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Attentat en Isère : Salhi va être présenté à un juge antiterroriste

La garde à vue du suspect, qui dément toujours toute motivation terroriste, n'a pas permis de lever le voile sur ses secrets.

Yassin Salhi escorté par des policiers devant son immeuble de Saint-Priest, près de Lyon, le 28 juin 2015.
Yassin Salhi escorté par des policiers devant son immeuble de Saint-Priest, près de Lyon, le 28 juin 2015.
Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP
La rédaction numérique de RTL & AFP

Depuis son arrestation, Yassin Salhi reste confus sur les motivations du crime qu'il a avoué. Le suspect doit être présenté à un juge antiterroriste ce mardi 30 juin, en vue de sa mise en examen pour l'assassinat de son patron et un attentat contre un site gazier

Ces deux actes présentent les caractéristiques d'attentats islamistes, mais il en conteste la dimension religieuse. À l'approche de la fin de la garde à vue de Salhi, le procureur de Paris François Molins doit décider de son défèrement et de sa présentation à un juge d'instruction. À l'inverse d'un Mohamed Merah ou, plus récemment, des frères Kouachi et d'Amédy Coulibaly, qui avaient proclamé avant leur mort leur affiliation à l'islamisme le plus radical, Salhi conteste toute motivation religieuse. Mais, pour les enquêteurs, le patron de son entreprise de transport Hervé Cornara, qu'il a avoué avoir tué, est bien une nouvelle victime du terrorisme islamiste, six mois après les attentats de Paris et deux mois après l'assassinat d'Aurélie Chatelain dans un parking de Villejuif. 

Connexion syrienne

Originaire de Pontarlier (Doubs), Salhi, un chauffeur-livreur de 35 ans, est connu depuis le milieu des années 2000 comme appartenant à la mouvance salafiste radicale. Il gravitait alors dans l'entourage de Frédéric Jean Salvi, un délinquant converti à l'islam en prison et radicalisé, que les Indonésiens soupçonnent d'avoir préparé un attentat à la voiture piégée dans leur pays en 2010. Mais Salvi, qui vit dorénavant au Royaume-Uni "en toute légalité", ne fréquente plus Salhi depuis 2003, selon son avocat Jérôme Pichoff.

Les crimes du 26 juin sont entourés d'un symbolisme macabre, qui rappelle les mises en scène de l'État islamique dans les zones de jihad en Irak et en Syrie. En effet, Hervé Cornara a été décapité - sans que l'autopsie n'ait permis jusqu'à présent d'établir avec certitude si l'acte avait précédé ou suivi sa mort. La tête de la victime, fixée à un grillage de l'usine, était encadrée de deux drapeaux frappés de la "chehada", la profession de foi musulmane. Salhi se rendait régulièrement sur ce site de gaz industriels de Saint-Quentin-Fallavier (Isère), pour le compte de sa société de transport, et a tenté de le faire sauter. Quand il a été maîtrisé par des pompiers, il a crié "Allah akbar". Et les enquêteurs ont retrouvé dans son portable un selfie macabre avec la tête de sa victime, envoyé à un homme qui combattrait dans les rangs de Daech en Syrie. Selon une source proche du dossier, Salhi pourrait même connaître plusieurs des quelque 500 personnes parties de France et actuellement dans les zones de jihad. 

Des motivations floues

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Mais, sur tous ces points, il se montre peu disert en garde à vue. Les enquêteurs restent prudents sur cette connexion syrienne. L'épouse et la soeur de l'assassin présumé ont certes évoqué un séjour en Syrie en 2009, bien avant les combats auxquels prennent part les jihadistes aujourd'hui. Mais les policiers n'ont, pour le moment, pas trouvé trace de ce voyage. Salhi a jeté le trouble en réfutant toute motivation religieuse durant sa garde à vue. Deux jours avant les faits, il semble avoir eu une vive altercation d'ordre professionnel avec sa future victime. Il a également évoqué devant les enquêteurs ses difficultés conjugales. 

Autre interrogation : la préparation sommaire et apparemment précipitée de ses actions. Sur les lieux de l'attentat, a été retrouvée une arme factice, qui n'aurait été qu'un jouet de son fils, que Salhi aurait repeint la nuit précédant les faits. Une source proche du dossier évoque les motifs sans doute "hybrides" du suspect. "Il y a sans doute des motivations dont la réalité est personnelle, mais il y a une symbolique qui, elle, emprunte tout aux images les plus affreuses, les plus abjectes du terrorisme", selon le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.

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