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Sous-marins : "L'Amérique signe un retour magistral", selon Lenglet

ÉDITO - Malgré la colère française, la décision de Joe Biden replace les États-Unis dans sa lutte face à la Chine.

Joe Biden, le 31 août 2021.
Joe Biden, le 31 août 2021.
Crédit : CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP
Sous-marins : "l'Amérique signe un retour magistral", selon Lenglet
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François Lenglet

Le contrat de sous-marins américains vendus à l’Australie, en lieu et place de navires français, n’en finit pas de faire des vagues. Pour les industriels français, qui se font déposséder du contrat du siècle, la décision est plus que regrettable. Mais sur le fond, cette affaire signe le retour magistral – et bienvenu - de l’Amérique face à une Chine de plus en plus dangereuse. 

En armant l’Australie avec ces sous-marins pour contrer Pékin, Biden fait ce qu’Obama n’a jamais osé faire : mettre tout le poids de l’Amérique pour stopper l’expansion chinoise. L’enjeu de la lutte entre les deux superpuissances, c'est le contrôle du Pacifique oriental, que Pékin considère comme sa mer intérieure car les routes maritimes qui l’empruntent acheminent le pétrole et les matières premières dont il a besoin. 

Il y a quarante ans, l’axe principal du commerce mondial était encore la liaison Atlantique nord, entre l’Amérique et l’Europe. C’est fini. L’activité économique la plus forte s’est déplacée en Extrême-Orient, où la puissance installée, les Etats-Unis, subit la concurrence de la puissance émergente, la Chine, exactement comme le Royaume-Uni subissait les attaques de l’Allemagne émergente au siècle dernier. 

Taïwan au cœur des enjeux

Ce qui est reproché à la Chine, c'est de fermer la mer à toute puissance qui la menacerait et de considérer les pays voisins comme des pays tributaires, des vassaux. Elle a pris pied sur des îlots philippins pour y construire des bases militaires, multiplie les incursions dans l’espace aérien de la République de Taïwan, menace de détruire l’Australie avec une pluie de missiles. 

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N’oublions pas le Japon, le rival local de toujours que la Chine déteste, et la Corée du Sud, qu’elle méprise. Parmi tous ces sujets, il en est un qui est explosif : Taïwan. Pour Pékin, l’île indépendante n’est qu’une province chinoise, qui doit revenir à la mère patrie. Pour Washington, c’est un pays ami, avec lequel un accord secret d’assistance militaire existe depuis Ronald Reagan. Ajoutons que l’île est un centre industriel de premier plan pour la production de semi-conducteurs, ces puces électroniques essentielles à l’industrie d’aujourd’hui. 65% des semi-conducteurs mondiaux viennent de Taiwan. Autant dire que ni la Chine, ni les Etats-Unis ne peuvent perdre Taïwan. C’est l’enjeu clé de la crise actuelle.
 
Ce que ce que l’Australie achète, ce ne sont pas des sous-marins, c’est la protection de la superpuissance américaine. Le contrat industriel est secondaire. La France ne peut pas vendre de protection stratégique. D’abord, elle n’en a pas les moyens toute seule. Ensuite, elle est elle-même ambigüe face à la Chine, comme l’Europe qui tantôt montre les dents, tantôt fait risette pour vendre des sacs Hermès et des voitures Volkswagen sur le plus grand marché du monde. Le seul pays qui peut encore impressionner la Chine, c’est l’Amérique.

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