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Syrie : deux familles de jihadistes demandent leur rapatriement en France

Un juge des référés du tribunal administratif de Paris va examiner mardi 2 avril les recours en urgence déposés par deux femmes retenues avec leurs enfants dans un camp au Kurdistan syrien pour contraindre l'Etat français à les rapatrier.

Des femmes et des enfants évacués de la ville de Baghouz, en Syrie.
Des femmes et des enfants évacués de la ville de Baghouz, en Syrie.
Crédit : Bulent KILIC / AFP
Julien Chabrout & AFP

Le gouvernement français refuse de rapatrier ses ressortissants, jihadistes et épouses, affiliés à Daesh. Il n'accepte de ramener les enfants qu'au "cas par cas". Un juge des référés du tribunal administratif de Paris va pourtant examiner ce mardi 2 avril les recours en urgence déposés par deux femmes retenues avec leurs enfants dans le camp de Roj au Kurdistan syrien pour contraindre l'Etat français à les rapatrier, a appris l'AFP auprès de leurs avocats. 

Les deux femmes ont chacune trois enfants, âgés de un an et demi à huit ans. Me William Bourdon et Me Vincent Brengarth, qui assurent conjointement la défense de ces deux femmes, ont déposé deux référés-liberté pour que la justice administrative oblige le ministre des Affaires étrangères à "procéder au rapatriement de ces deux familles afin de faire cesser l'atteinte grave et manifestement illégale au droit de la vie des enfants mineurs détenus". L'audience doit se tenir à 15h devant le tribunal administratif de Paris. 

Des précédents recours déjà rejetés

"C'est un débat judiciaire sans précédent", ont estimé Me Bourdon et Me Brengarth. "C'est la première fois que le ministère des Affaires étrangères va devoir s'expliquer devant un juge de son refus de rapatrier les enfants qui se trouvent en Syrie dans les camps contrôlés par les forces kurdes", ont-ils poursuivi. 

Dans leurs recours, que l'AFP a pu consulter, les avocats font valoir que "le maintien dans le camp de Roj expose les enfants mineurs à des traitements inhumains et dégradants et à un risque de mort, imposant que soit mis en oeuvre leur rapatriement dans les plus brefs délais". 

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Les conseils de ces deux femmes avaient déjà saisi le tribunal administratif en décembre, mais leur recours avait été rejeté. Ils avaient ensuite déposé un recours devant la Cour européenne des Droits de l'homme (CEDH), là aussi sans succès. 

Cinq orphelins ont été rapatriés le 15 mars et une fillette de trois ans, dont la mère a été condamnée à la perpétuité en Irak, l'a été le 27 mars. 

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