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Carburant - pompe à essence. (Illustration)
Crédit : Valentine CHAPUIS / AFP
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L'annonce d'un accord entre les États-Unis et l'Iran a provoqué un soulagement immédiat sur les marchés de l'énergie. Après plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient et une fermeture prolongée du détroit d'Ormuz, point de passage de 20% des exportations d'hydrocarbures, les cours du pétrole ont amorcé une nette décrue. Le pétrole Brent est passé sous les 80 dollars, mardi 16 juin, pour la première fois depuis mars.
Le protocole d'accord entre Washington et Téhéran qui doit être signé vendredi 19 juin prévoit la réouverture complète du détroit d'Ormuz. Le directeur exécutif de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), Fatih Birol, a salué une "grande nouvelle pour l'économie mondiale et les marchés de l'énergie", appelant à une "réouverture totale et sans condition" du détroit afin que les hydrocarbures puissent "recommencer à circuler à destination de l'Asie et au-delà".
Selon l'AIE, le conflit a provoqué la plus grave perturbation énergétique jamais enregistrée, avec plus de 14 millions de barils par jour retirés du marché mondial pendant plusieurs semaines.
Les automobilistes commencent déjà à ressentir les effets de cette annonce. En France, le gazole est repassé sous la barre symbolique des 2 euros le litre. Si les prix à la pompe devraient continuer à reculer dans les prochaines semaines, un retour rapide aux niveaux d'avant-crise paraît peu probable. L'accord entre les États-Unis et l'Iran reste préliminaire. Une période supplémentaire de négociations de 60 jours doit encore permettre d'en préciser les modalités.
Surtout, la reprise du trafic maritime ne sera pas instantanée. Des dizaines de pétroliers restent immobilisés et les armateurs attendent des garanties de sécurité avant de reprendre un trafic normal dans la zone. "Cela pourrait prendre au moins deux semaines, voire un mois", a indiqué au Financial Times, le directeur général de la compagnie japonaise Mitsui O.S.K. Lines, l'une des trois plus grandes compagnies maritimes japonaises.
Carburants : Philippe Casbas est l'invité de RTL Petit Matin
00:05:46
Invité de RTL mardi 16 juin, le nouveau président d'Ufip Énergies et Mobilités, Philippe Casbas, explique que les marchés financiers n'ont pas attendu la signature officielle de l'accord pour chuter. "Les marchés ont anticipé dès la semaine dernière l'annonce d'un accord (...) Le prix du baril a commencé à amorcer une descente", explique-t-il
Le représentant des industriels pétroliers appelle toutefois à la prudence. "Il est nécessaire de sécuriser le détroit. Il ne s'agit pas simplement de faire un effet d'annonce. Il faut que les tankers puissent passer en sécurité". Pour lui, la baisse des prix à la pompe est bien engagée. "Mécaniquement, si le brut baisse, les prix à la pompe vont baisser", assure-t-il. Mais il se refuse à toute prévision sur le calendrier exact d'un retour aux prix d'avant-guerre.
Pendant le conflit, les attaques de drones et de missiles n'ont pas seulement perturbé les exportations de brut, elles ont également touché des infrastructures de raffinage dans plusieurs pays du Golfe, ainsi que des installations gazières et pétrochimiques. Selon l’Agence internationale de l’énergie, plus de 14 millions de barils par jour de production pétrolière restent suspendus, soit près de 14% de la demande mondiale.
Des raffineries ont été endommagées en Arabie saoudite, en Irak, en Israël ou encore en Iran. D'autres ont été arrêtées préventivement faute de pétrole disponible ou par mesure de sécurité. Selon des spécialistes cités par Reuters, les raffineries du Golfe devraient retrouver qu'environ 95% de leurs capacités dans un délai de 40 à 60 jours. Les réparations complètes pourraient nécessiter plusieurs mois supplémentaires et des dizaines de milliards de dollars d'investissements.
Durant les mois de fermeture du détroit d'Ormuz, les pays consommateurs ont puisé massivement dans leurs réserves stratégiques. Dans un rapport publié mercredi 17 juin, l'Agence internationale de l'énergie indique que les stocks de pétrole des pays de l'OCDE ont atteint leur plus bas niveau depuis 1990. "Malgré la baisse significative de la demande de pétrole (...), les réserves continuent de s'éroder à un rythme record", explique-t-elle.
Une fois les flux rétablis, les États-Unis et les compagnies pétrolières chercheront à reconstituer ces réserves. Une partie du pétrole remis sur le marché ne sera donc pas immédiatement disponible à la consommation courante. Cette demande supplémentaire risque de maintenir une pression sur les cours, même si ceux-ci restent orientés à la baisse.
Sauf nouvelle dégradation géopolitique, les automobilistes devraient bien voir leur facture s'alléger cet été. En revanche, retrouver rapidement les prix d'avant la guerre relève encore, pour l'heure, de la boule de cristal.
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