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La mère et la soeur de Salah Abdeslam placées en garde à vue puis relâchées, les avocats de la défense dénoncent une "instrumentalisation judiciaire"

La mère et la sœur de Salah Abdeslam ont été placées en garde à vue samedi 11 avril, sur décision d’un juge d’instruction antiterroriste. Interpellées sur le parking de la prison de Vendin-le-Vieil, elles ont été relâchées sans poursuites à ce stade. Une mesure dénoncée par les avocats, qui y voient une "instrumentalisation judiciaire".

Salah Abdeslam pendant le procès des attentats de Bruxelles en 2023

Crédit : AFP

AFP & La rédaction numérique de RTL

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Des proches de Salah Abdeslam, dont sa mère et sa sœur, ont été interpellés samedi 11 avril sur le parking du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil dans le Pas-de-Calais, alors qu’ils s’apprêtaient à lui rendre visite au parloir. Les deux femmes ont été placées en garde à vue sur décision d'un juge antiterroriste. Elles en en sont ressorties libres lundi, ont annoncé les avocats de la famille.

La mère et la sœur du dernier survivant des commandos du 13 novembre n'ont pas été présentées à un juge d'instruction en vue d'une mise en examen, a précisé à l'AFP Me Martin Vettes, l'un des avocats de Salah Abdeslam, qui défend également sa sœur, et dénoncé "un coup tordu" pour justifier le maintien d'un hygiaphone pendant ses parloirs.

Sollicitée, une source judiciaire avait confirmé en matinée à l'AFP le placement en garde à vue de proches de Salah Abdeslam, qui purge une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour sa participation aux attentats du 13 novembre 2015, mais n'avait pas donné d'information sur l'issue de cette mesure.

Cette opération a été menée sur décision d’un juge d’instruction antiterroriste, comme l’a confirmé une source judiciaire, sans livrer davantage de détails, "s’agissant d’un dossier en cours d’instruction". Une information également corroborée par le Parquet national antiterroriste auprès de RTL.

Une garde à vue sans suites à ce stade

Les personnes interpellées sont ressorties libres de leur garde à vue et n’ont pas été présentées à un magistrat instructeur en vue d’une mise en examen. Selon le communiqué de leurs avocats, "aucun indice grave ou concordant" ne permet, à ce stade, de les incriminer.

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La défense insiste sur le fait qu’elles "n’ont pas été présentées au magistrat instructeur en vue d’être mises en examen", et déplore une procédure sans fondement solide.

Cette affaire s’inscrit dans le prolongement d’une enquête ouverte en novembre 2025. À cette époque, Salah Abdeslam avait été placé en garde à vue pour détention d’une clé USB contenant des documents ayant "trait à la propagande officielle d’organisations terroristes, État islamique ou Al-Qaïda", selon le parquet.

Le Parquet national antiterroriste avait alors requis sa "mise en examen ultérieure". Cette clé lui avait été remise lors d’un parloir par son ex-compagne, depuis mise en examen et incarcérée.

À la suite de ces faits, l’administration pénitentiaire avait renforcé les mesures de sécurité, estimant notamment qu’"il n’était pas exclu que la clé ait été introduite par le biais de visiteurs".

La défense dénonce une "instrumentalisation"

Début avril, le tribunal administratif de Lille avait ordonné d’assouplir les conditions de parloir de Salah Abdeslam, tout en refusant de suspendre son maintien à l’isolement.

Dans leur communiqué, les avocats rappellent qu’"aucune suite judiciaire n’a été donnée" aux précédentes mesures de garde à vue et que "l’administration pénitentiaire n’avance aucun élément de nature à laisser présumer" une implication des visiteurs.

Dans leur communiqué, les conseils de la famille dénoncent "une instrumentalisation d’une procédure pénale et de mesures privatives de liberté à des fins purement administratives".

Ils estiment que ces gardes à vue "n’avaient en réalité d’autre objectif que de permettre à l’administration pénitentiaire de justifier le maintien d’un dispositif de séparation contesté par la justice".

Salah Abdeslam, seul membre encore en vie des commandos du 13 novembre 2015, purge une peine de réclusion criminelle à perpétuité et est placé à l’isolement depuis près de dix ans. Une nouvelle décision de justice est attendue "en ce début de semaine", selon la défense.

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