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Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne, le 3 avril 2025
Crédit : VYACHESLAV OSELEDKO / AFP
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Une bataille vieille de plus de 25 ans. L'Union européenne va signer, ce samedi 17 janvier, avec les pays latino-américains du Mercosur le controversé traité de libre-échange. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, se rend à Asuncion au Paraguay afin de signer un accord, qu'elle qualifie d'"historique".
À eux deux, les pays du Mercosur - Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay - et l'Union européenne représentent 30% du PIB mondial et comptent plus de 700 millions de consommateurs.
Dénoncé depuis de nombreuses années par les syndicats agricoles européens comme étant un vecteur de "concurrence déloyale", cet accord est "une déflagration pour le monde agricole qui se défend depuis des années sur le sujet", expliquait le président du puissant syndicat d'agriculteurs FNSEA Arnaud Rousseau.
Sur le plan politique aussi, l'accord avec le Mercosur pourrait avoir d'importantes répercussions. Deux motions de censure, LFI et RN ont été déposées contre le gouvernement. Même si elles n'ont pas été votées par les députés, elles ont accentué l'instabilité politique en plein débat sur le budget. L'Assemblée nationale s'étant prononcée à l'unanimité contre l'accord commercial.
Contactée par RTL.fr, Charlotte Emlinger, économiste au Centre d’études prospectives et d’informations internationales et spécialiste du commerce international, explique que "depuis de nombreuses années, l'Union européenne a une politique de signature d'accords commerciaux. Avec cet accord, les pays européens exportateurs accèdent au marché de l'Amérique latine". Concrètement, "les pays s'engagent à réduire leurs droits de douane de manière réciproque", ajoute-t-elle.
En ce qui concerne la France, les exportations de biens vers les pays du Mercosur représentent 5,56 milliards d'euros, note le site Toute l'Europe.
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"Le but de cet accord est de libéraliser les échanges de marchandises", souligne Marine Colli, consultante indépendante et spécialiste des politiques publiques agricoles et du commerce international, contactée par RTL.fr. "Tout a été négocié en même temps dans cet accord. Quand l'Union européenne a voulu obtenir des baisses de ses droits de douanes sur des secteurs offensifs, elle a été obligée de concéder des points de négociations sur les secteurs défensifs", explique-t-elle.
Parmi les secteurs européens qui seraient avantagés par cet accord commercial, Marine Colli identifie principalement ceux de l'automobile, du fromage et du vin. En revanche, la filière bovine, celle de la volaille et du sucre risquent d'être impactées négativement. "Il y a une grosse différence de compétitivité entre le Mercosur et l'Union européenne concernant ces trois secteurs. Ce n'est pas le même type d'agriculture, ils bénéficient d'un coût de l'énergie, mais aussi de la main d'œuvre plus faibles qu'en Europe", explique Charlotte Emlinger.
Afin d'éviter un déséquilibre dans cet accord et l'arrivée massive de produits importés d'Amérique latine sur le marché européen, l'Union européenne a ajouté à la baisse de certains droits de douane des quotas. En signant cet accord, l'Union européenne autorise l'importation de 99.00 tonnes de viande bovine. Un droit de douane fixé à 7,5% est imposé. "Cela représente 1,6% de la production totale européenne", explique Charlotte Emlinger. Pour l'importation de volaille, cela représentera 180.000 tonnes et de même pour le sucre, avec là aussi 180.000 tonnes.
"Le Brésil est le numéro 1 mondial de l'agroindustrie", note Marine Colli qui estime qu'il est "exagéré d'affirmer que cet accord fera affluer sur le marché européen des produits dangereux pour notre consommation", tout en soulignant "que le Brésil recourt à des antibiotiques pour ses volailles qui agissent comme un accélérateur de croissance pour les animaux". "Sur ce point, l'Union européenne n'est pas dotée de vraies mesures" afin d'y faire face, ajoute-t-elle.
En réponse, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a annoncé sa volonté d'accroître les contrôles des denrées importées dans l'Union européenne, avec la création d'une brigade "dédiée" composée d'une centaine d'agents. Cette brigade, "dès la première année, devra réaliser a minima 3.000 contrôles sur l'ensemble du territoire", a-t-elle déclaré.
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