1. Accueil
  2. Actu
  3. International
  4. Terrorisme : les prévisions peu encourageantes des spécialistes pour 2017
3 min de lecture

Terrorisme : les prévisions peu encourageantes des spécialistes pour 2017

Le média spécialisé dans l'actualité au Moyen-Orient "Middle East Eye" a demandé à quatre experts ce qu'ils prévoyaient pour l'année à venir, notamment en ce qui concerne al-Qaïda et Daesh.

Un combattant de Daesh (illustration)
Un combattant de Daesh (illustration)
Crédit : DELIL SOULEIMAN / AFP
Cécile De Sèze
Cécile De Sèze

L'année 2016 a été particulièrement sanglante en terme de victimes de terrorisme. 1.176 attentats dans le monde entier, qui ont fait un total de 15.525 victimes, comme le rappelle le média Middle East Eye dans un article publié le 11 janvier 2017. Le média en ligne spécialisé dans l'actualité au Moyen-Orient s'est demandé ce qui pourrait se passer cette année 2017 et quelles peuvent être les prévisions plausibles en ce qui concerne le terrorisme. 

Sans tomber dans l'écueil du journalisme fiction, le site a alors interrogé quatre experts différents et reconnus sur la question du terrorisme et des organisations islamistes radicales. Chacun leur tour, Mubin Shaikh - ancien militant extrémiste devenu informateur du gouvernement américain, Amarnath Amarasingnam qui fait partie du programme sur l’extrémisme de l’Université George Washington, Mia Bloom - auteure de Dying to Kill : The Allure of Suicide Terror, et enfin Bart Schhurman - chercheur au Centre international de lutte conter le terrorisme, répondent aux questions du journaliste en livrant leur analyse. 

Sur Daesh

Tous n'ont pas la même vision sur l'avenir de Daesh en Irak et en Syrie. Ils partent cependant du même constat : l'organisation État islamique (OEI) perd du terrain et va agir en conséquences. Quand Mia Bloom mise sur une "hibernation agressive", à savoir le fait de s'intégrer à des populations locales sunnites avant de réapparaître plus tard, Bart Schuman, lui, voit "à court terme", une augmentation des attaques de la part du groupe en représailles à son recul et pour montrer qu'il est toujours dangereux. 

Presque tous, en tout cas, prédisent une accentuation de la rivalité entre Daesh et al-Qaïda, l'autre principale  organisation terroriste de la région, les deux organisations se disputant la domination jihadiste de la zone. Ainsi, pour Amarnath Amarasingnam "nous assisterons à une poursuite de la rivalité entre l'État islamique et al-QaÏda". "L’État islamique et al-Qaïda verseront dans la surenchère pour gagner leur suprématie auprès des djihadistes", imagine, lui, Mubin Shaikh.

Sur al-Qaïda

À écouter aussi

"Le retour d'al-Qaïda" en 2017 ? C'est en tout cas ce que prédit le rapport La menace jihadiste : EI, al-Qaïda et au-delà, publié par l'Institut des États-Unis pour la paix en décembre 2016. Comme le rapporte le site moyen-oriental, selon les auteurs de l'étude, le groupe terroriste derrière l'attentat à Charlie Hebdo a adopté une "approche pragmatique à long terme" qui lui permettra de récupérer les jihadistes déçus qui fuient les rangs de Daesh. 

Et l'organisation devrait revenir encore plus forte. Comme c'est le cas aussi dans les fiefs de l'État islamique, al-Qaïda a formé de nouvelles recrues, de nouvelles générations, baignées dans l'idéologie jihadiste depuis la naissance et donc plus déterminées que jamais, "chaque génération devenant plus violente et plus extrémiste que la précédente", argumente le site d'information.

Sur l'Occident

Toutes ces prévisions n'annoncent rien de très positif pour l'Occident. Les quatre experts interrogés imaginent une hausse d'attentats sur le sol européen. "La menace locale semble être plus grande qu’elle ne l’était au début des années 2000 en raison du nombre plus important de combattants étrangers qui sont retournés", avance notamment Bart Schuman tandis que pour Amarnath Amarasingnam "nous continuerons probablement de connaître des attentats commis par des acteurs isolés inspirés par le groupe et peut-être même des attentats plus organisés, comme ceux de Paris en novembre 2015".

Une menace qui "poursuivra sa trajectoire consistant à inspirer et à perpétrer des attentats en Europe ce faisant, à cliver les sociétés dans lesquelles les musulmans vivent avec des non-musulmans séparément", analyse Mubin Shaikh. En 2017, l'investiture de Donald Trump à la tête des États-Unis participera également à cet isolement de plus en plus fort de la communauté musulmane avec "l’enhardissement de l’extrême droite et l’islamophobie de l’administration Trump", selon Mia Bloom. Cette-dernière va plus loin en expliquant que certaines sources anonymes n'informeront plus les autorités et de conclure : "Une fois que nous aurons marginalisé la population [musulmane], nous aurons éliminé toute incitation à aider, à émettre des signalements ou à appeler le FBI."

La rédaction vous recommande
À lire aussi

L’actualité par la rédaction de RTL dans votre boîte mail.

Grâce à votre compte RTL abonnez-vous à la newsletter RTL info pour suivre toute l'actualité au quotidien

S’abonner à la Newsletter RTL Info

Commentaires

Afin d'assurer la sécurité et la qualité de ce site, nous vous demandons de vous identifier pour laisser vos commentaires.
Cette inscription sera valable sur le site RTL.fr.

Signaler un commentaire

En Direct
/