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De nouvelles révélations sur l'ex-prince Andrew impliqué dans l'affaire Epstein.
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L’interpellation de l’ex prince Andrew, frère cadet du roi Charles III, marque un tournant historique. Âgé de 66 ans, l’ancien duc d’York a été arrêté jeudi 19 février dernier par la police de Thames Valley pour des soupçons de "manquements dans l’exercice de fonctions officielles", puis interrogé pendant onze heures avant d’être libéré sous enquête.
Selon les autorités, il est soupçonné d’avoir transmis des informations confidentielles à Jeffrey Epstein lorsqu’il était envoyé spécial du Royaume-Uni pour le Commerce entre 2001 et 2011. D’autres allégations, examinées par la police londonienne, concernent l’utilisation présumée d’aéroports britanniques dans des affaires liées aux dossiers Epstein.
Alors que les perquisitions se poursuivent à Royal Lodge, son ancienne résidence de Windsor, ainsi que sur le domaine de Sandringham, la police a aussi indiqué "contacter" d’actuels et d’anciens agents de protection afin de déterminer si des éléments pourraient être utiles à l’enquête.
Dans un communiqué rare, le roi a exprimé sa "plus profonde inquiétude", affirmant que "la justice doit suivre son cours". L’ancien prince, déjà déchu de ses titres royaux en octobre dernier, a de son côté clamé son innocence.
Face à l’onde de choc, le gouvernement travailliste de Keir Starmer envisage désormais une législation spécifique pour retirer Andrew de la ligne de succession.
Selon la BBC, le ministre de la Défense Luke Pollard a confirmé que l’exécutif travaillait "absolument" avec le palais de Buckingham sur cette hypothèse. L’objectif : empêcher qu’il ne soit "potentiellement à un battement de cœur du trône". Il a précisé qu’une telle initiative devrait intervenir à l’issue de l’enquête policière et bénéficier d’un soutien multipartite.
Le secrétaire en chef au Trésor, James Murray, a toutefois reconnu auprès de la BBC que "toute question dans ce domaine serait assez compliquée", soulignant qu’une enquête est toujours en cours.
D’après le professeur Robert Hazell, constitutionnaliste interrogé par l’AFP, une telle réforme nécessiterait non seulement un vote au Parlement britannique, mais aussi l’accord des 14 autres royaumes du Commonwealth où le souverain britannique est chef d’État. Un processus susceptible de durer des années.
Selon un sondage YouGov publié vendredi 20 février dernier, 82% des Britanniques se disent favorables au retrait d’Andrew de l’ordre de succession. Cette approbation massive reflète l’érosion de la "déférence" envers la monarchie -selon les propos de l'experte royale Roya Nikka-, longtemps associée au règne d’Elizabeth II.
Pour le quotidien The Telegraph, l’arrestation a constitué "le jour le plus préjudiciable pour la monarchie". L’experte royale Roya Nikkhah a aussi estimé, dans le Sunday Times, que la confiance envers l’institution "risque vraiment d’être érodée".
L’historien David Olusoga a déclaré sur BBC Newsnight qu’il existait désormais "un désir désespéré, au sein du gouvernement et du palais, de tracer un pare-feu entre cette crise et la monarchie plus large". Dans les rues du Norfolk, certains citoyens saluent le tournant judiciaire. "Je suis vraiment ravie que personne ne soit au-dessus des lois", confiait ainsi une retraitée interrogée par l’AFP, vendredi 20 février dernier.
Selon The Guardian, le palais de Buckingham ne s’opposerait pas à une initiative parlementaire visant à exclure Andrew de la succession. Des sources royales citées par le quotidien ont indiqué que le roi ne bloquerait pas un texte adopté par les Communes et les Lords, même si celui-ci nécessiterait in fine la sanction royale.
L'ex prince Andrew demeure officiellement conseiller d’État, un statut théorique lui permettant de suppléer le souverain en cas d’absence ou d’incapacité. En pratique, seuls les membres actifs de la famille royale sont appelés à exercer cette fonction.
La question dépasse désormais les frontières britanniques. L’Australie, l’un des royaumes du Commonwealth, a annoncé ce lundi 23 février soutenir toute initiative en ce sens.
Dans une lettre diffusée par Sky news, le Premier ministre Anthony Albanese a écrit à Keir Starmer pour confirmer que son gouvernement "accepterait toute proposition visant à le retirer de la ligne de succession royale". Il a souligné : "Il s’agit d’allégations graves et les Australiens les prennent au sérieux".
Ce soutien est notable dans un pays où le débat sur la transformation de la monarchie en république reste latent depuis le référendum de 1999. Toutefois, Anthony Albanese a précisé que "la loi doit suivre son cours", écartant pour l’heure l’idée d’un nouveau scrutin constitutionnel.
Retirer Andrew de la succession exigerait une nouvelle législation adoptée par le Parlement britannique, puis entérinée par les 14 autres royaumes concernés. Ce mécanisme, hérité du Statut de Westminster, a rendu toute modification particulièrement délicate.
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