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Bruno Lafont au tribunal correctionnel de Paris le 13 avril 2026
Crédit : AFP
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L'ancien PDG du groupe Lafarge est apparu passablement marqué physiquement par 35 jours de détention, alors qu'il comparaissait par visioconférence depuis la prison devant la cour d'appel de Paris.
L'ancien chef d'entreprise, qui aura 70 ans le 8 juin prochain, vêtu d'un pull blanc et d'une doudoune grise sans manches, a expliqué à la cour : "La prison, c'est quelque chose d'assez difficile pour moi. Pas parce que le personnel n'est pas agréable, mais parce qu'elle m'impose une séparation très douloureuse avec mon épouse".
Aujourd'hui retraité, il a plaidé sa cause devant la cour : "Je n'ai jamais manqué la moindre convocation. Je ne voyage plus. Toute ma vie est en France : mes enfants, mes petits-enfants et mon épouse. Je vis entre Paris et la Bretagne", avant d'ajouter, pour justifier qu'il compte bien être présent au procès en appel : "J'ai mon honneur à défendre".
Interrogé par la présidente de la cour sur son quotidien en prison, il a répondu : "Je lis beaucoup. Je participe à toutes les promenades. J'écris un petit peu, mais pas trop. Et j'ai lu comme je n'ai pas lu depuis longtemps".
L'ancien patron partage la même cellule que Christian Herrault, ancien directeur adjoint des opérations chez Lafarge, lui aussi condamné. "Nous avons discuté principalement du fonctionnement de la prison, précise Bruno Lafont, ce qui est nouveau pour moi".
Christian Herrault, lui aussi, demande sa remise en liberté en attendant leur procès en appel. Le ministère public ne s'oppose pas à leur remise en liberté, mais requiert qu'elle soit assortie d'une interdiction de sortir du territoire national, d'une obligation de pointage bimensuel ainsi que d'une interdiction de communiquer avec leurs coprévenus.
La cour d'appel de Paris rendra sa décision sur les demandes de remise en liberté des deux anciens dirigeants de Lafarge mardi 26 mai.
Le tribunal correctionnel de Paris a reconnu coupables, lundi 13 avril, le cimentier Lafarge et huit anciens dirigeants de la société pour financement de groupes terroristes en Syrie en 2013 et en 2014. Son ex-PDG, Bruno Lafont, a été condamné à six ans de prison avec incarcération immédiate.
La société, absorbée depuis par l'entreprise suisse Holcim, a procédé à des paiements à trois organisations djihadistes, dont le groupe État islamique (EI), à hauteur de près de 5,6 millions d'euros, a établi le tribunal correctionnel dans son jugement, qui a rappelé que cela leur avait permis de "préparer des attentats terroristes", en particulier ceux de janvier 2015 en France.
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