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Rachid Nekkaz interpellé à Genève dans l'hôpital du président Bouteflika

L'homme d'affaires, opposant à Abdelaziz Bouteflika, a été interpellé à Genève dans l'hôpital du président algérien ce vendredi 8 mars, annonce la police.

Rachid Nekkaz plaide avec un policier devant l'hôpital de Genève, ce vendredi 8 mars 2019.
Rachid Nekkaz plaide avec un policier devant l'hôpital de Genève, ce vendredi 8 mars 2019. Crédit : FABRICE COFFRINI / AFP
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Sylvain Zimmermann
et AFP

L'opposant algérien Rachid Nekkaz, qui s'est porté candidat à l'élection présidentielle en Algérie, a été interpellé vendredi 8 mars par la police à l'intérieur de l'hôpital de Genève où est soigné le président Abdelaziz Bouteflika, a-t-on appris auprès de la police.

"Je vous confirme l'interpellation de M. Nekkaz qui est actuellement auditionné dans les locaux de la police puisqu'il fait l'objet d'une plainte pour violation de domicile", a déclaré à l'AFP Joanna Matta, la porte-parole de la police genevoise, expliquant qu'il avait pénétré dans l'hôpital "alors qu'on lui avait dit ne pas le faire". Elle a expliqué que la direction des Hôpitaux universitaires de Genève a porté plainte contre lui, après plusieurs mises en garde.

L'homme d'affaires, dont la candidature à la présidentielle a été retoquée, avait annoncé jeudi sur Europe 1 qu'il se rendrait à Genève "pour voir si le président algérien va bien car son dossier de candidature a été présenté alors que tout le monde sait qu’il est mort depuis déjà assez longtemps". 

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"40 millions d'Algériens qui veulent savoir où est le président"

Ce n'est pas la première fois que Rachid Nekkaz assure qu'Abdelaziz Bouteflika est mort. Il déclarait ainsi à la télévision algérienne il y a un an environ: "Il est décédé et n'a même pas eu droit à des funérailles". Il ajoutait alors qu'il avait été remplacé par un homme pourvu d'un "masque 3-D".

"Il y a 40 millions d'Algériens qui veulent savoir où est le président", a-t-il poursuivi. "Le peuple algérien ne veut plus être manipulé par un pouvoir mafieux qui instrumentalise le nom du président, qui instrumentalise l'image du président, pour pérenniser son pouvoir et pérenniser leurs privilèges." 

M. Bouteflika a subi un grave AVC en 2013 et est depuis très diminué. L'annonce de sa candidature pour un cinquième mandat a déclenché des manifestations de protestation dans toute l'Algérie. 

Un homonyme se présente à sa place

Après s'être vu rejeter son dossier de candidature à l'élection présidentielle car il possédait la nationalité française, il a trouvé un subterfuge en présentant à sa place son cousin mécanicien, qui vit en Algérie et possède les mêmes nom et prénom.  

"Tout le monde sait qu'au minimum, Bouteflika est malade, et qu'au maximum il est mort, il est évident que c'est impossible de continuer de cautionner l'élection avec un candidat qui est mort", a poursuivi M. Nekkaz. "On a déjà vu des morts voter au Parlement. On n'a jamais vu un mort être candidat à une élection présidentielle."

"Je souhaitais devant cet hôpital dire que si le Conseil constitutionnel algérien validait la candidature d'Abdelaziz Bouteflika le 13 mars, il est évident que je ne pourrais plus continuer à défendre la candidature de Rachid Nekkaz à l'élection présidentielle et je retirerais cette candidature, c'est une obligation morale", avait-il encore expliqué aux journalistes et à ses supporters. 

L'homme d'affaires s'est dit confiant que "le pouvoir algérien et le Conseil constitutionnel vont réfléchir très sérieusement à l'idée de valider ou d'invalider la candidature du président Bouteflika".  

Interrogé sur son propre avenir politique au cas où son cousin serait élu, M. Nekkaz a expliqué que "le lendemain nous créerons le poste de vice-président grâce à une assemblée extraordinaire".  "Je deviendrai donc vice-président, et le jour même le président élu démissionnera, me permettant ainsi de devenir le président de la République algérienne", a-t-il soutenu.  

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