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Une photo aérienne prise le 10 mai 2024 montre la station de Burgenstock surplombant le lac des Quatre-Cantons.
Crédit : Fabrice COFFRINI / AFP
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Les États-Unis et l'Iran doivent signer ce vendredi 19 juin 2026, en Suisse, un protocole d'accord censé mettre fin à près de quatre mois de conflit au Moyen-Orient. Révélé en partie par Bloomberg, le texte de 14 points prévoit la fin immédiate des hostilités, la réouverture du détroit d'Ormuz et le lancement de deux mois de négociations sur les dossiers les plus sensibles. Car malgré l'annonce d'une percée diplomatique, plusieurs questions cruciales, à commencer par le programme nucléaire iranien, restent encore en suspens.
La cérémonie doit se tenir au Bürgenstock Resort, un complexe hôtelier de luxe situé sur une montagne helvétique dominant le lac des Quatre-Cantons, près de Lucerne. Selon le ministère suisse des Affaires étrangères, le site a été retenu par les médiateurs pakistanais et qataris, ainsi que par Washington et Téhéran, notamment parce qu'il est facilement sécurisable grâce à sa situation géographique.
Selon les informations publiées ce mercredi 17 juin par Bloomberg, le protocole repose donc sur 14 engagements. Le premier acte est la proclamation de la "fin immédiate et définitive de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban". Washington et Téhéran s'engagent également à respecter leur souveraineté respective et à négocier un accord final dans un délai de 60 jours.
Le texte prévoit aussi : la levée du blocus naval américain et le retour progressif du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz ; un engagement américain en faveur d'un plan de reconstruction et du développement économique de l'Iran, tout en garantissant un financement d'au moins 300 milliards de dollars ; la levée progressive des sanctions visant Téhéran ; le déblocage d'avoirs iraniens gelés à l'étranger ; la création d'un mécanisme chargé de contrôler l'application de l'accord final.
Sur le nucléaire, le texte indique que l'Iran réaffirme qu'il "ne produira jamais d'armes nucléaires". En revanche, les modalités concrètes de contrôle et les limites imposées au programme nucléaire iranien sont renvoyées aux futures négociations.
Sur le papier, les 14 points dévoilés par Bloomberg dessinent les contours d'une désescalade spectaculaire entre Washington et Téhéran. Dans les faits, ils repoussent surtout les décisions les plus délicates à plus tard.
Le protocole prévoit en effet une période de négociations de 60 jours destinée à régler les questions laissées volontairement en suspens, notamment le programme nucléaire iranien, les mécanismes de contrôle internationaux ou encore le calendrier précis de levée des sanctions américaines.
Pour Thierry Coville, chercheur à l'IRIS et spécialiste de l'Iran, l'essentiel reste donc à négocier. "La grande question, c'est les détails. Quels sont les mécanismes en matière d'enrichissement d'uranium ? Les Américains disent à l'Iran, on vous demande 20 ans de suspension d'enrichissement d'uranium. C'est-à-dire pendant 20 ans, on est sûr au moins qu'ils ne tenteront pas d'arriver à la banque nucléaire. Les Iraniens disaient de leur côté, nous on veut 5 an", a expliqué le chercheur, ce mercredi, au micro de RTL.
Thierry Coville a également souligné l'enjeu des contrôles internationaux : "Quels vont être les mécanismes de contrôle ? Le rôle des inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique ? Il faudra bien que quelqu'un contrôle les engagements, notamment du côté iranien."
Si l'annonce de cet accord a été saluée par de nombreux dirigeants et par les marchés financiers, plusieurs signaux montrent que les tensions restent vives dans la région.
Au Liban, des frappes israéliennes ont encore visé le sud du pays ces derniers jours malgré la perspective d'un cessez-le-feu. L'armée iranienne a de son côté menacé d'une "réponse sévère" si Israël poursuivait ses opérations contre le Hezbollah.
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a également affiché sa prudence. Selon plusieurs médias, il a prévenu que les forces israéliennes resteraient déployées au Liban, en Syrie et à Gaza "aussi longtemps que nécessaire".
Et malgré l'optimisme affiché par Washington, les deux camps restent aussi méfiants. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rappelé que les précédentes tentatives de négociation avaient été interrompues par des frappes israélo-américaines.
De son côté, Donald Trump a averti, ce mercredi, qu'il n'hésiterait pas à reprendre les bombardements si l'Iran ne respectait pas ses engagements : "Si cela ne me convient pas, s'ils ne se tiennent pas à carreau, nous recommencerons à larguer des bombes en plein sur leur tête", a-t-il déclaré selon le New York Times.
Autant d'avertissements qui illustrent la fragilité du processus diplomatique. Vendredi, à Bürgenstock, Américains et Iraniens signeront peut-être un texte commun. Mais la stabilité de la région dépendra surtout de leur capacité à faire vivre cet accord dans les semaines qui suivront notamment pendant les 60 jours de négociations.
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