ça, c'est effectivement un vrai problème."

En détention provisoire depuis trois ans

Une enquête a été ouverte pour recherche des causes de la mort, mais la procureure de Saint-Omer semble écarter d'ores et déjà toute intervention extérieure. Alors que d'autres femmes se sont manifestées ces derniers jours, les victimes vont saisir la Commission nationale d'indemnisation pour faire reconnaître leurs droits.


En détention provisoire depuis près de trois ans, Florent M. était jugé pour les viols de cinq femmes et des agressions sexuelles sur 11 autres, pour des faits commis entre 2006 et 2023 dans le cadre de son activité de tatoueur. Il encourait une peine maximale de 20 ans de réclusion. 

La rédaction vous recommande

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Ne laissez pas Google décider de vos sources.

Ajouter RTL comme source préférée