3 min de lecture Donald Trump

Trump : "Parfois, je regrette que Jeb Bush ne soit pas président", dit Philippe Corbé

TÉMOIGNAGE - Le correspondant de RTL aux États-Unis, Philippe Corbé, a vécu cette première année sous l'ère Trump et raconte sur "RTL.fr" ses impressions en tant que journaliste français au pays de la démesure.

Donald Trump dans le Maryland le 18 janvier 2018
Donald Trump dans le Maryland le 18 janvier 2018 Crédit : Mandel NGAN / AFP
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La rédaction numérique de RTL

Donald Trump fête sa première année à la Maison Blanche. Pendant la campagne présidentielle et durant les douze premiers mois de sa prise de fonctions, le correspondant de RTL aux États-Unis, Philippe Corbé, a suivi les moindres faits et gestes du président imprévisible. Il en a fait un ouvrage : Trumpitudes et Turpitudes

Un an après l'investiture du 45e président des États-Unis, le journaliste français installé de l'autre côté de l'Atlantique raconte sur RTL.fr son expérience et ses impressions sur cette première année : 

"Tout le monde a oublié que le fils fade et sans charisme du premier président Bush, qui a rongé son frein pendant les 8 années de son frère aîné à la Maison Blanche, était le grand favori du parti républicain pour affronter Hillary Clinton. Tout le monde présidait déjà l’affiche du combat final sans saveur. 

C’était en juin 2015. Je préparais alors mes cartons dans mon appartement d’Aubervilliers, avant mon déménagement à New York pour reprendre le bureau de RTL, lorsqu’un après-midi, après ma sieste post-matinale, j’ai regardé avec curiosité et un certain amusement sur CNN la déclaration de candidature de Donald Trump. L’idée que ce milliardaire tonitruant, que j’apercevais régulièrement à la télévision lors de mes séjours aux États-Unis, qui était la cible régulière des humoristes des émissions de fin de soirée, puisse sauter le pas et déclarer officiellement sa candidature me réjouissait. Oui. Même si je n’avais aucune sympathie particulière pour les polémiques qu’il alimentait.

Oui, lorsqu’il a descendu en direct l’escalator de la Trump Tower décorée de marbre, je trouvais ça plutôt drôle. Quand il a accusé les Mexicains d’être des violeurs, un peu moins. Comme avant la présidentielle de 2000, comme avant celle de 2012, le milliardaire de la 5e Avenue cherchait probablement à phagocyter pendant quelques mois l’exposition médiatique de la campagne pour promouvoir sa marque, c’est à dire lui-même. Rares sont ceux qui pensaient alors que sa candidature tiendrait jusqu’aux primaires. 

"Vraiment, j’ai de la chance", c’est ce que je me disais. Donald Trump va secouer un peu le débat politique avant la soporifique campagne annoncée entre Jeb Bush et Hillary Clinton, frère et épouse de présidents.

C’est lors de son discours à Cleveland, 13 mois plus tard, que j’ai compris pour la première fois que Donald Trump pouvait vraiment être élu. Pourtant, je l’avais suivi pendant la campagne des primaires sur les routes enneigées de l’Iowa et du New Hampshire, et celles plus ensoleillées de Floride, j’avais écouté ses discours, traité ses annonces parfois provocatrices, observé la facilité avec laquelle il s’était débarrassé d’adversaires plus expérimentés (dont Jeb Bush, "low energy", ou "basse énergie" comme il l’appelait). 

Mais jusqu’à ce discours de Cleveland, je n’avais jamais pensé qu’il pourrait vraiment être élu.

Pour la première fois cette nuit-là, en quittant l'Arena jonchée de milliers de ballons rouges blancs et bleus, une fois passés mes directs pour RTL Matin, en buvant un verre avec un collègue, je me suis demandé à quoi pourrait ressembler ma vie de correspondant sous une éventuelle présidence Trump. 

Arrêterait-il de tweeter à l’aube pour insulter tel ou tel journaliste ? Serait-il moins spontané dans son expression et plus discipliné dans son action ? Saurait-il rassembler les Américains sur les nerfs après une campagne particulièrement violente ? 

Oui, quelle chance ce serait de couvrir une présidence Trump, forcément surprenante et historique. Pour un journaliste, l’imprévu a toujours plus de saveur que le prévisible. Mais jamais je n’aurais imaginé ce qui m’attendait. "

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2018-01-20 07:45:00
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