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"Vous ne pouvez pas imaginer ce qu'on a vu" : après l'incendie mortel à Crans-Montana, rescapés et proches des victimes entre sidération et inquiétude

24 heures après le drame survenu dans la station huppée des Alpes suisses, les rescapés et les familles des victimes sont encore sous le choc. Ils racontent cette soirée effroyable où le réveillon a viré au drame, causant la mort d'une quarantaine de personnes et plus d'une centaine de blessés graves, et l'attente insoutenable qui a suivi.

Les autorités suisses évoquent "une quarantaine de morts"

Crédit : Harold Cunningham / GETTY IMAGES EUROPE / Getty Images via AFP

Les proches des victimes de Crans-Montana entre sidération et incertitudes

00:04:26

Les proches des victimes de Crans-Montana entre sidération et incertitudes

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Morad Djabari - édité par Guillaume Cros

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Un adolescent fixe longuement les bougies allumées, les bouquets de fleurs déposés à quelques mètres du bar. Il étouffe quelques sanglots. À 17 ans, il a quasiment perdu l'ensemble de ses amis d'enfance. Ils étaient une dizaine à fêter le Nouvel An dans le bar "Le Constellation". Il fait partie des miraculés. Il était sorti fumer une cigarette quelques secondes avant que le début de l'incendie.

"Même pas 10 secondes après, j'entends un gros boom. Je me retourne, tout le monde qui court. Je vois des flammes qui augmentent. Je vois des gens qui commencent à se battre pour sortir. C'était horrible, ils n'avaient pas de paupières, pas de cheveux. À peine, je les reconnaissais", décrit-il au micro de RTL.

"J'ai perdu plein d'amis. Il y avait la petite sœur d'un ami à moi qu'on n'a toujours pas retrouvé. Même dans les films, je n'ai jamais vu ça", ajoute-t-il déboussolé. 

Chaque témoignage est un peu plus effroyable

Il est impossible de mettre des mots sur cette horreur. Chaque témoignage est un peu plus effroyable. Un groupe d'amis se rassemble, s'embrasse, s'enlace, mais parle difficilement de ce qu'ils viennent de vivre.

"On se dit que ce n'est pas possible que ce soit chez nous. C'est une petite commune tranquille, tout le monde se connaît ici, on se dit que c'est vraiment calme. C'est impensable", ne réalise pas un jeune au micro de RTL.

"Vous ne pouvez même pas imaginer ce qu'on a vu. Des gens qui sortaient avec le visage décollé, ils n'avaient plus de visage. Des mères par terre à crier sur les policiers : "S'il vous plaît, retrouvez-moi mon fils". J'ai vu des pompiers qui se sont effondrés par terre, témoigne une rescapée. Il y a des gens que je connaissais qui étaient dedans, on n'a pas eu de nouvelles pendant plus de 24 heures."

Il y a des parents qui disjonctent et qui hurlent. Franchement, c'est lugubre

Rosa à propos de lieu d'accueil à destination des familles

Dans une salle communale à l'écart de la station, une dizaine de parents y ont passé la nuit, dans une attente insoutenable. Il s'agit de parents de blessés graves, non-identifiés ou d'enfants encore portés disparus. Rosa est venue soutenir sa sœur dans cette épreuve.

"La maman est tombée dans les pommes, elle est dans l'ambulance. Imaginez-vous, votre seul enfant à 18 ans. On ne sait pas s'il est gravement blessé ou s'il est dans un hôpital ?"

"On est très nombreux dans la salle communale. C'est un grand drame. Il y a une grande équipe de psychologues, de psychosociaux et de religieux qui vous accompagnent, vous donnent à manger, viennent vous parler... Il y a des parents qui disjonctent et qui hurlent. Franchement, c'est lugubre", constate Rosa.

Vu l'ampleur de la catastrophe, ce lieu d'accueil va rester ouvert plusieurs jours.

Des blessés transportés dans les pays frontaliers

Les hôpitaux de Lausanne, de Zurich, de Genève n'avaient plus la capacité d'accueillir la centaine de blessés graves. Certains ont été très vite pris en charge en Italie, Autriche et Allemagne.

"Notre ami est à Stuttgart actuellement, et de ce qu'on sait, il est 30 % brûlé", confie un témoin traumatisé. 

"Des gens que je connais qui ont été déportés en Italie, en Autriche et dans toute la Suisse parce que des secteurs de grands brûlés, il n'y en a pas partout.", déplore une adolescente au micro de RTL.

Les familles ne sont pas toutes informées, notamment à cause des brûlures qui empêchent une identification rapide. Trois blessés ont été transférés à Lyon et à Paris. D'autres devraient arriver dans la journée. Selon le ministère des Affaires étrangères, la France met à disposition 15 lits pour adultes et 4 pour de jeunes ados.

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