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Affaire McKinsey : une perquisition en cours au siège français du cabinet de conseil

Les bureaux de McKinsey, accusé de ne pas avoir payé d'impôts en France, font l'objet d'une perquisition ce mardi 24 mai.

Le logo du cabinet de conseil McKinsey (Illustration)
Le logo du cabinet de conseil McKinsey (Illustration)
Crédit : DYCJ / IMAGINECHINA / IMAGINECHINA VIA AFP
Florine Boukhelifa & AFP

Une enquête préliminaire avait été ouverte le 31 mars dernier pour blanchiment aggravé de fraude fiscale aggravée. Une perquisition se tient ce mardi 24 mai au siège français du cabinet de conseil McKinsey, situé sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris, a confirmé le parquet national financier (PNF). Plus tôt, des journalistes de l'Agence France-Presse avaient constaté la présence de policiers munis de brassards des douanes dans le bâtiment.

En réaction, le cabinet de conseil "confirme la tenue d'opérations de visite menées par le parquet national financier au siège de McKinsey France à Paris, au cours desquelles l’ensemble des informations requises ont été fournies". Celui-ci affirme "collaborer pleinement avec les autorités" et "respecter les règles fiscales et sociales françaises qui lui sont applicables".

L'enquête ouverte fait suite au rapport de la commission d'enquête du Sénat sur l'influence des cabinets de conseil privés sur les politiques publiques lors du premier quinquennat d'Emmanuel Macron. Les entités françaises du cabinet McKinsey y étaient accusées d'avoir mis en place un montage fiscal leur permettant de ne verser aucun impôt sur les sociétés entre 2011 et 2020.

Des accusations de favoritisme

Dans ce rapport remis le 16 mars, cette commission, initiée par le petit groupe CRCE à majorité communiste, assurait que les contrats passés entre l'État et plusieurs cabinets de conseil avaient "plus que doublé" entre 2018 et 2021, atteignant un montant record de plus d'un milliard d'euros en 2021. McKinsey s'est défendu en affirmant respecter les règles fiscales françaises, précisant qu'une de ses filiales avait payé l'impôt sur les sociétés pendant six ans sur la période évoquée par le Sénat.

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Les révélations de la commission d'enquête avaient suscité pendant la campagne présidentielle de vives polémiques sur l'utilisation des fonds publics. L'opposition avait réclamé de manière répétée l'ouverture d'une enquête sur ce qu'elle considère comme du favoritisme dont la majorité macroniste ferait preuve au profit de ce cabinet de conseil, dont certains membres ont pu œuvrer pour En Marche, notamment lors de la présidentielle 2017.

Alors candidat, Emmanuel Macron avait estimé notamment que le non-paiement de l'impôt sur les sociétés par McKinsey s'expliquait par les règles fiscales en vigueur. "S'il y a des preuves de manipulation, que ça aille au pénal", avait-il rétorqué le 27 mars à ceux qui lui reprochaient ces nombreux contrats.

Après "des vérifications", le PNF a ouvert le 31 mars une enquête sur le volet fiscal, confiée au Service d'enquêtes judiciaires des finances (SEJF). C'est le procureur financier Jean-François Bohnert qui l'avait annoncé le 6 avril, quatre jours avant le premier tour de l'élection présidentielle, dans un communiqué qui ne mentionnait pas le nom de McKinsey. Le SEJF est un service de "police fiscale" créé en 2019 et placé sous la tutelle de Bercy.

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