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Trump et les républicains en difficulté avant les midterms : pourquoi l'avance des démocrates dans les sondages ne garantit rien

À moins de deux semaines des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, les sondages se multiplient. S'ils démontrent pour la plupart un mécontentement vis-à-vis du parti républicain et de la politique de Donald Trump, ces prévisions ne font pour autant pas office de prophéties.

Le Capitole, qui abrite le Congrès américain à Washington DC, le 11 mars 2014

Crédit : MARK WILSON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Marie-Lys de Fremond

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À deux semaines des élections de mi-mandat qui se dérouleront aux États-Unis le 3 novembre 2026, les sondages se multiplient pour tenter de prédire le parti vainqueur. Si ces derniers placent le parti bleu des démocrates comme favori, il semble pourtant que les prédictions de votes ne peuvent pas être considérées comme certaines.

Cette année, les 435 membres de la Chambre des représentants (chambre basse) sont renouvelés, tandis que 35 des 100 sénateurs (chambre haute) vont être remplacés. Tous les électeurs américains, soit près de 250 millions de personnes, sont appelés à voter. Si les élections des représentants se font par circonscriptions, celles des sénateurs sont organisées par État. 

Selon le sondage général du Silver Bulletin du 18 octobre, les démocrates sont en avance de 9,6 points avec 51,3% des intentions de votes contre 41,7% pour les républicains. Celui-ci inclut également l'élection souvent oubliée des gouverneurs, qui se déroule elle aussi le 3 novembre et mobilisera les électeurs de 36 États. Actuellement, les républicains contrôlent 26 États sur 50, soit deux de plus que les démocrates.

Une "vague bleue" prédite, mais pas certaine

Les midterms sont traditionnellement l'occasion pour le parti qui n'est pas au pouvoir de reprendre de l'importance, après sa défaite aux présidentielles deux ans auparavant. Outre cet avantage structurel, les démocrates profitent également d'une meilleure image dans l'opinion. Un sondage de l'institut apartisan Gallup publié le 13 octobre rapporte que 51% des Américains font davantage confiance au parti libéral pour maintenir un pays prospère, soit 20 points de plus qu'en 2024. Dans la même étude, 59% des citoyens considèrent le parti républicain trop extrême, contre 43% envers le parti démocrate. 


Si les démocrates ont une certaine avance dans les prédictions des élections de la Chambre, la victoire au Sénat est moins sûre. Actuellement, la Chambre des représentant compte 219 républicains, 214 démocrates et 2 sièges vacants. Le Sénat est républicain à 53%, le reste étant composé de 45 démocrates et de 2 indépendants qui les suivent. Cela signifie que pour contrôler le Sénat avec une majorité de 51 sièges contre 49, les libéraux doivent remporter au moins 4 sièges. 


Si de nombreuses prévisions annoncent une "vague bleue" qui passerait notamment par la victoire du parti démocrate dans des États ancrés à droite comme l'Iowa, le Kansas, l'Ohio ou l'Alaska, les résultats restent incertains. Lors des derniers midterms en 2022, les sondages prédisaient une vague rouge qui n'est finalement pas arrivée. A l'époque, les républicains avaient remporté 222 sièges à la Chambre des représentants contre 213 démocrates. Mais ils avaient perdu la majorité au Sénat, alors que le parti adverse emportait 51 places, dont une imprévue. 

Les biais des sondages à prendre en compte

Même s'ils sont courant et divers, ces sondages doivent être lus avec certaines précautions. Malgré les efforts des instituts spécialisés et apartisans, leur fiabilité n'est pas à toute épreuve. En effet, comme l'explique W. Joseph Campbell, professeur Américain auteur du livre critique sur les instituts Lost in a Gallup (2020), de moins en moins de personnes participent aux sondages, ce qui fausse la fiabilité des résultats, malgré des marges d'erreur réajustées. De plus, les pratiques des instituts varient entre les appels automatisés, les SMS et les questionnaires, ce qui ne permet pas de fournir un résultat unifié. 

Autre élément à prendre en compte à la lecture de ces études : ces élections ne réunissent pas autant d'électeurs que les présidentielles. Certains participants aux sondages n'iront donc finalement pas voter. En 2022, le taux de participation s'élevait à 46,16%. Or, comme le rappellent Les Echos, si les libéraux se disent les plus enthousiastes à aller voter dans les sondages d'opinion, les jeunes, les Afro-Américains et les Hispaniques, souvent démocrates, sont dans les faits ceux qui s'abstiennent le plus lors d'élections. En 2022, les électeurs de plus de 50 ans étaient deux fois plus nombreux à aller voter que les jeunes. Or, c'est une tranche d'âge qui a tendance à voter de plus en plus républicain.  

Ces facteurs font que la situation varie beaucoup entre les échantillons interrogés et les vrais votants du jour J. Il ne faut pas non plus oublier que les votes sont irréguliers et instables, notamment dans certains États ciblés comme la Pennsylvanie ou la Floride, ces fameux "swing states". Ces derniers peuvent changer l'issue d'une élection, et ce malgré des sondages contradictoires. 

Il ne s'agit pas de l'élection de Donald Trump, mais de votes pour les républicains

Un autre argument en faveur d'une future victoire démocrate repose sur la défiance grandissante envers Donald Trump. D'après un sondage mené du 30 septembre au 5 octobre par l'agence de presse Reuters et l'institut de sondages Ipsos, 65% des Américains désapprouvent la politique du milliardaire, soit un score historiquement bas pour le président. En cause notamment, sa politique sur le coût de la vie, priorité pour 52% des Américains, ainsi que sa gestion de la guerre en Iran. 

Or, même si les midterms sont des élections traditionnellement défavorables au pouvoir en place, les sondages de 2020 et 2024 avaient déjà sous-estimé Donald Trump, notamment dans des États clefs comme le Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin. Enfin, si c'est le personnage du chef d'État qui rebute les électeurs, les midterms ne consistent pas à voter directement pour lui. Dans les esprits des votants, cela peut marquer une différence. 

Dernier détail d'importance, le parti républicain possède des fonds bien plus importants que ceux des démocrates, grâce notamment au don d'Elon Musk qui s'élève à plus de 276 millions de dollars. Fin septembre, le parti rouge avait déjà dépensé 188 millions de dollars de plus que leur adversaire dans la campagne. L'argent finance notamment les publicités des sénateurs républicains dans les États clefs, connus pour renverser les pronostics.

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