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"Habiter Dubaï, c’était quitter la Terre et ses problèmes" : pour François Lenglet, la guerre au Moyen-Orient signe la fin du mirage de l'émirat

Plébiscité pour son attractivité fiscale depuis plusieurs années, le petit émirat subi de nombreux tirs de missiles de l'Iran depuis le début du conflit au Moyen-Orient ce samedi 28 février 2026.

Un dauphin est photographié au large de Palm Jumeirah à Dubaï le 5 mars 2026.

Crédit : AFP

"Habiter Dubaï, c'était quitter la vieille Terre et ses problèmes" : pour François Lenglet, la guerre au Moyen-Orient signe la fin du mirage de l'émirat

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"Habiter Dubaï, c'était quitter la vieille Terre et ses problèmes" : pour François Lenglet, la guerre au Moyen-Orient signe la fin du mirage de l'émirat

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François Lenglet - édité par Ennio Aparicio-Szkudlarek

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Dubaï va-t-il réussir à se relever de la guerre ? Pas sûr, car bon nombre des centaines de milliers d’expatriés venus de Russie, d’Asie ou d’Europe s’étaient installés dans ce petit émirat pour échapper au réel. Parmi eux, on compte plusieurs dizaines de milliers de Français.


Or, avec la guerre en Iran, ce réel s’est brutalement rappelé à eux. Le risque de perdre la vie à cause d’une attaque de missile ou de drone les pousse aujourd’hui à quitter l’émirat au plus vite.

Si cette cité échappe à la réalité, c'est parce qu'il n'y a pas d’impôt sur le revenu, pas de TVA, ni de taxe foncière. Sans insécurité et changement climatique, Dubaï consomme l’énergie sans retenue, au point d’avoir installé une piste de ski enneigée sous un dôme hermétique malgré les 40 degrés ambiants. Pas de politique : tout est dirigé par l’émir du coin et ses caméras de surveillance. 

Le paradis fiscal attirait le monde entier

Habiter Dubaï, c’était comme quitter la vieille terre et ses problèmes. Il existe bien une économie réelle dans ce territoire de 4.000 km carrés, grand comme les Alpes-Maritimes, peuplé par 3 millions d’habitants dont 80% d'étrangers. 

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D'un côté, les cohortes d’émigrés fortunés à la recherche du paradis fiscal. De l'autre, l’armée des ombres venue du Bangladesh, qui font quand même 4 à 5% de croissance par an. Son économie correspond à peu près à celle de l’Autriche. Elle est bien sûr soutenue par les revenus pétroliers, mais aussi d’autres secteurs, grâce à l’attraction phénoménale de Dubaï.

À écouter

Mohammed Ben Rachid Al Maktoum, l'émir de Dubaï confronté à la guerre pour la première fois

00:02:58

Il y a le tourisme (la ville est un gigantesque centre commercial), l’immobilier, puisque les prix du mètre carré ont augmenté de 70% depuis quatre ans, la finance et la tech, où bon nombre de start-up sont venues profiter du régime fiscal et des connexions avec l’économie monde, et la logistique, le pays étant un hub géographique entre l’Asie et l’Europe.

Proximité géographique dangereuse avec l'Iran

Cette idylle est en péril aujourd'hui. La pérennité de l'émirat s'est construite sur une idée qui paraît baroque : l’Iran, régime le plus dingue et terroriste au monde, situé à une centaine de kilomètres à vol d’oiseau seulement de Dubaï, n’attaquerait jamais un pays arabe. On voit bien que c’était une erreur. Dubaï ne peut pas se défendre : il n’y a même pas d’abri anti-missile sur le territoire.

L’attractivité du territoire va donc diminuer. En attendant, les expatriés qui étaient hors de Dubaï au moment du déclenchement de la guerre et ne peuvent y retourner sont pris d’une angoisse : s’ils n’atteignent pas le quota de 183 jours passés là-bas dans l’année, ils vont être rattrapés par le fisc de leur pays d’origine, et payer des impôts. On ne se rend pas compte de ce que la guerre cause comme souffrance.

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