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Attaque à la préfecture : le tueur a fait "l’apologie du terrorisme" pour Natacha Polony sur RTL

BILLET - Natacha Polony est revenue ce lundi sur les "signes avant-coureurs" du tueur de l'attaque de la préfecture de police de Paris. En 2015, juste après l’attentat de Charlie Hebdo, Mikaël Harpon aurait déclaré "c’est bien fait". Une déclaration loin d'être anodine selon elle.

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Attaque à la préfecture : le tueur a fait "l'apologie du terrorisme" pour Natacha Polony sur RTL Crédit Image : Martin BUREAU / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Natacha Polony édité par Sarah Ugolini

Ce lundi 7 octobre, on revient sur le profil du tueur de l'attaque de la préfecture de Paris. On apprend au fur et à mesure quel était son profil, et la question qui se pose est celle des "signes avant-coureurs". Il n’y en avait pas, avait déclaré immédiatement Christophe Castaner après le drame. Mais c’est quoi un signe avant-coureur ? Évidemment, c’est toujours après coup qu’on repère les signes avant-coureurs. Parce que les choses ne sont jamais simples et parce que le passage à l’acte est quelque chose d’éminemment mystérieux.

Mais en l’occurrence, quand on lit le rapport rédigé par la patronne du renseignement et remis à Christophe Castaner le 5 octobre, on comprend que cette question des signes est extrêmement délicate. Mickaël Harpon s’était converti à l’Islam, mais après tout, même si une conversion à l’âge adulte est une démarche profondément engageante, et même si la version rigoriste de l’Islam attire depuis quelques années certaines personnalités fragiles, on comprend que les fonctionnaires de police qui le côtoyaient ont été très très prudents. 


Ils n’ont pas signalé et ont interrogé un supérieur pour savoir comment gérer la situation. Surtout pas d’amalgame, même pas sur Charlie Hebdo. Oui, parce qu’ils ont fait état à leur supérieur d’un échange à propos de Charlie Hebdo. En 2015, juste après l’attentat, Mickaël Harpon aurait déclaré "c’est bien fait". Mais ça n’a donné lieu qu’à une discussion entre collègues. "C’est bien fait" : on parle du massacre de dessinateurs et de journalistes qui avaient eu l’outrecuidance de rire des islamistes comme ils riaient de tous les intégristes.

Considérer que le massacre de Charlie "c’est bien fait", cela relève de l’apologie du terrorisme

Juste après l’attentat, souvenez-vous, le débat s’était bêtement focalisé sur la question de savoir qui était Charlie et qui ne l’était pas. Bêtement, parce que "Je suis Charlie" n’était qu’un slogan, et parce qu’on avait le droit de ne pas apprécier l’humour de Charlie Hebdo. Cette injonction binaire, "être ou ne pas être Charlie", passait à côté du problème en donnant l’impression qu’il fallait être pour ou contre. Et ça a permis de mettre un mouchoir sur le véritable sujet.

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Et quel était le véritable sujet ? Le fait qu’un certain nombre de gens ont pensé ou dit "c’est bien fait". Le fait qu’il y a une différence majeure entre considérer qu’on n’aimait pas Charlie Hebdo et être horrifié par cet attentat, c’est le cas de croyants de diverses religions, et considérer qu’ils l’avaient bien cherché, qu’il ne faut pas se moquer du prophète et que Charlie Hebdo était islamophobe.

Un policier qui considère que le massacre de Charlie, c’est bien fait, c’est en soi gravissime. Cela ne relève pas de liberté d’expression mais de l’apologie du terrorisme. Mais à force de répéter que le pire, ce seraient d’éventuels amalgames, on amalgame ce qui est gravissime avec ce qui est anodin et on en oublie l’évidence : contester le droit de dessinateurs à se moquer d’une religion et estimer que leur massacre était une conséquence fatale ou logique est contraire à toutes les valeurs communes de la République. 

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