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Abus sexuels dans le sport : quatre plaintes au sein de la Fédération d'escalade

ENQUÊTE - Dans le sillage du patinage artistique, d'autres disciplines sont confrontées aux abus sexuels et à l'omerta. Quatre plaintes sont instruites par la justice chez les licenciés de la Fédération française de la montagne et de l'escalade.

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Abus sexuels dans le sport : quatre plaintes au sein de la Fédération d'escalade Crédit Image : Cegoh / Pixabay | Crédit Média : RTL | Date :
Christian Ollivier
Christian Ollivier édité par Sarah Ugolini

Dans le sillage du patinage artistique, d'autres disciplines sont confrontées aux abus sexuels et à l'omerta. Les langues se délient peu à peu, comme dans le monde de l'escalade, comme le révèle cette enquête RTL. 

En effet, quatre plaintes sont instruites par la justice chez les licenciés de la Fédération française de la montagne et de l'escalade, qui rassemble 110.000 licenciés et plus de 1.000 clubs partout en France. Une discipline en vogue qui fera son apparition lors des prochains JO de Tokyo. En attendant les Jeux olympiques, les dirigeants se sentent désarmés pour lutter contre ce genre de délits. À l'époque des faits, les jeunes filles ayant déposé plainte avaient 15-16 ans, et en ont actuellement 23-24. 

Des plaignantes qui ne souhaitent pas donner de publicité au calvaire qu'elles ont vécu, surtout pour l'une d'entre elles. Selon nos informations, ces violences se seraient déroulées en Nouvelle-Aquitaine, Provence-Alpes-Côte d'Azur et en Bourgogne-Franche-Comté. 

Nous accompagnons les victimes et nous constituons partie civile à chaque fois

Pierre You, président de la Fédération française de la montagne et de l'escalade.
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Après plusieurs jours de réflexion, Pierre You, président bénévole de la Fédération, a décidé de s'exprimer. "Nous sommes effectivement confrontés à quatre cas. Nous accompagnons les victimes et nous constituons partie civile à chaque fois que cela nous est possible", assure-t-il.  

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Il regrette le manque d'informations "derrière la procédure juridique".  "On n'a pas d'informations sur le moment où c'est traité et si c'est traité, ni quelle décision a été prise par le ministère de la Justice", déplore Pierre You. Il estime être par la suite confronté à des "décisions et des informations qui doivent passer du ministère de la Justice, soit directement à nous, mais aujourd'hui il n'y en a pas, soit au ministère de la Jeunesse et des Sports, qui devrait venir vers nous".

Or, selon lui, "aujourd'hui, entre ces trois entités là, il n'y a pas de canaux précis pour faire ces choses-là, ça n'existe pas". Ce président de Fédération affirme ne pas disposer des outils nécessaires pour prévenir et agir. "Avec toutes les difficultés qui vont autour de ça, les victimes sont loin d'un président de fédération et de son staff", regrette Pierre You. 

Comment j'agis avec eux ? Comment je peux leur parler ? Est-ce que je peux leur parler ?

Pierre You, président de la Fédération française de la montagne et de l'escalade.
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"Comment j'agis avec eux ? Comment je peux leur parler ? Est-ce que je peux leur parler ? Moi je suis pas un psychologue", s'interroge le président de la Fédération française de la montagne et de l'escalade. Il s'insurge de n'avoir "aucune nouvelle de la justice ou des pouvoirs publics sur les procédures en cours".

Lui-même ne prend pas son téléphone pour prendre des nouvelles des plaignantes,car il "ne connaît pas leur environnement et que c'est extrêmement difficile pour un président de fédération d'appeler une victime et de lui demander comment ça va et où en est la procédure". "Je vais forcément lui rappeler des choses qu'elle n'a pas envie d'entendre. C'est excessivement compliqué pour moi", se justifie-t-il.

Un seul des agresseurs présumés ne peut pas reprendre de licence

En attendant que la justice se prononce sur les quatre agresseurs présumés, un seul ne peut pas reprendre de licence, pour les autres, c'est beaucoup plus flou. Ils seraient encore dans la nature du bénévolat sportif ou toujours détenteurs d'un diplôme d'État. "Les faits étaient graves pour un des cas. C'est la justice qui doit œuvrer mais encore une fois, je ne sais pas où elle en est", conclut avec Amertume le président de la Fédération française de la montagne et de l'escalade.

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