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Procès Weinstein : pourquoi l'inculpation de "prédateur sexuel" n'a pas été retenue ?

ÉCLAIRAGE - Le producteur déchu a été reconnu coupable lundi 24 février d'agression sexuelle et de viol. Le jury l'a toutefois disculpé de la circonstance aggravante de comportement "prédateur", qui aurait pu lui valoir la prison à vie.

Harvey Weinstein arrive au tribunal le 24 février 2020
Harvey Weinstein arrive au tribunal le 24 février 2020 Crédit : Angela Weiss / AFP
Thomas Pierre
Thomas Pierre Journaliste

Pour #MeToo, il est l'incarnation du prédateur sexuel. Pourtant, lundi 24 février, les jurés du tribunal de Manhattan ont reconnu Harvey Weinstein coupable d'agression sexuelle et de viol, mais pas de comportement "prédateur". Seuls les deux chefs d'accusation les moins graves auront été retenus

Plus précisément, l'agression de Mimi Haleyi et le viol de Jessica Mann étaient poursuivis en tant que tels. Mais le viol en 1993 d'une troisième femme, la comédienne Annabella Sciorra, bien que prescrit, pouvait, lui, déclencher cette circonstance aggravante synonyme de perpétuité, rappelait CNN avant le verdict.

Pourquoi l'inculpation de "prédateur sexuel" n'a-t-elle alors pas été retenue ? Selon le code pénal de l'État de New York, afin de condamner Harvey Weinstein pour "prédation sexuelle", le jury devait au préalable le reconnaître coupable de "contrainte" sur Mimi Haleyi et Jessica Mann. C'est ce que les textes de lois américains appellent "le premier degré"

Le témoignage crucial d'Annabella Sciorra

Dès lors, le viol au "premier degré" est caractérisé lorsqu'une personne se livre à des rapports sexuels "par contrainte" (force physique, armes...) ou avec quelqu'un "incapable de consentir en raison de son impuissance physique". Qui plus est, pour condamner Weinstein d'"agression sexuelle prédatrice", les jurés devaient montrer qu'il avaient aussi des antécédents d'actes sexuels forcés. 

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Et pour démontrer que le producteur avait un comportement récurrent, le témoignage d'Annabella Sciorra s'avérait particulièrement crucial, les chefs d'accusation de "prédateur" incluant ses allégations. La comédienne des Sopranos affirme que Weinstein l'a violée à l'hiver 1993. Et bien qu'il y ait prescription sur ces faits, son témoignage pouvait apporter la "pièce manquante du puzzle", explique The Insider

Mais la défense du producteur aura réussi à discréditer son témoignage ne permettant pas d'alléger les accusations de '"prédateur sexuel" à l'encontre de Harvey Weinstein. Sa peine ne sera connue que le mercredi 11 mars. L'ex-magnat de Hollywood devrait au final écoper entre 5 et 29 ans de prison ferme.

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