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Guerre en Ukraine : pourquoi la levée de sanctions de Trump contre la Russie est un coup calculé à quelques semaines des midterms

Donald Trump a exempté la Russie de nouvelles sanctions, fragilisant à nouveau l'Ukraine. Selon l'essayiste Romuald Sciora, ce coup politique est loin d'être improvisé.

Donald Trump le 27 mai 2026

Crédit : WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Juliette Vignaud

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Nouveau camouflet pour Volodymyr Zelensky. Le président américain Donald Trump a exempté la Russie des nouvelles sanctions prévues par le Graham Act, une loi pourtant récemment adoptée par le Congrès, dans un décret publié par la Maison Blanche vendredi 16 octobre au soir. Ce texte, promulgué mi-septembre, constituait la première action majeure du Parlement américain contre Moscou depuis le retour du milliardaire américain au pouvoir.

Pour le président ukrainien, cette décision est un "encouragement" pour Vladimir Poutine. "Une mise en veille des sanctions américaines, un allègement de la pression sur l'agresseur, des récompenses financières pour Poutine - tout cela ne fait que l'encourager à continuer d'attaquer", a-t-il déploré. Moscou, de son côté, s'est félicité d'un "moment historique". 

Cette annonce intervient au moment même où l'Ukraine redoute d'être lâchée par son allié américain, sur fond de bras de fer entre les deux pays. Le dirigeant républicain tente en effet d'imputer à Kiev, et notamment à ses frappes contre des raffineries russes, la responsabilité de la flambée des prix des carburants, pourtant principalement provoquée surtout par la guerre contre l'Iran. 

Des tensions au plus haut entre Washington et Kiev

La relation déjà houleuse entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump traverse depuis quelques jours une nouvelle crise aiguë. Le chef d'État américain a annoncé début octobre avoir conclu un accord avec Vladimir Poutine, visant à lever certaines sanctions afin d'importer de grandes quantités de diesel russe. Depuis, Kiev déplore ne plus être averti par Washington d'attaques russes imminentes, faisant notamment part de restrictions dans l'utilisation des services satellitaires de l'entreprise d'Elon Musk, SpaceX. 

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"Si on reprend tout ce qui s'est passé depuis une semaine, il n'y a aucune surprise", analyse l'essayiste franco-américain Romuald Sciora pour RTL.fr, écartant l'idée d'une volte-face du président américain. Selon lui, Donald Trump "n'a jamais pu sentir Zelensky et ses faveurs ont toujours été pour Poutine". "Depuis le départ, il n'y a jamais eu d'infléchissement." 

D'après le politologue, cette succession d'annonces répond d'abord à un calendrier politique interne, à l'approche des élections de mi-mandat (midterms). "Ce deal sur le diesel lui permet de prétendre auprès de ses électeurs MAGA qu'il a trouvé une solution aux problèmes de prix à la pompe", souligne-t-il. Et le narratif est tout trouvé : "dire que si les tarifs flambent, c'est la faute du méchant Zelensky".

Vers un "partage" stratégique de l'Ukraine ?

Plus largement, Romuald Sciora y voit la concrétisation d'une stratégie théorisée par l'administration Trump, qui vise "un partage de l'Ukraine". Selon l'expert, le président américain continuera de faire des concessions à Moscou, sans pour autant provoquer l'effondrement total de Kiev. 

"L'objectif des Américains est de faire des concessions à Poutine car Trump veut absolument un partenariat de long terme avec la Russie, tout en maintenant une Ukraine qui résiste un tant soit peu", explique-t-il. In fine, le président américain souhaite "se dresser comme le garant de nouvelles de frontières de l'Ukraine, après en avoir vendu une partie à Poutine. Et en échange de cette protection, il obtiendra un accès illimité aux matières premières ukrainiennes". 

D'autres voltefaces de la Maison-Blanche sont ainsi à prévoir. C'est en tout cas la conviction de Volodymyr Zelensky, considérant que la levée de sanctions allait se poursuivre.  "Je pense que c'est seulement le début et cette mesure concernant la loi Lindsey [Graham] n'est pas la fin de l'histoire."

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