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2 min de lecture
Vladimir Poutine et Xi Jinping le 4 février 2022.
Crédit : Alexei Druzhinin / Sputnik / AFP
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La grande gagnante du conflit au Moyen-Orient, c’est la Russie. Les perspectives du troisième exportateur mondial de gaz et de pétrole se sont éclaircies du jour au lendemain.
Au début de l’année 2026, c’était pourtant l’asphyxie progressive. En janvier, les recettes d’hydrocarbures russes étaient au plus bas depuis 2020. Le financement de la guerre d’Ukraine devenait de plus en plus compliqué, sous l’effet des sanctions occidentales renforcées.
Près de 130 millions de barils d’or noir russe voguaient sur des navires sillonnant les mers du globe, à la recherche d’acheteurs qui forçaient les prix à la baisse. Tout change avec la guerre du Moyen-Orient et la montée du cours du baril à plus de 110 dollars ce matin.
Moscou trouve maintenant preneur pour ses hydrocarbures. La paralysie du trafic à Ormuz lui ouvre de nouveaux marchés en Asie, très dépendante du Moyen-Orient. Dans le même temps, Trump a considérablement allégé les sanctions, pour faire baisser la pression sur les marchés mondiaux du pétrole.
Le président américain a autorisé l’Inde à racheter le pétrole de Poutine ce mercredi 4 mars. Il a aussi autorisé l’Allemagne à se fournir auprès des raffineries allemandes du russe Rosneft, après la visite du chancelier Merz le 3 mars dernier. Le baril d’Oural se vend désormais avec un discount plus faible qu’avant la guerre d’Iran, de l’ordre de 1 à 5 dollars, contre 10 il y a peu de temps.
La situation s’est tellement retournée que Poutine se paye le luxe de menacer l’Europe d’arrêter ses livraisons de gaz (13% de ses approvisionnements) avant même l’interdiction fixée par Bruxelles en 2027.
Au vu du faible stock d’armes et de munitions aux États-Unis pour bombarder l’Iran, la fourniture d’armements à l’Ukraine va immanquablement ralentir. L’attention de la planète s’est tournée vers Téhéran. La guerre d’Ukraine et ses négociations bloquées sont passées au second plan, au grand plaisir de la Russie.
De son côté, la Chine est pénalisée comme tous les importateurs de pétrole. L'État a demandé aux Iraniens de lever leur blocus pour permettre la reprise des livraisons en Asie. Mais le pays peut tirer avantage de tout cela sur le moyen terme. Les opérations de Trump en Iran et au Venezuela légitiment son désir de prendre le contrôle politique de l’île de Taiwan et d’en changer le régime.
Xi Jingping, le chef de l’État, est très désireux d’accomplir ce qu’il appelle la "réunification" des deux Chine et de faire ainsi main basse sur le trésor de Taïwan : les usines de production de semi-conducteurs. Cela lui donnerait un levier considérable sur l’Occident.
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