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Qui sont les "People of Praise", la communauté chrétienne de la juge Amy Coney Barrett ?

ÉCLAIRAGE - Nommée le 26 septembre 2020 pour siéger à la Cour suprême, la juge Amy Coney Barrett, connue pour ses valeurs religieuses traditionalistes, appartiendrait à une communauté chrétienne radicale qui aurait servi de base au livre "La Servante écarlate".

Amy Coney Barrett, la juge choisie par Donald Trump, le 26 septembre 2020
Amy Coney Barrett, la juge choisie par Donald Trump, le 26 septembre 2020 Crédit : Olivier DOULIERY / AFP
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Thomas Pierre Journaliste

C'est une vision de la femme diamétralement opposée à celle de sa prédécesseure que pourrait défendre Amy Coney Barrett à la Cour SuprêmeLa magistrate choisie par Donald Trump, le 26 septembre dernier, pour remplacer la progressiste (et très féministe) Ruth Bader Ginsburg appartiendrait en effet à une communauté chrétienne aussi conservatrice que méconnue : les "People of Praise" (en français, le "Peuple de louange"). 

Un groupe religieux qui aurait servi d'inspiration à la dystopie littéraire, devenue série à succès, La Servante écarlate (The handmaid's tale), dont les pratiques iraient jusqu'à surprendre les catholiques les plus zélés. 

Certes, cette mère de sept enfants (dont deux adoptés originaires d'Haïti et un petit dernier atteint de la trisomie 21) s'est illustrée par le passé pour ses positions contre l'avortement, mais son engagement irait bien plus loin, selon des médias américains. 

"Les maris sont les chefs de leurs épouses"

Le New York Times rappelle le 28 septembre dernier, que chaque membre des "People of Praise", qui prête un serment à vie appelé "alliance", se voit enseigner des principes selon lesquels "les maris sont les chefs de leurs épouses" et "doivent prendre autorité sur la famille". 

Dès lors, chaque membre "doit rendre des comptes à un conseiller personnel, appelé "chef" ("head") pour les hommes et "servante" ("Handmaid") pour les femmes", précise le quotidien américain. Des "conseillers" qui "donnent des directions sur les décisions importantes (de la vie), y compris avec qui sortir ou se marier, où vivre, s'il faut prendre un emploi ou acheter une maison, et comment élever des enfants". 

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Une influence importante et quotidienne des "People of praise" qui font douter du libre-arbitre exercé par ses membres, qui doivent reverser au moins 5% de leurs revenus à la communauté. "Ces groupes peuvent devenir si absorbants qu’il est difficile pour une personne de conserver son jugement individuel", indique ainsi Sarah Barringer Gordon, professeur de droit constitutionnel à l’Université de Pennsylvanie. 

Une inspiration pour la "servante écarlate"?

Fondée en 1971 à South Bend, dans l'Indiana, les "People of Praise" se décrivent comme une communauté chrétienne dite "charismatique". C'est-à-dire que leur pratique a pour croyance que "les événements surnaturels, tels que la prophétie, la guérison miraculeuse (...) peuvent se produire dans la vie quotidienne (...) grâce à l'œuvre du Saint-Esprit', précise le HuffPost

Quelques années après leur apparition, l'écrivaine Margaret Atwood a l'idée d'un ouvrage dystopique dont la toile de fond est justement l’avènement aux États-Unis d'un mouvement religieux baptisé Gilead. Une théocratie où le corps des femmes est considéré comme une propriété d'État uniquement destiné à la procréation. 

Publié en 1985, La Servante écarlate est, de l'aveu même de son auteur, inspiré par un mouvement religieux existant et étrangement similaire. "Il existe une secte, une secte catholique charismatique qui appelle les femmes des servantes", indiquait-elle en 1986 sans jamais préciser à qui elle faisait référence. "J'ai retardé l'écriture pendant environ trois ans après avoir eu l'idée parce que je la trouvais trop folle", ajoutait-elle. 

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The Handmaid's Tale - Saison 1 - Bande Annonce VOST - 2017

Le livre connaîtra un grand succès et sera encore popularisé à partir de 2017 par la série télévisée éponyme. Bien qu'Amy Coney Barrett n'a jamais publiquement confirmé appartenir avec son mari aux "People of Praise", des membres de la communauté ont assuré auprès du New York Times que le couple en faisait bien partie et que leurs pères respectifs avaient tout deux servi comme dirigeants du mouvement. 

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