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"Squid Game" : comment la série Netflix renforce le "soft power" sud-coréen

ÉCLAIRAGE - La folie planétaire autour de la série Netflix sud-coréenne "Squid Game" a atteint la Chine, où le blocage n'empêche pas sa popularité.

Les héros de "Squid Game" doivent survivre à des jeux très particuliers
Les héros de "Squid Game" doivent survivre à des jeux très particuliers
Crédit : Netflix
Thomas Pierre

La folie Squid Game ne connaît pas de frontières. Le blocage de Netflix en Chine n'empêche pas le phénomène sud-coréen d'atteindre sa jeunesse grâce aux sites illégaux de streaming. Depuis quelques semaines, la série anime ainsi les conversations sur les réseaux sociaux chinois. Plus de 1.7 milliard de personnes en auraient ainsi parlé sur Weibo (le Facebook chinois), alors que Pékin mène une campagne farouche contre les contenus sud-coréens. 

"Le gouvernement chinois renforce de plus en plus son contrôle sur la culture, mais le public chinois ne suit pas aveuglément ses réglementations, et (...) continue de consommer activement du contenu étranger", explique Lee Gyu-tag, professeur à l'Université George Mason de Corée au Korea JoongAng Daily

Comble de son succès, le streaming illégal de la série est désormais si répandu que l'ambassadeur de Corée du Sud en Chine en personne a demandé aux autorités chinoises d'intervenir. Ce piratage massif de la série est révélateur. "Même lorsque les programmes sud-coréens sont consommées sous le manteau, cela contribue à promouvoir de manière importante la culture sud-coréenne.", estime encore l'historien. 

La Corée du Nord en profite pour s'en prendre à Séoul

Cette série en neuf épisodes met en scène des centaines de personnages surendettés participant à un concours de jeux d'enfants afin de remporter plusieurs millions d'euros, mais où les perdants sont tués. Véritable critique sociale du modèle sud-coréen, le succès de Squid Game consacre surtout Séoul comme épicentre culturel, et atteste, après la K-Pop ou la Palme d'or du film Parasite en 2019, de son indéniable pouvoir d'influence à l'étranger.

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Un "soft power" qui ne laisse pas non plus son voisin nord-coréen indifférent. Un site de propagande émanant de Pyongyang n'a ainsi pas tardé à dénigrer la série en soulignant la "bestialité" de la société sud-coréenne, une "société inégale où les gens sans argent sont traités comme des pièces d'échecs pour les riches". La fascination culturelle qu'exerce le sud sur le nord fait très peur au régime le plus fermé de la planète. 

En juin dernier, le New York Times rapportait déjà que le leader suprême avait qualifié de "cancer vicieux", tout ce qui venait de chez son voisin : "tenue, coiffures, discours, comportements". À en croire Kim Jung-un, une telle attitude antipatriotique menacerait la Corée du nord elle-même. Une loi sanctionnant tout ceux qui consommeraient ou qui importeraient illégalement du "divertissement" sud-coréen a été promulguée. 

Difficile de croire en effet que la jeunesse du royaume ermite ait échappée à Squid Game, surtout en partageant une même langue, et alors même qu'un des personnages principaux s'avère être une transfuge nord-coréenne. De quoi nourrir des désirs d'exil au nord du 38e parallèle. 

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