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Mort du petit Emile : la randonneuse qui avait découvert le crâne de l'enfant avait déjà donné son ADN

La campagne de prélèvements ADN lancée dans l’enquête sur la mort du petit Émile pourrait marquer un tournant. Des dizaines d’habitants et de personnes de passage en Auvergne au moment des faits vont être appelés à se soumettre à des tests génétiques. Objectif : comparer leurs profils avec des traces d’ADN inconnues retrouvées sur les restes de l’enfant.

Sadia la randonneuse, à l’endroit exact où elle a retrouvé le crâne du petit Émile le 30 mars 2024

Crédit : Baudu/RTL

Etienne Baudu

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Sur le terrain, certains ont déjà été entendus et testés pour l'avancée de l'enquête de la mort du petit Emile. Un habitant du Haut-Vernet a expliqué avoir été convoqué à l’automne dernier à la gendarmerie de Digne afin de préciser certains éléments de son témoignage. À cette occasion, un prélèvement ADN buccal lui a été effectué.

D’autres habitants ont assuré en revanche ne pas avoir été contactés, sans savoir s’ils le seront prochainement. Selon les informations recueillies, les gendarmes ne cibleraient pas l’ensemble du village, mais plutôt toutes les personnes ayant été, de près ou de loin, en lien avec l'enquête : riverains, visiteurs de passage à l’époque des faits, voire auteurs de courriers adressés aux enquêteurs. Ces personnes pourraient être convoquées dans la gendarmerie la plus proche de leur domicile.

Dans certains cas, ces prélèvements ont déjà été réalisés depuis longtemps. C’est le cas de l’ensemble de la famille du petit Émile, mais aussi de Sadia, la randonneuse qui avait découvert le crâne de l’enfant le 30 mars 2024 sur un chemin proche du hameau.

Empreintes digitales et prélèvement buccal sur la randonneuse

Au micro de RTL, Sadia, la randonneuse, raconte les circonstances de son audition. "J'ai été interrogée. Et à la fin, les empreintes digitales. Et puis dans la bouche, on m’a mis un peu de coton-tige pour prendre les empreintes dans ma bouche", confie-t-elle.

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Comme de nombreux habitants du village, elle espère que cette campagne de prélèvements permettra de faire avancer l’enquête, près de trois ans après la disparition du petit garçon.

Une technique fréquente dans les enquêtes criminelles

Invité de RTL Midi ce vendredi 27 février, François Daoust, directeur de l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale, a rappelé que le recours massif à l’ADN était loin d’être inédit. "La technique d’ADN est très fréquente dans les enquêtes. Et les prélèvements massifs, ce n’est pas rare", a-t-il souligné.

Il a notamment cité l’affaire Kulik, dans la Somme, où plus de 3.000 prélèvements avaient été réalisés entre 2002 et 2011. Si la résolution du dossier était finalement passée par une autre méthode, l’ADN de parentèle, ces opérations présentent selon lui un double avantage : fermer certaines pistes judiciaires et apaiser un climat de suspicion parfois très lourd au sein d’un village.

François Daoust a également évoqué un précédent historique : l’affaire Colleen Pitchfork en 1986 en Angleterre, première utilisation décisive de l’ADN dans une enquête criminelle. À l’époque, 5.500 hommes avaient été testés après le viol et le meurtre de deux adolescentes. Le coupable avait tenté d’échapper au prélèvement en envoyant un ami à sa place, avant d’être dénoncé et confondu par son ADN. "Oui, ça fonctionne aussi. Il ne faut pas passer à côté", a insisté le spécialiste. "Toutes les pistes sont ouvertes", a-t-il rappelé, renvoyant aux magistrats en charge du dossier.

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