3 min de lecture Justice

Brigitte Gruel, l'autre accusée du procès Georges Tron

Mardi 12 décembre s'est ouvert le procès pour viols de George Tron et Brigitte Gruel. Accusée des mêmes faits, cette dernière passe pourtant inaperçu.

Brigitte Gruel arrive à son procès accompagnée de son avocat Frank Natali, le 12 décembre 2017 aux assises de Seine-Saint-Denis
Brigitte Gruel arrive à son procès accompagnée de son avocat Frank Natali, le 12 décembre 2017 aux assises de Seine-Saint-Denis Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP
Ceciledeseze75
Cécile De Sèze
Journaliste RTL

Elle se présente devant les assises de Seine-Saint-Denis, accusée de viols en réunion et agressions sexuelles, le visage caché derrière des lunettes noires et une écharpe. Brigitte Gruel est l'autre personnalité sur le banc des accusés dans ce procès que l'on nomme communément "procès Tron". La première audience de cette affaire politico-judiciaire s'est ouverte mardi 12 décembre. Il s'agit de l'affaire qui oppose l'ancien secrétaire d'État, George Tron, à deux anciennes employées de sa mairie de Draveil. Lui et son ancienne adjointe à la Culture Brigitte Gruel.

Virginie Ettel et Eva Loubrieu accusent l'homme politique de leur avoir fait subir des attouchements et des pénétrations digitales entre 2007 et 2010. Le tout, disent-elles, avec la complicité de Brigitte Gruel. Les plaignantes affirment avoir été incapables de s'opposer, tétanisées face à leur employeur de 20 ans leur aîné. Les deux accusés nient les faits depuis le départ, et dénoncent un complot ourdi par leurs adversaires d'extrême droite. 

On la surnomme "Gruella" ou "la Pompadour"

Brigitte Gruel est décrite par les plaignantes comme étant la maîtresse de Georges Tron, rapporte la journaliste de LCI sur place. Interrogé par son avocat, l'élu affirme pourtant à la barre qu'il n'a trompé sa femme qu'une seule fois en 35 ans et qu'il n'a "aucune fierté à l'avouer ici". 

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De son côté, Brigitte Gruel - mariée à 21 ans et mère de trois enfants - aurait avoué mardi 12 décembre "une unique infidélité, une passion de trois mois" qui aurait finalement "renforcé son couple", rapporte une journaliste d'Europe 1. Lors de son audience, le président de la cour rappelle qu'elle est surnommée "la Pompadour" - maîtresse historique de Louis XIV - ou encore "Gruella" à Draveil.

"Madame Pompadour a habité Etiolles et nous avions voulu monter une exposition sur elle qui n'a pas eu lieu, et je pense que la rumeur vient de là", explique l'accusée qui affirme n'avoir "jamais été la maîtresse de monsieur Tron". "Si je l'avais été, je n'aurais pas été autant à ses côtés", se défend-elle encore. "Il ne s'est jamais rien passé de ce dont on m'accuse, ni ce dont on accuse M. Tron en ma présence", insiste-t-elle à la barre. Et le président de rétorquer : "Je ne sais pas si les gens de Draveil sont historiens à ce point-là".

Caresser la poitrine de Brigitte

L'enquêtrice cite Eva Loubrieu, une des plaignantes
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Si son mari la décrit comme une "femme intègre", les plaignantes n'affichent pas la même bienveillance. Selon l'enquêtrice auditionnée le 13 décembre, Virginie Ettel lui a raconté un épisode survenu le 12 novembre 2008. Lors d'un dîner, alors que la victime pense que George Tron lui "prend la jambe sous la table", "elle se rend compte que c'est finalement Brigitte Gruel qui lui masse les pieds". 

Alors que les trois protagonistes sont seuls à table, le maire "lui dit de fermer les yeux, prend sa main et la pose sur les seins de Mme Gruel", raconte encore l'enquêtrice, citée par les journalistes sur place à l'audience. "C’est alors que j’ai réalisé que M.Tron avait passé sa main dans ma culotte. J’étais incapable de réagir, j’avais envie de vomir", a encore raconté la plaignante à l’enquêtrice. 

Quant à Eva Loubrieu, la seconde plaignante, elle assure à l'enquêtrice avoir eu des "relations sexuelles à trois" avec les deux accusés. Eva Loubrieu aurait également confié à un coordinateur des services du cabinet de la mairie, François-Joseph R., qu'elle devait "caresser la poitrine de Brigitte" Gruel.

Selon Virginie Ettel, elle aurait été agressée sexuellement le 4 janvier 2010 au domicile de Brigitte Gruel. Un témoignage appuyé par des employés de la mairie qui ont bien remarqué qu'elle avait été envoyée chez l'adjointe pour faire signer un document. À ce moment-là, Georges Tron n'est pas présent à la mairie. Brigitte Gruel est donc accusée d'avoir participé autant qu'initié avec l'élu LR des relations sexuelles triolistes avec des femmes non-consentantes. Le procès des deux accusés se tient jusqu'au 22 décembre prochain pour acter, ou non, leur culpabilité.

Alors que George Tron est défendu par le très médiatisé Éric Dupond-Moretti (qui a récemment défendu d'Abdelkader Merah), Brigitte Gruel est défendue par Frank Natali. Tous deux sont jugés dans le sillage de l'affaire Weinstein. Le scandale avait éclaté en mai 2011, peu après la retentissante arrestation à New York de l'ancien directeur général du Fonds monétaire international Dominique Strauss-Kahn. 

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Brigitte Gruel, l'autre accusée du procès Georges Tron
Mardi 12 décembre s'est ouvert le procès pour viols de George Tron et Brigitte Gruel. Accusée des mêmes faits, cette dernière passe pourtant inaperçu.
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2017-12-13 12:18:00
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