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Russie : pourquoi la mer Noire est-elle si stratégique pour Poutine ?

DÉCRYPTAGE - Vladimir Poutine a accusé mercredi les États-Unis d'avoir été impliqués dans l'incident le 23 juin en mer Noire avec un navire de guerre britannique, qu'il a qualifié de "provocation".

Vladimir Poutine regardant des exercices de la marine russe au large de la Crimée le 9 janvier 2020.
Vladimir Poutine regardant des exercices de la marine russe au large de la Crimée le 9 janvier 2020.
Crédit : Alexey DRUZHININ / SPUTNIK / AFP
Thomas Pierre & AFP

Des coups de semonce en mer Noire ? Le 23 juin dernier, la Russie affirmait avoir mis en garde un navire britannique qui avait, selon Moscou, pénétré dans ses eaux territoriales au large de la Crimée. Pour Londres, qui a démenti l'incident, le navire effectuait au contraire "un passage inoffensif dans les eaux territoriales ukrainiennes". 


Cette semaine, Vladimir Poutine a vu dans cette "provocation" la main des États-Unis. "Non seulement les Britanniques mais aussi les Américains y ont pris part", a assuré le président russe. "Pourquoi faire cela ? Pour montrer que vous ne reconnaissez pas la Crimée ? Ne la reconnaissez pas, mais pourquoi provoquer ?", a-t-il ajouté.

"Même si nous avions coulé ce navire, il aurait été difficile d'imaginer que le monde se serait mis sur la voie de la Troisième guerre mondiale", a-t-il ainsi estimé. "Le monde sait qu'il ne sortirait pas victorieux de cette guerre". Un avertissement en bonne et due forme du maître du Kremlin, à la hauteur des ambitions de Moscou dans la région. 

Manœuvres de l'OTAN

En effet, l'incident a eu lieu au large de la Crimée, péninsule ukrainienne annexée en mars 2014 par la Russie, qui y dispose d'une base navale et dont les eaux ont déjà fait l'objet de plusieurs incidents par le passé. Moscou a mené dans cette région plusieurs exercices militaires ces derniers mois, y compris via le déploiement temporaire de plus de 100.000 soldats aux frontières ukrainiennes et en Crimée en avril, une démonstration de force qui avait déjà suscité de vives tensions avec l'Occident. 

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Le jour de cet accrochage russo-britannique présumé, "nous pensons que les Russes menaient un exercice d'artillerie en mer Noire", précisait le 23 juin ministère britannique. Qui plus est, cet incident, s'il a eu lieu, intervenait à quelques jours des manœuvres militaires Sea Breeze 2021, qui se tiennent depuis le 28 juin et jusqu'au 10 juillet en mer Noire. Des manœuvres qui impliquent les États-Unis, d'autres pays de l'Otan et l'Ukraine. 


Ce déploiement de 5.000 militaires et de 30 navires issus d'une trentaine de pays, aux portes de la zone d'influence russe, est vu d'un très mauvais œil par Moscou. Alors que pour Kiev, ces exercices visent à "envoyer un message puissant en faveur du maintien de la stabilité et de la paix dans la région", selon un haut-gradé ukrainien. 

Un "verrou stratégique"

Bordée par l'Ukraine au nord, la Turquie au sud, la Bulgarie et la Roumanie à l'ouest, et par la Russie et la Géorgie à l'Est, la mer Noire est considérée comme un "verrou stratégique", où se concentrent les rivalités régionales mais aussi des enjeux économiques et militaires majeurs pour Moscou, qui veut s'en assurer le contrôle. 

Depuis son annexion en 2014, la Crimée qui abrite l'importante base russe de Sébastopol, a notamment pour vocation de protéger le seul accès russe à la Méditerranée, mais aussi les frontières historiques de la sphère d'influence soviétique. Moscou avait ainsi limité pendant six mois la navigation de navires militaires et officiels étrangers dans trois zones au large de la Crimée : sa pointe occidentale, celle du sud de Sébastopol à Hourzouf et enfin un "rectangle" au large de la presqu'île de Kertch. 

Cette dernière zone est la plus controversée car proche du détroit de Kertch reliant la mer Noire à la mer d'Azov et qui est d'une importance cruciale pour les exportations de céréales ou d'acier produits en Ukraine. Un moyen de pression supplémentaire contre les aspirations occidentales de Kiev, mais aussi une manière pour Vladimir Poutine d'affirmer sa mainmise indiscutée sur la mer Noire. 

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