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Syrie : la France a rapatrié cinq enfants de jihadistes ce vendredi

Le ministère des Affaires étrangères a annoncé que la France a rapatrié vendredi 15 mars plusieurs enfants de jihadistes qui se trouvaient en Syrie. Selon nos informations, 5 enfants ont été rapatriés, 3 garçons et 2 filles.

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Syrie : la France a rapatrié cinq enfants de jihadistes ce vendredi Crédit Image : LOUAI BESHARA / AFP | Crédit Média : RTL | Date :
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Cassandre Jeannin et AFP

Les autorités françaises ont rapatrié vendredi 15 mars plusieurs enfants de jihadistes, "orphelins et isolés, âgés de 5 ans et moins, qui se trouvaient dans des camps du nord-est de la Syrie", a annoncé le ministère des Affaires étrangères. 

Selon nos informations, 5 enfants de moins de 6 ans ont été rapatriés, trois garçons et deux filles. Parmi eux, les trois petits-enfants orphelins de Lydie Maninchedda, âgés de 1, 3 et 5 ans. Le quai d'Orsay l'a prévenue directement. 

"Ces enfants font l'objet d'un suivi médical et psychologique particulier et ont été remis aux autorités judiciaires", précise le communiqué. "Les proches concernés, qui étaient en contact avec le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, ont été informés". "La France remercie les Forces démocratiques syriennes de leur coopération, qui a rendu possible cette issue. La décision a été prise au regard de la situation de ces très jeunes enfants particulièrement vulnérables", ajoute le ministère. 

Pourtant mercredi 15 mars, le président Emmanuel Macron semblait avoir douché les espoirs des familles, qui demandent depuis plusieurs mois le retour de leurs enfants, pour les juger en France, et de leurs petits-enfants, au titre de la protection de l'enfance. "Pour ce qui est des enfants, c'est une approche au cas par cas qui est menée, en particulier en lien avec la Croix-Rouge internationale. C'est une approche humanitaire qui est suivie et avec beaucoup de vigilance", avait déclaré M. Macron depuis Nairobi. 

Un rapatriement surprise

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Le rapatriement des enfants de jihadistes ce vendredi est une surprise. Encore hier, lors d'une audition de la commission des Affaires européennes de l'Assemblée, le secrétaire d'État à l'Intérieur Laurent Nuñez a rappelé que "les Forces démocratiques syriennes avaient fait le choix que les enfants restent avec leur mère", "donc pour l'instant, il n'y a pas de retour envisagé", a-t-il indiqué. 

"Les enfants sont dans la majorité des cas détenus avec leurs parents, en tout cas avec leur mère. La question du retour ne se pose pas à l'heure actuelle", a ajouté Laurent Nuñez.

Que vont devenir ces enfants ?

Le 31 janvier dernier sur l'antenne de RTL, la ministre de la Justice a confirmé étudier "plusieurs options", afin de préparer le retour de jihadistes français de Syrie, en France.
"Nous savons qu'à la fois, il va falloir accueillir ces mineurs, les présenter à des juges pour enfants et leur trouver une solution de prise en compte, par le biais de mesures d'assistance éducative", assure Nicole Belloubet. Enfants ou adultes, "dès qu'ils arriveront en France, ils feront l'objet d'une prise en charge par un juge ou placés en garde à vue et peut-être ensuite mis en examen", indique la Garde des Sceaux.

Des enfants malades et traumatisés ?

En début de semaine, deux avocats, Marie Dosé et Henri Leclerc, ont lancé une pétition en ce sens signée par plusieurs personnalités. "Aucun n'a choisi de naître sur zone ou de rejoindre Daesh", lit-on dans le texte. Selon nos informations, aucun d'entre eux n'avaient été prévenus des rapatriements qui ont eu lieu ce vendredi 15 mars. 

"Tous ces enfants sont exposés à court et moyen terme à un risque de mort", affirment ces deux avocats. "Les enfants, dont la grande majorité a moins de six ans, sont exposés à des épidémies de tuberculose et de choléra. (...) Ils sont tous malnutris, et presque tous atteints de dysenterie. Ils souffrent de chocs post-traumatiques sévères et ne bénéficient d'aucun soin digne de ce nom", écrivent-ils. "Nous ne pouvons imaginer que perdure tant de déni, d'irresponsabilité et d'indifférence des autorités, alors que des enfants français (...) sont en train de périr dans des camps", concluent-ils. 

Qu'en est-il des jihadistes français adultes ?

"S'agissant des ressortissants français adultes, combattants et djihadistes ayant suivi Daesh au Levant, la position de la France n'a pas changé : ils doivent être jugés sur le territoire où ils ont commis leurs crimes", a souligné le ministère des Affaires étrangères. "C'est une question de justice et de sécurité à la fois". 

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