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Midterms 2026 : Texas, Iowa, Alaska... Ces États clés qui pourraient faire basculer les élections de mi-mandat aux États-Unis

À un mois des élections de mi-mandat, la bataille pour le Congrès américain se concentre sur une poignée de territoires. Des États largement remportés par Donald Trump en 2024 sont redevenus compétitifs, des démocrates doivent défendre leurs bastions tout en conquérant des sièges républicains, et quelques banlieues

Illustration du Congrès américain

Crédit : Alex Edelman / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Eléonore Aparicio

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Le 3 novembre prochain, le nom de Donald Trump ne figurera sur aucun bulletin de vote. Mais, deux ans après son retour à la Maison-Blanche, les élections de mi-mandat décideront de la marge de manœuvre dont disposera le président pour les deux dernières années de son mandat.

Les Américains renouvelleront l’intégralité des 435 sièges de la Chambre des représentants ainsi que 35 sièges du Sénat. À quelques semaines du scrutin, les républicains défendent leurs majorités dans les deux chambres : ils disposent de 53 sièges sur 100 au Sénat, contre 45 démocrates et deux indépendants qui siègent avec eux. 

À la Chambre, leur avance est encore plus étroite. Les démocrates n’ont donc besoin que d’un petit nombre de gains pour en reprendre le contrôle, tandis qu’au Sénat, ils doivent réaliser un gain net de quatre sièges.

Le champ de bataille s'élargit bien au-delà des swing states

Longtemps, la carte électorale semblait pourtant plus favorable aux républicains, notamment au Sénat. Mais à mesure que le scrutin approche, le champ de bataille s’est élargi. Des courses autrefois considérées comme relativement sûres sont devenues compétitives, jusque dans des États remportés nettement par Donald Trump en 2024

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À la Chambre aussi, la faible majorité républicaine laisse peu de place à l’erreur. Un sondage réalisé du 8 au 11 septembre auprès de 1.052 électeurs susceptibles de voter dans les 37 circonscriptions les plus compétitives donne 49 % aux candidats démocrates contre 47 % aux républicains. Donald Trump avait pourtant remporté l’ensemble de ces territoires avec cinq points d’avance en moyenne en 2024.

À un mois du vote, la bataille ne se limite donc plus aux quelques swing states habituels. De l’Iowa au Texas en passant par l’Alaska, plusieurs territoires qui semblaient hors de portée des démocrates concentrent désormais l’attention et les investissements des deux partis.

Des bastions de Trump devenus vulnérables au Sénat

Texas, Ohio, Iowa, Alaska : dans ces quatre États remportés par Donald Trump en 2024, les élections sénatoriales sont désormais assez serrées pour contraindre les républicains à y investir du temps, de l'argent et de l'énergie. Le camp présidentiel recule, y compris dans des territoires qui lui étaient acquis il y a encore deux ans. Autrement dit, des électeurs qui avaient choisi Donald Trump pourraient cette fois ne pas envoyer de républicain au Sénat.


L'Iowa illustre particulièrement cette fragilité. Le retrait de la sénatrice républicaine Joni Ernst a transformé la course en l'une des surprises de cette campagne. La républicaine Ashley Hinson y affronte le démocrate Josh Turek, ancien champion paralympique devenu élu local. Un sondage Marist publié le 22 septembre, réalisé auprès de 1.050 électeurs inscrits du 17 au 20 septembre, donne Turek à 50 % contre 42 % pour Hinson, avec une marge d'erreur de 4,4 points. Mais d'autres enquêtes montrent un duel bien plus serré : YouGov trouvait quelques jours plus tôt un écart d'un point seulement, 44 % contre 43 % en faveur de Turek. De quoi faire de l'Iowa un État désormais suffisamment compétitif pour être reclassé parmi les courses les plus disputées.

Même cas en Caroline du Nord, le départ du sénateur républicain Thom Tillis a ouvert une bataille très ouverte entre le républicain Michael Whatley, soutenu par Donald Trump, et l'ancien gouverneur démocrate Roy Cooper, qui apparaît aujourd'hui en tête. Une enquête de High Point University réalisée en septembre donne Cooper à 50 % contre 42 % pour Whatley, tandis que Rasmussen le place à 48 % contre 41 %. Une dynamique suffisamment préoccupante pour les républicains que Donald Trump s'est lui-même déplacé dans l'État à la mi-septembre pour soutenir son candidat.

Vers un basculement historique du Texas ?

En Alaska aussi, la course au Sénat s'est nettement resserrée. La démocrate Mary Peltola, ancienne représentante de l'État à la Chambre, défie le sénateur républicain Dan Sullivan dans un duel suivi de près. Les sondages de septembre livrent des lectures contrastées : Co/efficient donne Sullivan devant de trois points, Alaska Survey Research accorde quatre points d'avance à Peltola, et Fabrizio/Anzalone la place à +6. Au final, la moyenne RealClearPolling donne un léger avantage à la démocrate, avec 50,3 % contre 48 % pour Sullivan.

Dans l'Ohio, État longtemps considéré comme décisif mais nettement ancré à droite lors des dernières présidentielles, les démocrates misent sur le retour de Sherrod Brown. Ancien sénateur de l'État pendant dix-huit ans, battu en 2024, il tente de reprendre son siège face au républicain Jon Husted. Une candidature qui explique l'attention portée à cette course : fin septembre, la moyenne RealClearPolling donnait Brown à 48,2 % contre 44,2 % pour Husted, même si les sondages restent serrés, à l'image de l'enquête Quantus qui ne mesurait qu'un point d'écart, 48 % contre 47 %.

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Le cas le plus spectaculaire reste celui du Texas. L'État est l'un des piliers de la puissance républicaine américaine. Aucun démocrate n'y a remporté une élection sénatoriale depuis les années 1980. Pourtant, le républicain Ken Paxton affronte cette année une véritable compétition face au démocrate James Talarico. La moyenne des sondages compilés par RealClearPolling entre le 8 et le 22 septembre place Talarico à 47,6 % contre 44,6 % pour Paxton. Mais l'écart varie sensiblement selon les instituts : Marist trouve 50 %-44 %, tandis que Texas Southern University/YouGov et Emerson mesurent seulement 47 %-46 %. Associated Press rapporte que les républicains investissent désormais massivement pour défendre le siège, alors que le Texas ne figurait pas initialement parmi les endroits où le parti envisageait de devoir concentrer autant de ressources.

Les démocrates doivent protéger leurs sièges pour conquérir le Sénat

En plus de conquérir des territoires républicains, les démocrates doivent également défendre leur bastion dans cette campagne. Dans le Michigan, le retrait du démocrate Gary Peters ouvre une bataille très disputée entre le démocrate Abdul El-Sayed et le républicain Mike Rogers, sans l'avantage habituel du sortant. Les sondages donnent une image contrastée de la course : Big Data Poll place El-Sayed devant à 47 % contre 42 %, tandis que Torchlight Strategies donne Rogers en tête d'un point, 44 % contre 43 %.

Même cas de figure dans le New Hampshire, le retrait de la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen ouvre une course disputée entre le démocrate Chris Pappas et le républicain John Sununu. Les sondages de septembre donnent un avantage à Pappas : New York Times/Siena le place à 50 % contre 45 %, l'University of New Hampshire à 50 % contre 42 %, et la moyenne RealClearPolling fin septembre à 47,8 % contre 41,3 %.

En Géorgie, la situation s'est progressivement retournée. Le sénateur démocrate Jon Ossoff apparaissait initialement comme l'un des élus les plus vulnérables de son parti. Il avait remporté son siège de justesse en 2021 et doit cette fois le défendre dans un État où Donald Trump s'était imposé en 2024. Mais face au républicain Mike Collins, Ossoff a pris l'avantage dans les sondages. Une enquête Trafalgar réalisée mi-septembre auprès de 1 091 électeurs susceptibles de voter le donnait à 49 %, contre 43 % pour son adversaire. Une précédente enquête AARP lui accordait neuf points d'avance, à 52 % contre 43 %.

Les républicains vulnérables également à la chambre des représentants

Les républicains contrôlent la Chambre avec une avance extrêmement courte, 218 sièges contre 214 démocrates, auxquels s'ajoutent un indépendant qui siège avec les républicains et deux sièges vacants. Dans la configuration actuelle, les démocrates doivent réaliser un gain net d'au moins quatre sièges le 3 novembre pour reprendre le contrôle de la Chambre.

La situation dans l'Iowa est particulièrement inquiétante pour le parti de Donald Trump. Le président avait remporté l’Iowa de plus de 13 points en 2024. Deux ans plus tard, deux des quatre sièges de l’État à la Chambre des représentants sont pourtant considérés comme très disputés.

Dans le sud-est de l’État, la républicaine Mariannette Miller-Meeks apparaît particulièrement vulnérable. En 2024, elle n’avait conservé son siège que de 799 voix face à la démocrate Christina Bohannan. Les deux femmes s’affrontent à nouveau cette année. Autour de Des Moines, le républicain Zach Nunn est lui aussi engagé dans une course serrée.

La situation est suffisamment inhabituelle pour attirer l’attention nationale. L’Iowa n’est plus considéré depuis plusieurs années comme un véritable "swing state" et Donald Trump l’avait remporté trois fois de suite. Mais les inquiétudes autour du coût de la vie et de la situation économique ont fragilisé les républicains jusque dans certaines de leurs terres les plus favorables. Deux défaites dans l’État représenteraient déjà une grande partie des sièges dont les démocrates ont besoin pour reprendre la Chambre.

La Pennsylvanie et le Michigan au cœur de la bataille à la chambre des représentants

Plus à l’est, la Pennsylvanie et le Michigan concentrent plusieurs des élections les plus disputées du pays. Ces deux États, déjà au cœur de la présidentielle de 2024, pourraient à nouveau peser lourd dans le rapport de force à Washington.

En Pennsylvanie, plusieurs élus républicains sont sous pression, notamment autour d’Allentown, de Scranton et de Harrisburg. Dans le Michigan, la bataille se concentre notamment autour de Lansing et dans la banlieue de Detroit. Dans le 7e district du Michigan, par exemple, Donald Trump n’avait devancé Kamala Harris que de moins de deux points en 2024. Le républicain Tom Barrett doit aujourd’hui défendre son siège dans une course que le Cook Political Report considère comme particulièrement compétitive.

Ces élections locales sont d’autant plus importantes que les démocrates n’ont besoin que de quelques gains pour reprendre la majorité. Un sondage réalisé en septembre dans les 37 circonscriptions les plus compétitives du pays montre l’évolution du rapport de force : Donald Trump avait remporté ces territoires de cinq points en moyenne en 2024. Deux ans plus tard, les candidats démocrates y recueillent 49 % des intentions de vote, contre 47 % pour les républicains.

La bataille s’étend à des territoires autrefois plus sûrs

La difficulté pour les républicains est que la bataille ne se limite plus aux circonscriptions qu’ils savaient menacées. À quelques semaines du scrutin, leur parti dépense désormais de l’argent pour défendre des élus dans des territoires qui paraissaient auparavant beaucoup plus sûrs. Depuis début septembre, les principaux groupes et donateurs républicains ont ainsi injecté de l’argent dans 39 élections à la Chambre où ils n’avaient jusque-là pas prévu de dépenses importantes. Une stratégie qui traduit les inquiétudes du parti face à des sondages internes plus serrés qu’attendu.

Le phénomène touche notamment le Texas, mais aussi des circonscriptions du Midwest. Les républicains disposent d’importantes réserves financières et présentent ces dépenses comme une manière de sécuriser leur majorité. Les démocrates y voient, eux, le signe que le terrain électoral s’est élargi. À l’échelle du pays, seule une petite partie des 435 sièges de la Chambre est véritablement en jeu. Mais avec une majorité républicaine extrêmement courte, quelques défaites dans l’Iowa, la Pennsylvanie, le Michigan ou d’autres territoires devenus plus compétitifs pourraient suffire à changer le contrôle de la Chambre.

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