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Affaire Sarkozy : le PNF relativise la marche arrière de Takieddine

Si Ziad Takieddine a retiré ses accusations contre Nicolas Sarkozy dans l'affaire du financement libyen, le PNF assure que d'autres charges pèsent sur lui.

L'un des principaux témoins à charge contre Nicolas Sarkozy dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle 2007, a retiré ses accusations.
L'un des principaux témoins à charge contre Nicolas Sarkozy dans l'enquête sur les soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle 2007, a retiré ses accusations.
Crédit : THOMAS SAMSON / AFP
Maeliss Innocenti & AFP

Ziad Takieddine, qui assurait avoir des preuves du financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, a fait marche arrière mercredi 11 novembre. Mais cela ne veut pas dire que toute l'affaire retombe. Bien au contraire. Jean-François Bohnert, procureur national financier, a rappelé ce jeudi que les mises en examen dans cette affaire ne reposaient pas uniquement sur les accusations de Ziad Takieddine.

"Les mises en examen intervenues dans ce dossier s'appuient, conformément aux dispositions du code de procédure pénale, sur des indices graves ou concordants qui ne se limitent pas aux déclarations d'une seule personne", a précisé Jean-François Bohnert dans un communiqué.

À Paris MatchZiad Takieddine a déclaré que "Sarkozy n'a pas eu un financement libyen pour la campagne présidentielle, ni Kadhafi ne pouvait le faire parce qu'il ne le faisait jamais".

Takieddine s'en est pris aussi au juge Tournaire

"Les déclarations de Ziad Takieddine (...) appellent les précisions et rectifications suivantes", a réagi le procureur financier en listant huit remarques. Le PNF rappelle d'abord que Takieddine s'est exprimé sur ce financement à partir de 2012 auprès du juge chargé du volet financier de l'affaire Karachi et auprès de journalistes "allant jusqu'à s'incriminer lui-même".

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Défendant ensuite les conditions dans lesquelles ses déclarations successives ont été reçues par les juges, "en présence de son avocat", le PNF souligne que "Takieddine a disposé de tout le temps nécessaire pour relire ses procès-verbaux d'auditions avant de les signer". "Il n'a jamais formulé la moindre observation sur le déroulement de ses interrogatoires", poursuit le communiqué.

Dans sa déclaration, Ziad Takieddine a mis en cause nommément le juge Serge Tournaire, initialement chargé de l'enquête jusqu'à l'été 2019. "Je le dis haut et fort, ce juge Tournaire a bien voulu tourner ça à sa manière et me faire dire des propos qui sont totalement contraires aux propos que j'ai dits."

Pour le procureur financier, "les accusations portées à l'encontre de Serge Tournaire (...) sont dépourvues de tout fondement". "Interrogé à six reprises par différents juges d'instruction y compris après le départ de Serge Tournaire, Ziad Takieddine n'est jamais revenu sur ses premières déclarations", souligne Jean-François Bohnert.

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