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Syrie : Bachar al-Assad condamné à mort par contumace pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité

En Syrie, un tribunal a condamné à mort par contumace l’ex-président Bachar al-Assad pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité liés à la guerre civile déclenchée en 2011.

Bachar al-Assad et sa famille se trouvent à Moscou

Crédit : Photo / AFP

La rédaction numérique de RTL & AFP

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Un tribunal syrien a condamné, ce mardi 11 août, le président déchu Bachar al-Assad à la peine de mort par contumace, pour "crimes de guerre" et "crimes contre l'humanité" lors de la guerre civile déclenchée en 2011.  

Outre l'ex-dirigeant, qui a fui avec sa famille à Moscou lors de la prise de Damas en décembre 2024 par une coalition menée par des islamistes, les autorités de transition ont aussi condamné à mort, en sa présence, Atef Najib, ancien chef de la sécurité politique à Deraa (sud), dans leurs premiers jugements à l'encontre de membres de l'ancien gouvernement.  

"Il est donc condamné à mort"

Les autorités de transition, qui ont renversé Bachar el-Assad en décembre 2024, au terme de 13 ans d'une guerre civile meurtrière, se sont engagées à ce que justice soit faite pour les crimes commis sous son pouvoir. Et en avril, la justice avait engagé des poursuites contre Bachar el-Assad et d'autres responsables. ONG et gouvernements étrangers avaient alors insisté sur l'importance de la justice de transition pour assurer l'avenir du pays. 

Devant un tribunal de Damas, le juge Fakhr al-Din al-Aryan a reconnu Bachar el-Assad coupable de "crimes contre l'humanité et de crimes de guerre" dont les chefs d'"assassinat avec préméditation, meurtre intentionnel de plusieurs personnes, meurtre intentionnel d'enfants de moins de 15 ans (...), torture ayant entraîné la mort et privation de liberté". "Il est donc condamné à mort", a-t-il déclaré. 

Plus d'un demi-million de personnes tuées

Le dirigeant déchu a été condamné par contumace après s'être enfui à Moscou en décembre 2024, avec une poignée de proche, alors que les forces dirigées par les islamistes se rapprochaient de Damas. Il a abandonné dans sa fuite hauts fonctionnaires et responsables de la sécurité, dont certains se seraient exilés à l'étranger ou auraient trouvé refuge dans le fief côtier de la minorité alaouite dont est issu son clan.  

À écouter aussi

La guerre civile syrienne a été déclenchée par la répression sanglante de manifestations prodémocratie, dans le sillage des "Printemps arabes", vague de révoltes à travers la région.  

Plus d'un demi-million de personnes ont été tuées et des millions d'autres déplacées. Des dizaines de milliers de personnes ont disparu, dont beaucoup victimes des exactions généralisées dans les geôles du pouvoir.  

D'autres condamnations

Le tribunal a également condamné à mort par contumace plusieurs anciens responsables militaires et des forces de sécurité, dont le frère de Bachar el-Assad, Maher, qui dirigeait la 4e division d'élite de l'armée et a aussi fui le pays.  

L'ancien ministre de la Défense Fahd al-Freij et Louay al-Ali, qui dirigeait les services de renseignement militaire dans la province de Deraa, berceau du soulèvement en 2011, figurent parmi eux.  

Ils ont été notamment reconnus coupables des chefs de "meurtre, torture ayant entraîné la mort et privation répétée de liberté", également considérés comme des "crimes contre l'humanité" et des "crimes de guerre".  

Un seul accusé présent

Seul accusé à comparaître, Atef Najib, a aussi été condamné à mort pour "crimes contre l'humanité" alors qu'il était chef de la sécurité politique à Deraa.  
Le soulèvement syrien y a débuté en mars 2011, après l'arrestation de 15 étudiants accusés d'avoir écrit des slogans antigouvernementaux sur les murs de la ville.  

Selon des habitants, ces étudiants auraient été torturés, ce qui a déclenché une manifestation pour réclamer leur libération, qui s'est soldée par un bain de sang. Les forces de sécurité ont réprimé par la force des manifestations pacifiques et tiré à balles réelles pour disperser des rassemblements organisés à plusieurs endroits. 

Atef Najib avait été démis de ses fonctions à la suite de la répression, alors que les manifestations s'étendaient à d'autres provinces. Mais le juge Fakhr al-Din al-Aryan a déclaré qu'il avait nié les accusations portées contre lui ne montrant "aucun remords". La chute de Bachar al-Assad, qui avait succédé à son père Hafez en 2000, a mis fin à plus d'un demi-siècle de règne sans partage de son clan familial. 

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