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Avec ou sans péage, le chantier du déminage, une mission de sécurisation à orchestrer... Comment va se dérouler la réouverture du détroit d'Ormuz

Le détroit d’Ormuz, passage clé pour le commerce mondial des hydrocarbures, doit rouvrir progressivement après l’accord conclu entre Washington et Téhéran. Mais entre opérations de déminage, divergences entre alliés et prudence des armateurs, le retour à une circulation normale reste suspendu à des garanties de sécurité concrètes.

Des navires au large de la plage de Suru, à Bandar Abbas, dans le détroit d'Ormuz, le 1er juin 2026.

Crédit : AMIRHOSSEIN KHORGOOEI / ISNA / AFP

Eléonore Aparicio

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Le protocole d'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient ouvre la voie à la réouverture progressive du détroit d'Ormuz, l'une des routes maritimes les plus stratégiques au monde. Ce passage étroit entre le Golfe Persique et l'océan Indien assure habituellement le transit d'environ 20% des hydrocarbures mondiaux. 

Si de nombreux détails du texte n'ont pas encore été rendus publics, le vice-président américain JD Vance a ainsi déclaré à CNBC que les États-Unis s'attendaient à ce que le détroit soit "ouvert gratuitement sur le long terme", excluant l'idée d'un péage imposé aux navires commerciaux lancée par l'Iran. Selon lui, cette question devra être réglée dans le cadre des négociations techniques qui accompagneront la mise en oeuvre de l'accord. 

À défaut d'un péage, le porte-parole de la diplomatie iranienne, a assuré que l'accord inclut la mise en place de frais facturés par l’Iran pour la navigation dans le détroit d’Ormuz, ainsi que pour des services liés à "la protection de l'environnement" et à "l’assurance des navires".

La menace des mines marines

La priorité immédiate est le déminage. La communauté internationale veut s'assurer qu'aucun engin explosif ne menace les pétroliers, méthaniers et porte-conteneurs qui empruntent quotidiennement ce corridor maritime. Ainsi la France et le Royaume-Uni poussent l'idée d'une mission multinationale chargée à la fois de rassurer le trafic commercial et de conduire les opérations de déminage nécessaires.

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Paris s'est dit prêt à participer. "Le sujet qui nous préoccupe, c’est celui de la liberté de navigation", a insisté mardi sur TF1, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin. "Ce qui va se passer à Ormuz pourrait servir de précédent demain pour d'autres détroit", a-t-elle ajouté. Elle a précisé que deux chasseurs de mines étaient déjà présents "dans la zone" et "prêts à accompagner" un déminage. 

Lors de la première journée du G7, lundi 15 juin, Donald Trump a balayé la proposition européenne. "Je ne pense pas qu'on aura besoin de beaucoup d'aide, mais ce n'est pas une mauvaise idée d'avoir un ou deux navires. Vous pourriez être un bon pays pour ça", a déclaré le président américain. 

La communauté internationale prudente

Mais malgré la volonté affichée de Paris et de Londres, plusieurs alliés se montrent prudents. L’Allemagne refuse pour l’instant tout engagement automatique. Le ministre des Affaires étrangères Johann Wadephul a indiqué que Berlin ne déploierait pas son chasseur de mines Fulda tant que les conditions juridiques et politiques ne seraient pas clarifiées. Le gouvernement allemand exige notamment un mandat du Bundestag, l’absence de combats dans la zone et l’accord explicite de toutes les parties concernées.

Le Japon adopte une position similaire. Tokyo a soutenu le principe d'une mission défensive destinée à sécuriser la navigation et à conduire des opérations de déminage, mais rappelle que sa Constitution limite strictement l'usage de la force à l'autodéfense. Les autorités japonaises n'ont pas encore décidé si leurs forces pourraient participer directement à l'opération. 

Un retour à la normale encore incertain

La réouverture du détroit ne se résume toutefois pas à une simple décision politique. Après plusieurs mois de conflit, la sécurité de la zone constitue l'enjeu principal. Donald Trump a affirmé que le passage serait "complètement ouvert" dès vendredi, jour de la signature officielle de l'accord à Genève. Il a ajouté que des opérations de ratissage étaient déjà en cours. 

Des responsables américains reconnaissent néanmoins que le retour à la normale pourrait prendre plus de deux semaines, écrit le Wall Street Journal. Le temps de sécuriser totalement la voie maritime et de restaurer la confiance des armateurs. 

Le directeur général de la compagnie japonaise Mitsui O.S.K. Lines, l'une des trois plus grandes compagnies maritimes japonaises, a confié au Financial Times que les armateurs ne reprendront pas leurs activités dans la région tant qu'ils ne seront pas convaincus que l'accord entre les États-Unis et l'Iran est "concret". 

"Ce qu’il faudra mettre en place, ce n’est pas simplement un accord entre les pays concernés, mais une mesure concrète qui se traduise par une réalité sur le terrain dans le détroit d’Ormuz, afin que les compagnies maritimes puissent traverser en toute sécurité", a-t-il confié en ajoutant que "cela pourrait prendre au moins deux semaines, voire un mois". 

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