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Attaque à la préfecture : "Ce n'est pas un scandale d'État", dit un ancien du renseignement

INVITÉ RTL - L'attaque de la préfecture de Paris par un agent administratif "n'est pas un scandale d'État, c'est un drame profondément humain", selon Didier le Bret, ancien coordinateur national du renseignement.

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Attaque à la préfecture : "pas un scandale d'État" selon un ex-agent du renseignement Crédit Image : Martin BUREAU / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Yves Calvi édité par Paul Turban

Jeudi 3 octobre, un employé administratif de la préfecture de police a tué quatre de ses collègues à l'arme blanche, avant d'être abattu par les forces de l'ordre. Selon Didier le Bret, ancien coordinateur national du renseignement, "ce n'est pas un scandale d'État, c'est un drame profondément humain.

"Ce garçon, que je n'excuse pas, est à 75 % malentendant, il sait très bien qu'il ne pourra pas faire une carrière comme les autres", explique Didier le Bret sur RTL. "Il a cette espèce de frustration. Il est sympathique, tout le monde l'aime bien. C'est un réflexe humain : on ne fait pas remonter parce qu'on le protège, qu'on l'aime bien et que ça fait 20 ans qu'il est là."

"Dans le rapport administratif, il y a le fait qu'il était musulman", détaille l'ancien coordinateur national du renseignement. "On sait qu'il y a eu des problèmes de violences conjugales. On sait qu'il avait nourri dès février de cette année une certaine frustration d'être barré dans sa promotion compte-tenu de son handicap. Le ministre a ces informations, mais ce sont autant de signaux très faibles qui ne disent rien objectivement de la radicalisation."

Des éléments absents du dossier

"En revanche, ce qui est particulièrement préoccupant, c'est de voir que des signaux autres remontent, mais pas dans le cadre de l'enquête", explique Didier le Bret. "Ce sont des signaux plus graves. Il y a trois moments qui peuvent faire sens. Il y a les attentats de Charlie Hebdo (à propos desquels l'attaquant de la préfecture a tenu des propos ambigus, NDLR) : on n'est plus dans une pratique banale, quotidienne, et tout à fait acceptable d'un islam de paix. Là, il y a une position forte qui peut être assimilée à de l'apologie du terrorisme."

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"Le deuxième signal qui aurait dû mettre la puce à l'oreille, c'est qu'il ne touche plus les mains de ses collègues femmes", ajoute l'ancien coordinateur national du renseignement. "Cela veut dire qu'on est dans une phase de rupture. Et le troisième élément le plus perturbant, c'est qu'on a vu qu'il était en contact sur son lieu de travail avec des salafistes."

"Je pense qu'il faut doubler les enquêtes d'habilitation secret défense par des interviews plus régulières pour être plus attentif à ces petits signaux", confie Didier le Bret. "Mais il y a des milliers de fonctionnaires qui travaillent dans ces services. On ne va pas mobiliser 50 % du personnel pour surveiller les autres 50 %, ça n'a pas de sens.

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