3 min de lecture Nice

Attentat à Nice : la capitale azuréenne, une ville épicentre en terme d'islamisme radical

Nice pleure ses morts après l'attaque d'un camion bélier sur la Promenade des Anglais le soir du 14 juillet. La ville est réputée pour être l'un des principaux foyers jihadistes du pays.

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Attentat à Nice : la capitale azuréenne, une ville épicentre en terme d'islamisme radical Crédit Image : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP | Crédit Média : RTL | Date :

Le scénario se répète sans que l'on s'y habitue. La France se réveille encore une fois blessée sur son territoire après une attaque terroriste. Ce jeudi 14 juillet, alors que la foule était venue admirée le feu d'artifice sur la Promenade des Anglais à Nice, un camion a, littéralement, roulé sur les gens. Le bilan est dramatique : au moins 84 morts et une centaine de blessés, dont une cinquantaine en état "d'urgence absolue". 

Le terroriste présumé a été abattu par les forces de l'ordre quelques minutes après l'attaque et son identité a été vérifiée grâce à des papiers retrouvés à bord du véhicule meurtrier. Un homme de 31 ans d'origine franco-tunisienne. Si l'attaque n'a pas été revendiquée, François Hollande ne doute pas de son "caractère terroriste", quand, sur les réseaux sociaux, les soutiens de Daesh se réjouissent du massacre.

Une "centaine de Niçois" partis faire le jihad

Si Nice n'est pas particulièrement une cible de choix pour les terroristes, ce n'est pas pour autant tout à fait un hasard si elle en a été victime. Les Alpes-Maritime sont réputées pour être particulièrement concernées par le phénomène de radicalisation jusqu'aux départs en Syrie. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. Si la ville n'est pas la première en proportion d'exportations de combattants islamiques, elle est bien en tête en ce qui concerne le nombre de départs pour la Syrie ou l'Irak. 

Une quarantaine de jeunes, à Nice et dans l'agglomération, sont partis faire le jihad, notamment en Syrie. Rien que pour l'année 2013, dans les cités de Nice, 20 jeunes sont partis pour faire la guerre à Alep. Selon le journaliste spécialiste David Thomson, c'est "plus d'une centaine de Niçois" qui seraient partis en Syrie.

Berceau d'un des plus importants recruteurs de jihadistes français

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Le département est le deuxième exportateur de jihadistes en Syrie et en Irak, derrière la Seine-Saint-Denis, selon le spécialiste de l'islam, Gilles Képel qui rappelle, par ailleurs, qu'il existe une grande communauté tunisienne issue de l'immigration à Nice. La Tunisie est un des pays les plus touchés par la radicalisation. Les Tunisiens sont la nationalité la plus représentée parmi les combattants de Daesh. Souvent des personnes qui étaient enfermées dans les prisons de Ben Ali et qui se sont retrouvées en liberté après le Printemps Arabe. Beaucoup ont pu traverser la Méditerranée depuis. 

Nice, c'est aussi là où a sévi l'un des plus importants recruteurs jihadistes français : Omar Omsen. Le Français a longtemps vécu dans le quartier de l'Ariane. Des hommes, des femmes, des mineurs, des membres de sa propre famille. Une centaine de Français, dont près de 80 Niçois, seraient tombés dans les griffes du jihadiste français pour mener la guerre contre Bachar al-Assad. Alors qu'il avait été considéré comme mort au combat, Le Niçois est réapparu à la télévision française en mai dernier dans un épisode de Complément d'enquête.

Un historique en matière de terrorisme

La capitale azuréenne s'était pourtant préparée à un éventuel attentat. Elle a déjà été la cible de potentielles attaques terroristes. Le 7 juin dernier, une opération anti-terroriste a été menée par le Raid dans le quartier Pasteur à quelques jours du lancement de l'Euro 2016. La ville était donc bien en alerte. D'autant qu'en février 2015, trois militaires ont été victimes d'une agression par un trentenaire du nom de Moussa Coulibaly (sans lien avec Amedy Coulibaly, terroriste de la prise d'otages à l'Hyper Cacher de Vincennes). S'il était présenté comme un marginal, l'homme originaire de la région parisienne avait rejoint la Turquie avant d'être renvoyé en France dans la foulée. 

Enfin, en 2014, un attentat a été déjoué à deux jours de la date prévue. RTL révélait alors que le carnaval de Nice aurait pu subir un véritable carnage. Lors des perquisitions, les forces de l'ordre avaient saisi trois canettes remplies de TATP (triperoxyde de tricycloacétone), un explosif artisanal capable de produire l'effet de plusieurs dizaines de grenades. Le suspect, tout juste débarqué de Syrie, avait en ligne de mire le carnaval qui devait démarrer deux jours plus tard. Durant sa garde à vue, il avait notamment rompu le silence pour évoquer sa haine de la France, de la police, des militaires et des juifs. Il envisageait une action aussi spectaculaire que celle menée par Tamerlan Tsarnaïev au marathon de Boston, le 15 avril 2013.

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