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Les factures de gaz pourraient être impactées par l'embrasement au Moyen-Orient
Crédit : AFP
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Le prix du gaz sera-t-il la conséquence économique la plus perceptible pour le portefeuille des Français après l'embrasement au Moyen-Orient ? Ce lundi 2 mars, la principale unité de production de gaz qatarie a suspendu son activité et ses livraisons internationales, en invoquant pour la première fois un cas de force majeure. Elle avait été attaquée le matin même par des drones iraniens.
Or, le Qatar est le deuxième producteur mondial de gaz et fournit 20% de la consommation planétaire. Non seulement ses unités sont à l’arrêt, mais il ne peut exporter son gaz liquéfié que par le détroit d’Ormuz, dans le Golfe persique, aujourd’hui de facto interdit à la navigation.
Ce blocage a entraîné le bondissement du cours du gaz de près de 50%, avant de se replier un peu. On était à 44 euros le mégawatt contre 30 à 33 les jours précédents. C’est la plus forte hausse depuis l’invasion de l’Ukraine.
La hausse du gaz pourrait ainsi être la conséquence économique la plus importante de cette guerre, et provoquer un choc majeur en Europe. Bien que la majeure partie du combustible produit au Moyen-Orient parte en réalité en Asie, les marchés sont interconnectés.
Si l’Asie ne trouvait plus le gaz qu’il lui faut dans les pays du Golfe, elle se tournerait évidemment vers les autres fournisseurs. Autrement dit, une source de perturbation dans une région du monde se traduit par des tensions sur les prix dans les autres provinces.
De plus, l'Europe a des stocks très bas, de l’ordre de 20% seulement en France et en Allemagne. Pour rappel, le gaz est stocké avant l’hiver dans des anciennes carrières et des cavernes, sous le sol.
Aujourd’hui, le Qatar ne fournit que 7% du gaz européen, mais cette part devait sensiblement augmenter à partir de cette année, notamment en France. Un moyen de compenser l’arrêt des importations de gaz russe à cause de l’invasion de l’Ukraine.
Pour échapper à la Russie, les pays européens tombent dans le piège de la guerre au Proche-Orient. Pour se rassurer, nous avons toujours d'autres fournisseurs : les États-Unis d’abord, puis la Norvège. Mais la réalité est là : on ne produit quasiment pas de gaz en Europe.
Nous sommes donc dépendants des autres et de leurs accidents. Même si les producteurs américains comme Cheniere ont annoncé l'augmentation de leur production dans la nuit du 2 au 3 mars 2026, il n’y a pas moyen de remplacer du jour au lendemain les capacités qataries.
Au sujet des conséquences sur les factures de gaz, tout dépend de votre contrat. Sur les dix millions de foyers raccordés au réseau, plus de la moitié d’entre eux ont des contrats à tarifs indexés, ce qui les expose aux variations des cours. De grosses augmentations sont donc possibles si la crise dure. Pour les autres, pas de changement avant l’échéance.
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