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Caroline Lang et Jeffrey Epstein
Crédit : Capture d'écran BFMTV/AFP
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"Ce n'était pas un intime, c'était un ami". Face aux nombreuses questions qui se posent sur ses liens d'intérêt passés avec le criminel sexuel Jeffrey Epstein, Caroline Lang, fille de l'ancien ministre de la Culture Jack Lang, a tenu à "rétablir la véracité des faits" sur le plateau de BFMTV dans la soirée du 5 février.
Trois jours plus tôt, elle avait annoncé démissionner de son poste de déléguée générale du Syndicat de la production indépendante (SPI), à la suite de révélations de Mediapart, qui a publié une enquête, s'appuyant sur des documents de la justice américaine, révélant qu'elle avait fondé en 2016 une société "offshore" avec l'homme d'affaires américain.
Dans un communiqué, Caroline Lang a qualifié Jeffrey Epstein, qui lui a été présenté en 2012, de "connaissance" et de "mécène généreux" dont "l'idée de constituer un fonds, parfaitement légal, destiné à favoriser l'acquisition d'œuvres" lui avait semblé "pertinente". Assurant n'avoir perçu "aucune rémunération, ni aucun bénéfice de ce fonds", elle affirme avoir démissionné de toute fonction liée à cette structure "dès que les agissements de Monsieur Epstein" ont été révélés.
"En 2014, raconte-t-elle, monsieur Epstein me dit que, si je vais sur Google, je vais peut-être voir une chose sur lui qui ne va pas me plaire. Je vais sur Google et je tombe sur un seul article, pas des articles, mais un seul article d'un journal de Floride qui mentionne que M. Epstein a été condamné à 13 mois de prison pour avoir sollicité une prostituée de 16 ans pour un massage." La victime avait 14 ans à l'époque des faits.
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"Ma réaction, poursuit-elle, je suis horrifiée. Je lui dis 'c'est absolument dégueulasse ce que tu as fait, c'est immonde, comment tu as pu faire une chose pareille ?'. Et il me répond : 'oui, c'est horrible, je le regrette amèrement, j'ai payé ma dette, j'ai été 13 mois en prison. J'ai indemnisé la victime et je me suis fait soigner". et qu'on a indemnisé sa victime, et il a passé 13 mois en prison, on a droit à une seconde chance."
Caroline Lang affirme avoir longuement évoqué le sujet avec Jeffrey Epstein. "J'ai une vraie discussion avec lui, bien sûr. Mais je pense que dans la vie, quand on va en prison, quand on a fait des vols, etc. On a sa peine de prison et après une peine de prison, c'est ça la prison". J'avais lu que c'était une fille de 16 ans et que c'était un massage et que ce n'était pas un viol".
Jeffrey Epstein s'est suicidé en 2019. Avant sa mort, il a signé un document, une sorte de testament qui indique qu'il lèguera 5 millions d'euros à Caroline Lang. "Je l'ai appris dimanche par Fabrice Arfi de Mediapart, qui m'a montré le testament", affirme Caroline Lang. "J'ai été stupéfaite, jamais personne ne m'a envoyé ce testament, que ce soit les autorités de la justice américaine ou les avocats de M. Epstein. Je n'en avais pas la moindre idée, je n'ai rien touché."
"Je connais bien la psyché de l'Amérique, c'est un système totalement différent du nôtre, assure-t-elle. Nous, en France, on fait hériter sa famille. Aux États-Unis, de nombreuses personnes font hériter des amis, des fondations. Jeffrey Epstein donnait beaucoup d'argent à des universités américaines pour de la recherche. Je pense qu'il avait de l'affection pour moi, il voyait que j'étais une mère seule, avec deux enfants, que je travaillais énormément et j'élevais seule mes deux filles. C'est ma seule explication. Je pense qu'il a voulu être généreux avec moi".
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Dans un mail, Jeffrey Epstein a écrit : "J'ai l'impression de faire partie de votre famille". "C'était un ami, répond Caroline Lang, ce n'était pas un intime. Il n'était pas du tout dans mon cercle proche d'amis. C'était son sentiment à lui. Ce n'était pas un intime, c'était un ami, je ne dirais pas le contraire. C'était quelqu'un de sympathique".
Jamais elle n'a soupçonné les actes que l'on découvre depuis l'éclatement de l'affaire. "Moi, mon explication, c'est que les prédateurs sexuels, on voit bien dans l'affaire Pelicot, c'est des gens qui ont évidemment des doubles personnalités, qui cloisonnent qui cachent bien leur jeu, qui montrent des doubles visages".
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