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"Il était outré" : sur RTL, l'avocat de Claude Guéant estime que Nicolas Sarkozy a "fait basculer son procès en sa défaveur"

Mis en cause par Nicolas Sarkozy au procès en appel dans l'affaire du financement libyen, Claude Guéant, absent pour raisons de santé, s'est défendu ce mardi 14 avril dans une lettre cinglante.

e Philippe Bouchez El Ghozi, avocat de Claude Guéant, invité de RTL ce mercredi 15 avril.

Crédit : RTL

"Il était outré" : sur RTL, l'avocat de Claude Guéant estime que Nicolas Sarkozy a "fait basculer son procès en sa défaveur"

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Juliette Vignaud

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Claude Guéant contre-attaque. Empêché par sa santé d'assister au procès libyen en appel, c'est par la voix de son avocat que l'ancien bras droit a déstabilisé, mardi 14 avril, Nicolas Sarkozy, qui avait mis en cause sa probité à l'audience, estimant "graves" de tels sous-entendus. 

Dans une lettre cinglante transmise à la cour d'appel et consultée par RTL, l'éternel homme de confiance de Nicolas Sarkozy dément point par point les accusations portées à son encontre par son ancien patron. La semaine précédente, l'ex-président avait pris ses distances avec son plus proche collaborateur, "surpris" par ce qu'il aurait découvert à son sujet à l'occasion de l'enquête.

"Nicolas Sarkozy a fait basculer le procès en sa défaveur", estime Me Philippe Bouchez El Ghozi, avocat de Claude Guéant, invité de RTL ce mercredi 15 avril. "Quand il a proféré des insinuations extrêmement graves sur la probité de Claude Guéant, il a en réalité provoqué une réaction", affirme son conseil, qui déplore "une stratégie suicidaire et tout à fait simpliste".

"Il y a une forme d'incohérence dans la stratégie de Nicolas Sarkozy et je dirais presque une forme d'indignité. Quelle indignité de venir aujourd'hui faire semblant de découvrir ces éléments", dit-il, reprenant la célèbre formule de l'ex-président.

"Il a pris un coup de poing dans l'estomac"

Lors de son interrogatoire devant la cour d'appel de Paris, Nicolas Sarkozy a jugé que ses collaborateurs, Brice Hortefeux et Claude Guéant, avaient été "coupables d'imprudence" en rencontrant un dignitaire libyen à Tripoli fin 2005, à son insu selon lui. 

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La justice soupçonne que ces rencontres occultes avec Abdallah Senoussi, numéro deux du régime de Mouammar Kadhafi, ont servi à nouer un "pacte de corruption", avec la bénédiction de celui qui était alors ministre de l'Intérieur. Avec à la clé un financement illégal de sa campagne présidentielle de 2007 en échange de la promesse de contreparties économiques, diplomatiques et judiciaires.  

En laissant l'intermédiaire Ziad Takieddine s'immiscer dans l'organisation de son déplacement en octobre 2005, Claude Guéant, "commet une erreur", "alors qu'il me représente", "la ligne est franchie à ce moment-là", a dit l'ancien chef de l'État. 

Une prise de position qui a profondément "meurtri" Claude Guéant, selon son conseil. "Il a pris un coup de poing dans l'estomac", dévoile-t-il, affirmant qu'il était "outré et scandalisé". Ce revirement a ainsi déclenché sa volonté de répondre par l'attestation transmise à la cour. Dans le document, il soutient notamment que Kadhafi a évoqué le sort judiciaire de son beau-frère lors d'un dîner à Tripoli en juillet 2007, avec Nicolas Sarkozy, fraîchement élu président. "Claude, voyez cela", lui aurait alors demandé le chef de l'État. 

Absent pour raison médicale

Dans "un état de très grande fatigue et de multipathologies", l'ex-secrétaire général de l'Élysée sera dans "l'impossibilité" d'assister au procès en appel du financement libyen de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, selon une expertise médicale. 

"Il a encore sous le pied", prévient néanmoins son conseil. D'après Me Philippe Bouchez El Ghozi, Claude Guéant continuera de réagir si sa probité continue d'être mise en cause.

En première instance, l'ancien bras droit de Nicolas Sarkozy âgé de 81 ans avait été l'un des prévenus les plus lourdement sanctionnés par le tribunal correctionnel de Paris, qui l'avait condamné à six ans de prison pour toute une série de délits, dont corruption, trafic d'influence passive, faux et usage de faux et association de malfaiteurs.

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