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Cellule jihadiste de Cannes-Torcy : deux acquittements et jusqu'à 28 ans de prison

En 2012, une grenade avait été lancée dans l'épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise). Vingt personnes étaient jugées pour cet attentat ainsi que des projets d’attaque et des séjours en Syrie.

Des témoins au procès de la cellule jihadiste de "Cannes-Torcy", le 20 avril 2017 à Paris
Des témoins au procès de la cellule jihadiste de "Cannes-Torcy", le 20 avril 2017 à Paris
Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
Le verdict du procès de la cellule jihadiste de Cannes-Torcy
01:12
Eléanor Douet & Nicolas Burnens & AFP

La cour d'assises spéciale de Paris a prononcé jeudi 22 juin deux acquittements et des peines allant de un à 28 ans de prison à l'encontre des accusés de la filière jihadiste dite de Cannes-Torcy, pour un attentat à la grenade à Sarcelles en 2012, des projets d'attaque et des séjours en Syrie. Le verdict est tombé à l'issue de douze heures de délibéré, dans une salle surchauffée. À l'énoncé des peines, globalement inférieures aux réquisitions, les accusés semblaient soulagés.

Trois ans avant les attentats parisiens de 2015, cette "cellule" était considérée comme une des plus dangereuses de France. À l'audience, elle a été décrite comme "le chaînon manquant" entre le jihadiste toulousain Mohamed Merah et le réseau qui allait frapper la salle de spectacles du Bataclan.

L'accusation avait demandé des "peines exemplaires", allant jusqu'à la perpétuité, contre une filière redoutable, fruit du rassemblement des "frères" de Cannes (Alpes-Maritimes), sous les ordres de Jérémie Louis-Sidney, un chef violent "bouillant" de sa haine des juifs, et de Torcy (Seine-et-Marne), autour de Jérémy Bailly, le fidèle lieutenant. Les accusés, eux, avaient prié la cour de ne pas juger dans "la peur" et la "passion", alors que les attentats jihadistes se succèdent en Europe.

Une grenade dans l'épicerie casher de Sarcelles

En l'absence du chef, tué lors de son interpellation, la peine la plus lourde a été infligée à Jérémy Bailly, jugé coupable d'avoir lancé une grenade dans l'épicerie casher de Sarcelles (Val-d'Oise) le 19 septembre 2012, miraculeusement sans faire de mort. Un attentat auquel il nie avoir participé. Ostracisé par les autres accusés pour avoir dénoncé Bailly, Kevin Phan, le chauffeur de l'équipée de Sarcelles et benjamin du groupe, a été condamné à 18 ans de réclusion criminelle - 25 ans avaient été requis. 

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Des peines de 14 à 20 ans de réclusion ont été prononcées à l'encontre des "Syriens" de la bande, la peine la plus lourde étant infligée à Ibrahim Boudina, qui a passé seize mois en Syrie et qui était selon l'accusation "revenu pour commettre un attentat" sur la Côte d'Azur. 

Le procès de Abdelkader Merah à l'automne

Plusieurs avocats estimaient jeudi soir que la cour avait tenu compte de la diversité des profils de ces vingt hommes, issus de familles aisées ou ouvrières, originaires d'Algérie, du Laos ou de France, dont la moitié sont des convertis. Un sens de la "nuance" salué à l'issue de ce premier procès fleuve pour tenter de comprendre le "point de basculement" d'une jeunesse française dans la radicalité jihadiste. Le premier d'une longue série, avant le procès du frère de Mohamed Merah à l'automne, puis ceux des acteurs et complices des tueries de 2015. 

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