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Des cargos au large de Fujairah, ville des Emirats Arabes Unis, dans le détroit d'Ormuz.
Crédit : Giuseppe CACACE / AFP
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Le détroit d'Ormuz est un passage maritime stratégique où transitent 20% du pétrole mondial et une part identique du gaz. Avec l'Iran, les Émirats arabes unis et Oman comme pays côtiers, il est essentiel au commerce entre l’Europe, le Moyen-Orient et l’Asie. C’est en fait le prolongement du Canal de Suez.
Après les frappes en Iran, les Gardiens de la Révolution islamique ne l’ont pas formellement bloqué. Ils n’en ont d’ailleurs pas vraiment les capacités, car la marine iranienne, en partie détruite par les frappes américaines ces dernières heures, est très affaiblie.
Pourtant, le trafic maritime est quasiment suspendu. L'ensemble des grands armateurs mondiaux, dont le français CMA-CGM, le danois Maersk ou encore Hapag-Lloyd, ont annoncé la déviation de leurs navires pour éviter ce coupe-gorge maritime.
Plus de 150 navires sont bloqués dans le Golfe de peur de subir une attaque. Parmi eux, des tankers saoudiens, irakiens et méthaniers du Qatar. Trois bateaux ont été attaqués ce dimanche 1 mars. Les risques d'être pris pour cible sont élevés, soit par les Iraniens, soit par leurs alliés Houthis du Yémen. Ils peuvent même être sous la menace d'un missile perdu, au vu de l’activité intense ces derniers jours.
De leur côté, les assureurs ont indiqué ce week-end la suspension de toutes les polices d’assurance maritime. Une très forte augmentation des tarifs est attendue ce lundi 2 mars. En effet, le prix pour assurer un navire qui traverse le Golfe Persique est habituellement égal à 0,25% du coût de remplacement du bateau. Si les navires peuvent valoir 100 millions de dollars, cela signifie une prime d’assurance à 250.000 dollars, qui devrait augmenter de 50%.
D’autres voies de transport sont possibles. Les armateurs contournent l'Afrique et passent désormais par le Cap de Bonne-Espérance. Cela représente 5.000 km de navigation et six jours de transport supplémentaires, et un demi-million de dollars de surcoût par voyage.
L'Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis ont aussi des oléoducs qui permettent d’acheminer l’or noir sans passer par le détroit, mais les capacités ne sont pas suffisantes pour une substitution totale. Les conséquences sur le prix du pétrole se font ressentir dès ce lundi matin. Le prix du baril de Brent a fait un bond à l’ouverture, pour atteindre 77,50 dollars. Il était estimé à 62 dollars début janvier. Ce n'est pas une explosion pour autant.
Le paradoxe est que le marché du pétrole connaît une offre excédentaire. Il n’y aucun problème pour trouver les 100 millions de barils par jour dont le monde a besoin. Cette hausse est le prix de la peur. Elle est amplifiée par les mécanismes psychologiques des marchés financiers, qui sont des moutons de panurge. C’est bien là-dessus que comptent les mollahs de Téhéran pour exprimer leurs capacités de nuisance.
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