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"Cette technique nous donne énormément d'espoir" : ce qu'il faut savoir sur le projet de loi sur la généalogie génétique

Un projet de loi visant à autoriser la comparaison des fichiers ADN français avec des bases étrangères est présenté en Conseil des ministres ce mercredi 18 mars par Gérald Darmanin. À quoi cela va-t-il servir ? Réponses.

Gérald Darmanin, le 21 novembre 2025 à Paris

Crédit : Thibaud MORITZ / AFP

Généalogie génétique : un nouvel espoir pour résoudre les cold case

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Thomas Prouteau

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Le nouvel espoir pour les cold-cases. La généalogie génétique est une technique ADN révolutionnaire qui vient des États-Unis et qui a déjà permis au FBI d'élucider plus de 600 affaires de meurtres ou de viols. La France commence tout juste à l'utiliser. Un projet de loi présenté, ce mercredi 18 mars, par Gérald Darmanin en Conseil des ministres afin de sécuriser le recours à cette technique.
 
Pourquoi la généalogie génétique peut-elle tout changer ? Elle rend possible l'identification d'ADN inconnus retrouvés sur des scènes de crime mais qui n'ont jamais eu de correspondance avec un fichier. Cela fonctionne en les comparant à de gigantesques bases de données génétiques, hébergées aux États-Unis : celles des sociétés privées qui proposent des tests ADN récréatifs, avec la promesse de tout vous dire sur vos racines.

En France, ces tests sont interdits, mais plus d'un million de Français ont déjà envoyé leur échantillon aux États Unis. La puissance des ordinateurs actuels permet de détecter si l'ADN inconnu a des marqueurs communs avec certains de ces millions d'échantillons, et d'identifier des cousins ou des aïeux jusqu'au cinquième degré.

Deux affaires résolues avec cette technique

La commissaire Charlotte Siwikin, chef adjointe de l'office spécialisé cold case de la police judiciaire française, explique au micro de RTL : "Cette technique nous donne énormément d'espoir de pouvoir identifier des auteurs de crimes qui n'ont toujours pas été élucidés. Mais ce n'est pas une technique miraculeuse parce que vous pouvez remonter des fois jusqu'au XIXᵉ siècle. C'est ensuite toute l'investigation qui va être faite en généalogie qui va être compliquée". Il faut ensuite remonter l'arbre généalogique jusqu'à un ancêtre direct, avant de redescendre vers des suspects potentiels.

Cela a déjà permis de résoudre des affaires en France. Deux dont celle du prédateur des bois, un violeur en série des années 2000. Cinq fois le même ADN inconnu retrouvé sur ses victimes. En 2022, la police judiciaire a envoyé la trace génétique au FBI qui a identifié un couple d'ancêtres du début du XXe siècle. 

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Le commissaire Frank Danerolle, ancien patron de l’OCRVP,  nous explique que l'"on savait que de ce couple descendait l'auteur". "On a ensuite fait la phase descendante. Les personnes trop âgées vont être écartées, les personnes trop jeunes vont être écartées. On a écarté également ceux qui n'étaient pas sur les lieux au moment des faits, parce qu'ils habitaient à l'autre bout de la France, parce qu'ils étaient incarcérés. On est arrivé sur trois candidats possibles. Et ensuite, l'ADN a parlé sans appel", a-t-il ajouté.

Car les trois suspects ont été placés en garde à vue et leur ADN prélevé. L'un d'eux a obtenu une correspondance à 100% avec la trace retrouvée sur les victimes, celui d'un sexagénaire qui s'est depuis suicidé en prison.

"Le principe de réalité, c'est aussi d'empêcher des criminels d'agir"

Quant à la loi présentée en Conseil des ministres, si elle est votée, elle autorisera noir sur blanc la comparaison avec des bases étrangères. Didier Seban, avocat spécialiste des cold cases, y est favorable. "Je crois que la peur n'évite pas le danger. Le danger, c'est de faire qu'on puisse l'organiser autour de fichiers sans véritable garantie. Toutefois, fixer des règles, les soumettre à la justice, c'est ça ce qu'il faut faire. Le principe de réalité, c'est aussi d'empêcher des criminels d'agir", a-t-il expliqué. 

En décembre, un homme qui avait violé et sauvagement agressé une joggeuse avec un tournevis, a été à son tour confondu par la généalogie génétique. Le pôle cold case du tribunal de Nanterre a depuis envoyé quatre nouveaux dossiers au FBI.

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